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Chaussures : la détaxe inquiète les producteurs locaux
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Chaussures : la détaxe inquiète les producteurs locaux
La nouvelle réjouit les consommateurs. Mais elle fait craindre le pire aux producteurs locaux. Rajoo Sinnappan, directeur de l?entreprise Banker Shoes Ltd, fait partie de ceux-là. Son inquiétude : des mesures budgétaires qui prévoient une baisse des tarifs douaniers sur les importations de chaussures. Ils passent de Rs 125 à Rs 80 la pièce.
Des entreprises, telles que Banker Shoes, qui ont obtenu des certifications aux normes internationales, se disent pénalisées par l?importation de produits, parfois de mauvaise qualité. Mais, avec cette détaxe, le prix de ces articles importés sera plus compétitif que celui des produits fabriqués localement.
Rajoo Sinnappan craint cette détaxe de Rs 45 la pièce. «Nous avons fait un investissement de Rs 4,5 millions l?année dernière dont nous ne nous sommes pas encore remis. Cette nouvelle mesure risque d?amoindrir notre marché très bientôt », affirme-t-il.
Son métier, Rajoo Sinnappan l?exerce depuis 1968. Et il n?en connaît pas d?autre. C?est en 1983 qu?il a créé sa propre fabrique de chaussures, Banker Shoes. Il n?employait alors que trois personnes.
<B>Proteger le marche local</B>
Sur le marché local, il offrait ses chaussures de sortie pour enfants et adultes dans des magasins un peu partout sur l?île. Vers la fin des années 80, les perspectives de développement donnent de l?ampleur à ses activités. Banker Shoes atteint progressivement un effectif de 15 employés.
En 1999, Rajoo Sinnappan participe à une foire internationale à Madagascar. Ce qui lui ouvre les portes de l?exportation. Pour le marché d?exportation, Bankers Shoes fabrique principalement des chaussures de sécurité, des chaussures militaires et des chaussures à injection.
A la fermeture d?une usine de fabrication de chaussures de la capitale, Bankers Shoes Ltd engage une trentaine d?employés de la défunte usine. Il se trouve avec 55 employés à plein temps et compte 15 contractuels.
L?entreprise produit à 85 % pour le marché local et 15 % pour l?exportation vers Madagascar, La Réunion et les Seychelles. A la suite de son investissement, sa production s?améliore, atteignant 1 200 chaussures par jour.
«Avec une consommation locale annuelle de 3 000 000 de paires de chaussures environ, la production locale mérite d?être encouragée», fait de son côté valoir Ben Ah-Hing, entrepreneur, fabricant de chaussures, et secrétaire de l?Association of Footwear Manufacturers. Mais il craint que la production de chaussures ne soit en fait menacée de disparition. L?Association of Footwear Manufacturers estime ainsi que le gouvernement devrait très vite passer une loi anti-dumping pour protéger les entrepreneurs locaux.
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