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Une enseignante accuse la rectrice de l?avoir giflée

10 juin 2008, 00:00

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La rectrice du collège où elle travaille l?a giflée, dit Salonee Seewoobudul, une enseignante en sociologie au département des filles au collège Basdeo Bissoondoyal, à Flacq. L?incident s?est produit, dit-elle, quand elle a remis sa lettre explicative de démission à son supérieur.

Salonee Seewoobudul a porté plainte au poste de police de Flacq. La rectrice, Damiantee Beeharry, réfute les «allégations» de l?enseignante, affirme qu?elle ne l?a jamais frappée et qu?un deputy rector, présent quand elle a reçu la plaignante, peut en témoigner.

Un proche de l?enseignante, rencontré hier, donne une version des faits de mardi dernier : l?enseignante, dit-il, était en classe, avec 40 élèves de la Form IV. Mais seules 30 suivent ses cours de sociologie. Les dix autres faisaient du bruit et dérangeaient la classe, ce qui a poussé l?enseignante à leur demander d?aller dans une autre salle. Demande qui n?aurait pas plu aux dix élèves. L?enseignante aurait alors demandé à l?une d?entre elles de lui donner son nom et aurait obtenu comme réponse : «Komye fwa monn dir ou mo non. Ou pa konn mo non ?» Sur ce, raconte encore le proche de l?enseignante, l?élève lui aurait arraché des feuilles de papier de la main, sans sa permission, pour écrire son nom. Mais l?enseignante ne l?aurait pas laissé faire et l?élève l?aurait alors giflée en disant : «Mo pa sorti dan ou trip mwa.»

Salonee Seewoobudul, en larmes et accompagnée d?autres enseignants, serait descendue à la salle des professeurs. Elle voulait rapporter l?élève à la rectrice mais celle-ci n?était pas à son bureau. Mais vers 11 h 45, lorsque la rectrice arrive, elle avait déjà appris la version des élèves qui avaient devancé l?enseignante : elles auraient raconté que la jeune femme avait frappé une élève.

Se disant qu?elle ne peut travailler dans de telles conditions, Salonee Seewoobudul aurait remis sa lettre de démission à la rectrice. Toujours selon la version du proche, la rectrice aurait refusé de prendre la lettre et se serait mise à insulter l?enseignante. «Si ou pa kapav koz ek mwa byin mo pe ale. Koz avek mwa kouma enn profesyonel lerla mo pou koz avek ou», aurait répondu l?enseignante, avant de s?apprêter à quitter le bureau. La rectrice se serait alors mise en colère, aurait attrapé l?enseignante par le bras et l?aurait giflée. Salonee Seewoobudul, elle, aurait appelé son mari qui se serait présenté au collège.

La rectrice nie avoir frappé la jeune femme, insistant qu?il ne s?agit que d?allégations. Pour Damiantee Beeharry, c?est l?enseignante qui a giflé l?élève. «Voyant qu?elle était dans une mauvaise posture, elle a accusé l?élève», dit-elle, qualifiant l?enseignante de «raciste». Cette dernière préfère travailler avec un certain type d?élèves, poursuit-elle, et elle «utilise un langage insultant envers ses élèves».

Interrogée au téléphone hier, Salonee Seewoobudul nie ces accusations et déclare qu?elle engagera des poursuites en diffamation contre Damiantee Beeharry. Si c?était vrai, dit-elle, pourquoi l?élève n?a pas porté plainte à la police si elle avait reçu une gifle, d?autant plus que la rectrice dit que la joue de la fille était enflée. «Ce n?est qu?en apprenant cela que j?ai porté plainte contre elle qu?elle m?accuse de toutes sortes de choses», précise l?enseignante.

Elle a en effet porté plainte mardi. Elle accuse également le mari de l?enseignante de l?avoir insultée. La rectrice a elle consigner une déposition à la police samedi. Damiantee Beeharry, née Jeetah, dit qu?il s?agit de coups montés et que beaucoup de gens en veulent à la famille Jeetah. Depuis la médiatisation de cette affaire, dit-elle, elle ne peut plus marcher dans la rue sans sentir les regards braqués sur elle. Elle a peur de décrocher son téléphone, peur de sortir.

Salonee Seewoobudul, 29 ans et enceinte de trois mois, déplore l?indiscipline qui prévaut dans l?établissement scolaire : «ce sont les élèves qui imposent leurs lois.»

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