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Peine de mort : Ramgoolam laisse planer le flou
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Peine de mort : Ramgoolam laisse planer le flou
Que pense le gouvernement et, plus particulièrement le Premier ministre (PM), de la réintroduction de la peine de mort ? Si Navin Ramgoolam s?est exprimé sur la question mardi au parlement, il évite soigneusement de donner son opinion.
Showkatally Soodun, député du Mouvement socialiste militant (MSM) a demandé au PM d?organiser un référendum pour que la population décide d?elle-même de la réintroduction ou non de la peine de mort.
Soodun - comme son leader Pravind Jugnauth - est convaincu que «la majorité des Mauriciens sont pour la réintroduction de la peine de mort». C?est d?ailleurs le leader du MSM qui avait rouvert le débat, il y a quelques mois, en affirmant qu?il fallait réintroduire la peine capitale pour des crimes crapuleux. Mais alors que Pravind Jugnauth fait le tour du pays à travers ses réunions politiques pour parler de sa «vision», le silence des membres du gouvernement est plus qu?éloquent.
Interrogé, le député rouge Suren Dayal, (qui a amené le débat au parlement mardi dernier en demandant au PM s?il comptait réintroduire la peine de mort pour les trafiquants de drogue), dit qu?il n?y a pas une opinion au sein du parti travailliste à ce sujet. «Chacun a ses propres convictions.»
Si par exemple la position de Rama Valayden, Attorney General est connue; il est résolument contre de même que Rama Sithanen, on n?en sait rien du côté du PM. Il se contente des faits. «De moins en moins de pays font le choix de retenir la peine capitale dans leurs législations. La marge d?erreur et la possibilité que des éléments viennent s?ajouter à l?enquête après l?exécution d?un condamné, a aussi été cité par les défenseurs des droits de l?homme comme des arguments forts pour abolir la peine capitale», a-t-il dit mardi.
Pour un référendum</B>
Il a aussi ajouté que le conseil privé a aussi laissé transparaître «sa profonde répugnance à la peine de mort dans des appels des pays des Caraïbes et a récemment décidé que la peine capitale est une punition dégradante et inhumaine en violation des provisions de la convention des droits de l?homme - des provisions similaires à l?article 7 de notre Constitution.»
Malgré ces paroles de bon sens, le député Soodun qui n?a vraisemblablement pas entendu la partie du discours du PM qui affirmait que Maurice est signataire de la convention contre la torture et autres traitements cruels, inhumains ou dégradant et du protocole optionnel sur la torture, insiste que «le gouvernement devrait organiser un référendum pour que la population puisse se prononcer ».
Navin Ramgoolam estime que ce n?est pas à la population de décider. «C?est à notre niveau que cette décision doit être prise après des débats.» Selon Rajsoomer Lallah, ancien chef juge, réintroduire la peine capitale risque d?être une violation des conventions que le pays a signés. Il se pose la question de savoir si une fois «abolie», elle peut être réintroduite puisque le gouvernement mauricien, en signant ces conventions, accepte de facto que la peine capitale est un traitement inhumain et dégradant.
Cette difficulté vient du fait qu?alors que le projet de loi Abolition of the death penalty est passé au parlement en 1995, la constitution (qui prévoit qu?une cour peut imposer cette sentence) n?est pas amendée. Dans la pratique, la constitution prévoit donc toujours la peine capitale? mais un simple projet de loi l?abolit.
Elle n?est donc pas abolie et peut être, selon le PM «réintroduite par une simple loi». C?est donc le consensus au sein de la majorité qui importe dans ce cas de figure.
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