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Plastique, pas chic

7 juin 2008, 00:00

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Avez-vous le réflexe ? Celui de prendre la précaution d?emporter un sac avec vous, quand vous allez faire vos courses. Pour ne pas acheter de sacs en plastique. Celui de les réutiliser. Pour ne pas acheter d?autres sacs.

Tout porte à croire que toucher là où cela fait mal rapporte. C?est-à-dire au porte-monnaie. Demander au consommateur de payer plus. De payer le sac en plastique à Rs 1.15 l?unité. Cela fait chuter la consommation.

«Bien sûr qu?il y a eu une baisse», note Ignace Lam. «Actuellement la consommation est de 20 % à 25 % de ce que c?était avant. On utilise davantage de boites en carton. Elles ne sont jamais suffisantes surtout en période de fin de mois.»

Petit bémol cependant. Ce gérant de supermarché reproche au gouvernement de ne pas avoir assurer le suivi de la mesure notamment à travers une campagne de sensibilisation. «Selon moi, seuls 2 % de la clientèle sont disciplinés». Ce qui est faible par rapport à le clientèle en Europe. A Maurice, on n'a pas encore le réflexe de faire attention à l?environnement. Il faudrait une campagne de sensibilisation régulière, juste pour rappeler leur devoir aux gens. Sinon, on risque de voir les gens oublier et nous reviendrons au même point.

Ignace Lam estime qu?à l?époque, la consommation dans son supermarché était de 200 000 sacs par mois et, qu?après la mesure prise dans le budget 2006-2007, elle a chuté à 15 000 - 20 000 sacs par mois. «Je ne dis pas qu il faudrait davantage de taxes mais il faut envoyer des signaux. Dire aux gens que s?ils ne font pas attention et que si leur comportement ne change pas, il faudra payer plus.»

REDONNER UNE DEUXIEME VIE ET REUTILISER

Du côté des fabricants, chez Performance Plastics, on estime à 75% la diminution globale dans la production. Alors que pour sa part, Abdool Raheman Peerbocus, directeur d?Excellent Plastics estime que la chute est de 40 %. Les grandes surfaces qui s?approvisionnent chez lui ne représentent plus que 30 % de son chiffre d?affaires.

Depuis cette mesure Sithanen, cette usine de Riche-Terre s?est davantage tournée vers la production de sacs en rouleau et sacs poubelle. Car la mesure frappe tout ce qui est carrying bags. «Di moman ena enn lamans, ena tax Rs 1 par sac», explique Abdool Raheman Peerbocus. C?est pourquoi des sacs sans anses ont fait leur apparition ? pour le pain, les fruits et légumes ? dans les supermarchés, et pour quantité d?autres choses chez les marchands ambulants. Comme ceux-là sont toujours gratuits, ils sont utilisés à volonté.

Une fois que vous vous en débarrassez, l?équipe de Mission verte, une nouvelle ONG, entre en piste. Son objectif : la récupération. Surtout des bouteilles en plastique et du papier. Georgina Clarenc, membre de Mission verte explique que cette démarche citoyenne part d?un constat alarmant. «On trouvait que trop de choses étaient mises à la poubelle alors que l?on pouvait leur donner une deuxième vie, que l?on pouvait les réutiliser.» Elle reconnaît que le tri sélectif des ordures ? une poubelle pour le papier, une autre pour ce qui peut devenir du compost pour le jardin par exemple, n?est pas encore tout à fait entré dans les m?urs. «Il y a des gens qui font l?effort. Il faut les encourager en mettant des poubelles adéquates à leur disposition.»

Mission verte mise surtout sur l?intérêt économique du recyclage. Si ce n?est pas réellement le cas pour le sac en plastique, par contre, les bouteilles en plastique sont réduites en morceaux puis exportés alors que le papier est recyclé localement. Pour Georgina Clarenc, la prise de conscience ne peut venir qu?à travers la communication.

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