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Bérenger critique les «oublis» de Sithanen
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Bérenger critique les «oublis» de Sithanen
«Après deux budgets sadiques, douloureux, le ministre Sithanen lâche un peu de lest. Je ne dirai pas merci Monsieur le ministre, mais plutôt tant mieux.» C?est tantôt sur un ton théâtral, tantôt sur un ton grave, que Paul Bérenger, leader de l?opposition, a ouvert le bal des débats budgétaires hier.
Le discours du budget prononcé par le ministre des Finances, Rama Sithanen, n?est rien d?autre que de la poudre aux yeux, estime Paul Bérenger. «Un bel emballage, beaucoup de maquillage. Au fil des jours, la population comprendra que c?était beaucoup de blablabla, beaucoup de bluff. Ceci ne rattrapera pas la perte du pouvoir d?achat, qui sera de pire en pire.»
En premier lieu, il s?en prend aux partenariats public-privé (PPP) pour de grands projets d?infrastructures. «C?est la nouvelle solution miracle. Tout est fait par PPP. Avant, pour l?ancien régime travailliste, c?était le Build-Operate-Transfer. Zéro. Vous allez voir combien de PPP vont être réalisés d?ici les prochaines élections. Même la petite mini-ferme éolienne à Rodrigues, c?est sur le concept PPP. Dans la très grande majorité des cas, les projets PPP sont morts-nés.»
Il ne voit que des projets PPP partout. «Il y a un problème.» Rama Sithanen lance alors : «Je suis d?accord, mais nous faisons de notre mieux.»
Son souci majeur est l?absence de mesures concrètes pour réduire l?inflation. «C?est incroyable que le ministre des Finances n?ait rien à dire sur la dépréciation de la roupie. La lutte contre l?inflation aurait dû être la priorité des priorités.» Le retrait des droits d?accise sur une liste de produits «très limitée» ne pourra empêcher l?effritement du pouvoir d?achat.
Pourtant, des solutions existent pour diminuer ses effets, estime Paul Bérenger. Parmi, réduire davantage les droits de douane et baisser la TVA. Et alors que de plus en plus de pays baissent les taxes sur les produits pétroliers, «nous ajoutons un impôt qui rapportera Rs 80 millions en un an en sus de la Road Tax».
Si les mesures préconisées par Rama Sithanen pour lutter contre l?extrême pauvreté reçoivent la bénédiction de Bérenger, il accuse le grand argentier d?être «très cruel». Alors que le Bureau central des statistiques estime le nombre de foyers vivant en dessous du seuil de pauvreté à 26 900 en 2006-2007, il trouve déplorable que Rama Sithanen ne vienne en aide qu?à 7 157 d?entre eux, soit ceux qui se situent dans la catégorie de l?extrême pauvreté. «C?est beaucoup trop ciblé. Le ministre a oublié environ 20 000 familles.»
Pas un mot sur l?éthanol</B>
Sur certains points cruciaux pour l?avenir du pays, Paul Bérenger propose une entente opposition-gouvernement. Le premier thème urgent est la crise alimentaire qui se profile à l?horizon. «Plus la production locale baisse, plus le ministre Boolell se met à bluffer. Je l?aime beaucoup, mais il ne faut pas exagérer. Il faut que le gouvernement, l?opposition, le secteur privé et les petits planteurs poussent dans la même direction et cela dans la durée. Nous sommes prêts à aider comme nous pouvons, mais je suis très tracassé.»
Plus grave encore, c?est la question d?énergie. Pas un mot sur l?éthanol, constate le leader de l?opposition. Pourquoi ? Il croit avoir la réponse à la question. «La question d?éthanol a été mixée avec de la politique de bas étage. Il est pourtant urgent d?aller vers l?éthanol. J?espère que la politicaille ne barrera pas le chemin, ni les petits copains, d?ailleurs.» Il trouve paradoxal que, d?un côté, le ministre des Finances déclare dans son budget qu?il est urgent de réduire notre dépendance aux combustibles fossiles, alors que le gouvernement «est en train de pousser le projet de la centrale CT Power, qui fonctionnera au charbon».
Paul Bérenger identifie quelques «grands absents». Parmi, l?ordre public. «Le ministre des Finances devrait être conscient du sentiment d?insécurité qui ronge les Mauriciens.» Il regrette qu?aucun recrutement de policiers ne soit prévu pour l?année financière 2008-2009. Pire, «le nombre d?officiers de la prison va être réduit de 58».
Paul Bérenger fait également un plaidoyer pour les centres culturels et trouve que l?attention donnée au centre culturel mauricien est bien trop minime par rapport à son importance réelle. Il fait remarquer que son budget est passé de Rs 2,8 millions à Rs 300 000 seulement. Pourtant, «on aurait dû mauricianiser tout au sommet».
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