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L?alliance avec Jugnauth divise Ramgoolam et Boolell

13 juin 2008, 00:00

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En ce début de juin 1983, la tension n?est plus aussi vive que pendant les trois mois précédents. Le MSM, seul au pouvoir, et le MMM, de retour dans l?opposition, campent sur leurs positions et multiplient les escarmouches. Le MSM ne craint pas de menacer les piliers de l?économie, y compris l?industrie sucrière, dans l?espoir d?associer le MMM au secteur privé. Du côté du Parti Travailliste, sir Seewoosagur Ramgoolam et Sir Satcam Boolell ne sont pas toujours sur la même longueur d?onde. L?express choisit de les interviewer séparément mais en leur posant les mêmes questions. En voici le résultat : -

<I>L?express </I>: <B>Quelles sont les revendications du PTr en négociant une alliance avec le MSM ? </B>

<B>SSR : </B>Je souhaite une alliance dans l?intérêt de la démocratie. J?admire le courage de Jugnauth et de Boodhoo. Je ne comprends toujours pas la démission de Bérenger. Je conclus qu?il veut devenir Premier ministre. Nous n?avons pas encore négocié la répartition de tickets. Le MSM doit reconnaître la valeur du PTr.

<B>SSB : </B> Le principe d?une alliance est acquis. Il nous reste à négocier les modalités pratiques. Notre exécutif aura son mot à dire.

<I>L?express </I>: <B>Qui doit diriger l?alliance MSM/PTr ? </B>

<B>SSR </B>: Pas de doute à ce sujet. Cela doit être Jugnauth. On est d?accord là-dessus. Nous voulons préserver notre démocratie contre tout risque de dictature.

<B>SSB : </B> SSR doit diriger cette alliance. Son leadership motivera une meilleure mobilisation. Il est un garant de liberté et de sécurité. Il est le leader idéal. Les intérêts égoïstes et les ambitions personnelles doivent céder devant l?intérêt de la nation.

<I>L?express</I> : <B> Date des prochaines législatives ? </B>

<B>SSR :</B> Le plus tôt possible. Le peuple veut ardemment changer le changement.

<B>SSB : </B>C?est la prérogative du Premier ministre. Il y a des implications administratives. Un gouvernement stable doit succéder à un gouvernement instable. Nous ne pouvons pas aller aux urnes tous les ans. On ne peut pas organiser les législatives dans la précipitation.

<I>L?express</I> : <B>Campagne électorale MSM/PTR commune ou séparée ? </B>

<B>SSR : </B> Commune. Les modalités sont à négocier. Mais pas de campagne séparée.

<B>SSB : </B>Commune mais à partir d?un manifeste électoral commun. Il nous faut un langage commun.

<I>L?express</I> : <B>Sous quel nom ? Sous quel emblème ? </B>

<B>SSR : </B> La question est à négocier. Nos partisans sont habitués à la couleur rouge et à l?emblème clé.

<B>SSB : </B>A discuter. Mais ce n?est pas un problème insoluble.

<I>L?express</I> : <B>Que préconisez-vous pour la création d?emplois ? </B>

<B>SSR : </B>D?abord rétablir un climat de confiance pouvant attirer les investisseurs. Il nous faut des capitaux de l?extérieur. Lutchmeenaraidoo a déjà obtenu des garanties de la Banque mondiale et du FMI. Les investisseurs viendront du Sud-Est asiatique. Nous devons néanmoins intensifier nos campagnes de promotion en Europe et en Amérique. Malheureusement, les velléités de nationalisation (N.B. : de Jugnauth) refroidissent les investisseurs potentiels. La nationalisation tue la zone franche. Nous devons faire du offshore banking, développer la pêche hauturière, améliorer nos infrastructures. L?aéroport du Nord aurait employé temporairement 8 000 personnes. Nous devons encourager l?émigration et les labour intensive works.

<B>SSB </B>: La création d?emplois est la priorité de tout gouvernement. Cela exige la stabilité afin que les investisseurs puissent avoir confiance dans le pays et dans son gouvernement. Sans finance, point de développement et point de création d?emplois. Il nous faut aussi le savoir-faire technologique.

<I>L?express </I>: <B>Partagez-vous la méfiance anti-Sucre de Jugnauth ? </B>

<B>SSR :</B> Il exagère. Ses paroles dépassent sa pensée. Dans un pays multiracial, il faut éviter de heurter certaines susceptibilités. Fragile est la société mauricienne. A manier avec précaution.

<B>SSB : </B>Je n?épouse pas sa méfiance. Il ne pense pas ce qu?il dit. L?industrie sucrière est un bien national. Notre épine dorsale. Elle doit être contrôlée (N.B. Parce qu?on se méfie d?elle).

<I>L?Express </I>: <B>Etes-vous d?accord avec l?amendement facilitant la nationalisation ? </B>

<B>SSR : </B>Le PTr est contre la nationalisation. Nos députés ont voté contre. Il faut contrôler les profits. Nous avons fait le Vrac. Il faut créer des emplois. Les créer si le secteur privé ne les crée pas.

<B>SSB : </B> Cet amendement est inutile et effraye l?investisseur. Il faut empêcher le transfert de devises après le paiement de la compensation.

<B>L?express : Etes-vous d?accord quand Jugnauth dit au Sucre : difé dans lanka ? </B>

<B>SSR : </B> Ses paroles dépassent sa pensée. La révolution laisse le peuple dans le désert. Demeurons une démocratie. Gardons confiance dans le peuple. Travaillons avec le peuple pour le peuple. Je le ferai jusqu?à mon dernier jour.

<B>SSB :</B> Ne prenons pas à la lettre la colère de Jugnauth. Je comprends son état d?esprit. Il n?a pas de majorité pour voter son budget.

<B>L?express :</I><B> Jugnauth se disqualifie comme Premier ministre. </B>

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