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Sans cap

3 juillet 2008, 00:00

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lexpress.mu | Toute l'actualité de l'île Maurice en temps réel.

<B>Par Raj MEETARBHAN</B>

Maurice était absente de la scène lors du sommet de l?Union africaine qui s?est terminé mardi. Cette défection pourrait être perçue comme un manque d?intérêt pour les questions affectant le continent noir. En fait, elle découle de la difficulté du Premier ministre à nommer un ministre des Affaires étrangères.

Les participants au sommet ont examiné la situation au Zimbabwe et ont appelé à la formation d?un gouvernement d?unité nationale. Ceux qui se sont fait entendre ont présenté des positions discordantes, certes, mais ils les ont exprimées avec force. Les comptes-rendus de la presse internationale en font état. En revanche, la position de Maurice, si tant est qu?elle existe, n?a eu aucun écho et pour cause. Nous étions faiblement représentés, à cet événement. Face à la quinzaine de chefs d?Etat et de gouvernement qui ont assisté au sommet, les trois délégués mauriciens, les fonctionnaires Neewoor et Jagarnath et l?ambassadeur Soobadar, se sont faits bien discrets.

Tant que le ministère des Affaires étrangères sera privé de titulaire, et que le portefeuille sera détenu par le Premier ministre, le pays jouera profil bas dans les rencontres internationales. Ce ministère qui a également pour responsabilités le dossier de la coopération et du commerce international est trop vaste pour tomber sous la tutelle du Premier ministre, dont les responsabilités sont déjà assez grandes. Forcément, il ne peut être sur tous les fronts à la fois. Sur le dossier Zimbabwe, par exemple, il est clair que notre pays n?a aucun avis sur la situation en cours.

Vendredi dernier au Parlement, Navin Ramgoolam déclarait que «Mauritius has not made any specific statement or sent any message directly to Zimbabwe because as member of SADC, Mauritius subscribes fully to the collective position taken by SADC on Zimbabwe». Or, il se trouve que la SADC n?a pas de position commune sur le drame qui afflige ce pays.

Il n?y a pas de position collective pour la simple raison que les contradictions internes sont flagrantes au sein de la SADC. Cela était visible lors du sommet de l?Union africaine cette semaine. Le Botswana a demandé l?exclusion du Zimbabwe de l?organisation continentale et de la SADC, affirmant que le second tour de la présidentielle au Zimbabwe «ne confère au gouvernement de M. Mugabe aucune légitimité». Mais le président sud-africain Thabo Mbeki, qui prône une diplomatie discrète, a appelé les pays étrangers à ne pas se mêler des affaires zimbabwéennes. Où se situe Maurice par rapport à ces positions extrêmes ?

Outre la question zimbabwéenne, il y a d?autres enjeux importants pour Maurice qui méritent l?attention d?un ministre des Affaires étrangères à plein temps. Par exemple, l?idée d?une zone de libre-échange de la SADC sera lancée au cours du prochain sommet de l?organisme prévu au mois d?août. Avec un ministère étêté, ce n?est pas certain que le dossier mauricien sera bouclé à temps.

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