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Acné de l?adulte : ce calvaire qui dure?

13 juin 2008, 00:00

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Elle devrait normalement surgir à la puberté et s?en aller au plus tard lorsque sa «victime» atteint 25 ans. Mais l?acné est devenue rebelle, elle s?attache et ne veut plus partir. Parfois même, elle se manifeste tard, ne sévissant pas avant 25 ans mais après ! Ce genre d?acné s?appelle l?acné de l?adulte. Elle constitue, selon le Dr Aboo Bakar Seetal, 30 % des cas d?acné en général. Et 90 % de ceux qui consultent pour ce problème sont des femmes. Non que les hommes n?en sont pas touchés mais les femmes sont, semble-t-il, bien plus affligées par ces boutons qui sont, il faut bien l?avouer, très peu esthétiques.

L?acné de l?adulte est un phénomène relativement nouveau. Les dermatologues y sont assez souvent confrontés depuis une dizaine d?années. Certains développent l?acné juvénile et celle-ci ne s?en va pas. D?autres sont soulagés de voir que pendant l?adolescence et jusqu?à l?âge adulte, les boutons ne se sont pas manifestés. Mais tout à coup, ils surgissent, comme pour narguer ceux-là mêmes qui se croyaient épargnés.

<B>Etre bien dans sa peau </B>

«L?acné de l?adulte continue, dans 4 % des cas, jusqu?à l?âge de 35 ans et dans 1 % des cas jusqu?à 45 ans. Ce n?est pas un problème que les patients vivent facilement. J?ai ainsi eu des patientes, qui, une fois qu?elles en ont été débarrassées, m?ont confié qu?elles se sentaient enfin bien dans leur peau», explique le Dr Seetal.

On ne connaît pas encore totalement les causes de ce problème mais on soupçonne que la pollution, le stress, les produits cosmétiques entre autres pourraient y contribuer. Le dermatologue nous explique ainsi qu?il arrive que des personnes développent de l?acné après une visite chez l?esthéticienne, par exemple. Cela sans doute en raison de l?utilisation de produits comédogènes, c?est-à-dire qui vont générer des comédons. Il est, précise-t-il, problématique, dans ce genre de cas de cibler le produit responsable car une panoplie de produits peut avoir été utilisée pendant la séance de soins.

Le maquillage peut aussi s?avérer un ennemi si on le choisit mal, de même que ce que vous utilisez pour vous laver le visage. Le choix de ces produits doit impérativement être fait en fonction de votre type de peau. Si vous avez la peau grasse (c?est ce type de peau qui est plus à même d?être sujet à l?acné), il est, par exemple, conseillé d?utiliser un produit surgras ou sans savon pour éviter que la peau ne produise plus de sébum. Le maquillage devrait, lui, être léger mais vous devez surtout opter pour des produits sans huile, qui soient justement élaborés pour les peaux à tendance acnéique. Il est, de plus, déconseillé d?en changer constamment.

Autre point crucial : aussi gênant que soit le bouton, ne le manipulez pas, n?y touchez même pas et vous devez encore moins tenter d?enlever le germe, croyant ainsi vous débarrasser du bouton. Vous ne ferez ainsi qu?aggraver les choses car cela laissera une cicatrice ou alors une tache qu?il n?est pas aisé de faire disparaître, précise le Dr Seetal. «À Maurice, on se penche justement surtout sur le préventif parce que les cicatrices d?acné ne sont pas vraiment traitées ici. Pour ce qui est du peeling etc., nous n?avons pas vraiment eu d?entraînement pour le faire dans nos climats, avec ce soleil, et sur des peaux très pigmentées? »

<B>Les autres ennemis</B>

Il y a, par ailleurs, des idées reçues selon lesquelles la nourriture, comme le chocolat, par exemple, a une influence sur l?apparition des boutons. Ce n?est pas vrai, cela n?a en tout cas jamais été prouvé, souligne le Dr Aboo Bakar Seetal. Il en va autrement pour la cigarette. Les cas d?acné de l?adulte seraient, en effet, plus nombreux chez les fumeurs qui répondraient, du reste, moins bien aux traitements prescrits par le dermatologue.

Les autres ennemis de la peau, pouvant être à l?origine de problèmes comme l?acné sont notamment le soleil, et certaines crèmes contenant une forte dose de cortisone. Le Dr Seetal précise que les crèmes à base de cortisone, à petite dose, peuvent être appliquées sur le visage seulement si elles sont prescrites par un médecin. Les appliquer sans prescription, et surtout s?il s?agit de produits fortement cortisoniques, peut se révéler catastrophique.

«Ces crèmes peuvent être à l?origine de rougeurs, de boutons ou encore d?un amincissement de la peau. Il faut d?ailleurs saluer les efforts faits au niveau des autorités eu égard à la crème ?Pandalao?. Cette crème à base de mercure et de cortisone très puissante parvenait à Maurice de Madagascar et était destinée à faire pâlir les peaux foncées. Mais elle faisait beaucoup de tort à la peau. Aujourd?hui, on en entend beaucoup moins parler», fait ressortir le dermatologue.

Le visage n?est, par ailleurs, pas le seul endroit touché par l?acné. Des hommes comme des femmes se plaignent en effet de boutons et de rougeurs au niveau du dos. Le Dr Seetal, qui a surtout vu défiler des patientes s?en étant plaintes explique que celles-ci avaient eu recours à certains produits, à certains «soins» visant à avoir un dos net afin de porter, quelques jours plus tard, un vêtement dos nu. Mais ces produits, n?étant pas forcément des amis, ont parfois été à l?origine d?une acné du dos.

Pour éviter l?apparition de boutons disgracieux alors que vous essayez justement d?améliorer l?aspect de votre peau, jouez la carte de la prudence. En pharmacie, demandez plutôt des produits non comédogènes ou spécialement formulés pour les personnes à peaux acnéiques. Si le mal est déjà fait ou si vous ne savez justement pas quel genre de produit s?adapte à votre peau, faites un détour chez le dermatologue. Car des traitements existent. Et ils sont efficaces. Un peu de patience, et vous n?aurez plus à vous plaindre du fait que l?adulte que vous êtes se trouve dans la peau d?un adolescent !

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