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Juste milieu

25 juin 2008, 00:00

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<B> Par Nico PANOU</B>

Choisir entre maintenir la croissance et lutter contre l?inflation est un choix difficile à faire. Remédier à l?une entraîne souvent à délaisser l?autre. Quelle est l?option idéale à envisager ? Le rapport de JP Morgan du 13 juin dernier nous donne des éléments éloquents. La firme financière américaine nous montre, chiffres à l?appui, qu?après avoir pendant longtemps privilégié la croissance, la plupart des banques centrales du monde entier font de la lutte contre l?inflation leur priorité.

Pendant qu?ailleurs, la tendance générale est à la hausse du taux d?intérêt, la Banque de Maurice a choisi pour le moment l?option du maintien de son «repo rate». Bien qu?à la prochaine réunion du «Monetary Policy Committee», une hausse du taux d?intérêt directeur de la banque pourrait être envisagée. Les arguments en faveur d?une augmentation du «repo rate» semblent pertinents. Une hausse du taux d?intérêt serait bénéfique à la lutte contre l?inflation. La hausse généralisée des prix menace, en effet, d?être plus accentuée dans le futur.

Un taux d?intérêt élevé agirait sur le volume des devises entrant dans le pays, provoquant l?appréciation de la roupie. En outre, une augmentation du taux d?intérêt encouragerait l?épargne, présentement défavorisée. Le taux d?intérêt réel (la différence entre le taux d?intérêt nominal et celui de l?inflation) passerait dès lors en territoire positif. Une plus forte propension à épargner est d?ailleurs souhaitée dans le contexte actuel, où les massives injections monétaires qui se préparent risquent d?accroître la demande.

Cependant, nul n?ignore les conséquences désastreuses d?une roupie forte sur le tissu industriel du pays, particulièrement sur le secteur de l?export. Bien qu?il soit recommandé aux entreprises locales de cesser de faire du taux de change leur planche de salut et de s?investir plutôt dans l?amélioration de leur productivité, il y a un large fossé entre l?acte et la parole.

Les petites et moyennes entreprises du textile surtout ne se sont pas encore totalement relevées de la dernière crise qui les frappait il y a encore moins de deux mois. Si l?on se rappelle que la dernière baisse du «repo rate» avait été motivée, principalement, par la situation des entreprises exportatrices et la protection des milliers d?emplois en jeu dans ce secteur, force est de constater que la situation ne s?est pas améliorée pour autant.

Comme il devient de plus en plus évident que la survie des entreprises d?exportation dépend de l?amélioration de leur compétitivité, il revient à l?Etat aussi de jouer sa partition pour réduire au maximum les écueils à leur productivité. Des infrastructures stratégiques nécessaires devraient être, sans plus tarder, mises en place au port et à l?aéroport afin d?améliorer le flux des biens et services.

De même, les projets de construction d?infrastructures routières devraient bientôt devenir une réalité. La banque de développement devrait améliorer l?accès au crédit à ces entreprises afin qu?elles puissent investir dans des équipements beaucoup plus performants. Alors seulement, le défi de l?efficience pourra être relevé.

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