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Sex and the City au cinéma
«C?est la série qui a révolutionné l?approche de l?amour dans les fictions (?)» et bla-bla-bla. Les lecteurs auront reconnu ce paragraphe pour l?avoir vu reproduit tant de fois, à la virgule près, dans divers quotidiens et hebdomadaires. C?est le journalisme à l?âge de l?Internet : copier, coller et voilà ! Loin de ces préoccupations futiles, les fans de la célèbre série préféreront se demander pour leur part, si le film en est une adaptation correcte. Ce à quoi la réponse est?
Sex and the City, film de Michael Patrick King, met effectivement en scène le quatuor de dindes new-yorkaises, continuant leur histoire quatre ans après la fin de la série. Arrivées à New York (que l?on voit très peu dans ce film) «à la recherche de grandes marques et du grand amour», elles ont toutes les quatre effectivement trouvé ce qu?elles cherchaient. Elles ont chacune un compagnon ou un mari qui sait se montrer discret ; Charlotte/Kristin Davies et Miranda/Cynthia Nixon sont devenues des mamans ; Samantha/Kim Catrall vit avec son protégé à Los Angeles et Carrie Bradshaw/Sarah Jessica Parker, devenue un auteur à succès, s?apprête à épouser M. Big (dont on ne saura jamais s?il est ainsi surnommé pour des raisons amoureuses, financières ou anatomiques). Elles ont évidemment trouvé leur bonheur en ce qui concerne les grandes marques, puisqu?elles nagent toutes les quatre dans un univers fait de robes, jupes ou ensembles de chez machin, chaussures de chez truc et sacs à main de chez chose. Elles se rencontrent dans des restaurants chics pour papoter autour d?une salade et d?une bouteille de vin. Pas pour aborder des sujets aussi sordides que la politique, le travail ou la cherté de la vie, vous pensez bien, mais pour parler de leurs bonshommes et de sexe.
Cela est tout à fait excusable, le but avoué du film n?étant pas de nous montrer des instants de la vraie vie à New York, mais de prolonger une série télé, le temps d?un long-métrage. Et, les fans de ladite série le confirmeront probablement : le succès de la série était dû au fait qu?il y était surtout question de frous-frous, de relations amoureuses et de sexe ; pas nécessairement dans cet ordre-là. Le tout était abordé à la manière des magazines de mode et les initié(e) s sauront pardonner aux autres de vouloir toujours fuir la série, tant les personnages étaient et sont toujours insupportables. Mais on reconnaîtra en toute objectivité que la série avait un mérite : celui de nous présenter un groupe de femmes qui étaient des femmes existant de par elles-mêmes dans leurs vies personnelles.
Les voir devenir épouse et mère ou en passe de le devenir, comme dans le film, rend les choses moins épicées. À titre d?exemple, ce moment où les quatre parlent de coloriages pour ne pas utiliser le mot ?sexe? devant une enfant de quatre ans. En compensation, les auteurs du film (Candace Bushell, auteure des chroniques originales, pour le scénario) nous offrent une comédie romantique avec un peu du ?trash? des frères Farelly et quelques gouttes d?eau de rose. Afin de ratisser large, le film est orienté vers un plan Q-Q plutôt que vers un plan Q. Certes, le récit nous est raconté sans temps mort, mis en scène de manière compétente et il est plaisant de constater que ces femmes qui ont une vraie vie amoureuse sont des quadragénaires. Toutefois, le poutou a beau être léger et avoir de la saveur, il reste néanmoins ce qu?il est. C?est-à-dire un poutou !
<B> G. N.</B>
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