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Si le sondage est bidon, la victoire du PMSD ne l?est pas

30 mai 2008, 00:00

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Si le sondage est bidon, la victoire du PMSD ne l?est pas

Dimanche 29 mai 1983, se déroule une élection municipale partielle à Beau-Bassin, en fait dans le 3e arrondissement des villes s?urs. Elle oppose les candidats Hervé Duval du PMSD, Gérard Ahnee du MMM et Mario Fabien du FLN, non pas algérien mais à 100% mauricien bien que signifiant toujours et le plus localement possible... Front de Libération national. Si la victoire bleue est incontestable, les interprétations de sa marge divergent, donnant de quoi se bidonner à tout observateur politique neutre et dépassionné, autrement dit introuvable et même improbable.

Il y a, en ce scrutin partiel et beaubassinois du dimanche 29 mai 1983, quelque 8 327 votants sur un total de 13 078 électeurs inscrits, laissant un taux appréciable de participation de 63,67%, bien meilleur que les 41,7% du 15 décembre 1982 (seulement 5 435 votants). Les résultats du 29 mai 1983 indiquent incontestablement une plus forte mobilisation de l?électorat bleu. Le nombre de votants est d?ailleurs sensiblement le même en 1983 qu?en 1977 (8 327 et 8 257 respectivement). Autre indication plus bourgeoise et peut-être plus bleuâtre : le bureau de vote de l?école Philippe-Rivalland enregistre le plus grand nombre de bulletins (3 047 contre 1 969 à Vèle-Govinden, 1 669 à Henry-Buswell et 1 642 à André-Glover). Si ce dernier centre de vote enregistre le meilleur taux de participation, avec 68,08% de votants, le populeux Philippe-Rivalland arrive en 2e position avec 64,5% de votants.

L?opération «casse-boîtes» du lundi 30 mai 1983 donne une incontestable victoire à Hervé Duval, avec 4 639 voix, soit 56,65% des voix. Gérard Ahnee doit se consoler avec les 3 506 voix qu?il obtient et 42,81% des voix. Mario Fabien et son FLN sont hors course avec seulement 44 voix (0,54%). Le dépouillement des 8 327 bulletins de vote prend 75 minutes, comblant d?aise progressivement les partisans du PMSD. A 10h15, la victoire d?Hervé Duval est proclamée officiellement. Le PMSD conserve donc son 3e siège au conseil municipal des villes s?urs.

La proclamation des résultats effectuée, commence la guéguerre de leurs interprétations. Cette querelle démagogique, sinon propagandiste, dépend essentiellement du choix de l?élément de comparaison retenu pour établir soit la progression de son parti politique préféré en dépit d?une défaite indiscutable, soit un recul également prononcé.

Les vainqueurs du PMSD s?empressent, bien sûr, de comparer favorablement la brillante victoire de leur candidat, Hervé Duval, à leur demi-défaite du 12 décembre 1982. A cette date, leurs trois candidats élus et les trois autres défaits totalisent un nombre de voix légèrement inférieur à ceux des candidats élus et battus du MMM. Ils estiment donc que le millier de voix d?avance d?Hervé Duval sur Gérard Ahnee est la preuve de l?inéluctable remontée de leur parti au sein de l?électorat urbain. A ce calcul, pour le moins tortueux, s?ajoute, bien sûr, l?allégresse de la victoire qui parfois, au Champ de Mars plus particulièrement, se contente d?une courte tête, sinon d?un naseau.

Contre mauvaise fortune, le MMM s?efforce de faire bon c?ur, mauve s?entend. Il cache la déconvenue de la défaite de son nouveau poulain, Gérard Ahnee, en faisant ressortir qu?il obtient, avec ses 3 506 voix, un meilleur score que celui du 12 décembre 1982, et a fortiori celui du 24 avril 1977, dans un incontestable fief PMSD. Aux municipales d?avril 1977, Robert Rey du PMSD obtient 63,84% des voix contre les 34,01% du chef de file des mauves, Finlay Salesse, dans cet arrondissement, suicidaire pour les mauves. Le 29 mai 1983, au dire du MMM, le PMSD et Hervé Duval reculent à 56,65% des voix alors que le MMM et Gérard Ahnee remontent à 42,81% des voix. Le MMM souligne encore que Hervé Duval, avec ses 4 639 voix, ne parvient pas à faire le plein des 5 495 voix obtenues par Robert Rey en avril 1977. Le MMM omet de parler des 51% des voix obtenues par lui le 12 décembre 1982.

Le PMSD parle, par conséquent, de test probant. Pour Gaëtan Duval l?électorat bourgeois de Beau Bassin III a voté contre les neuf mois du gouvernement le plus néfaste que le pays a connu. Il souligne que tous les ténors du MMM, à commencer par Paul Bérenger, se sont engagés dans cette lutte qui leur est fatale. Il qualifie son PMSD de «parti de libéraux se rapprochant de la droite économique et de la gauche au niveau social». Il affirme qu?une alliance avec Jugnauth et Boodhoo serait inacceptable car ce serait trop exiger de ces deux socialistes. (Et pourtant...) Il rêve toujours d?une alliance avec le PTr. Cela n?est pas sans rappeler l?engagement solennel pris par le même Gaëtan Duval, après avoir été bouté hors du gouvernement travailliste par Seewoosagur Ramgoolam, en décembre 1973.

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