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Doomsday

30 mai 2008, 00:00

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Doomsday

Les images de foules de braves gens désespérés, fuyant une épouvantable catastrophe, cédant à la panique, et se faisant mitrailler par des militaires désemparés, sont généralement poignantes. Surtout lorsque ce genre de scène se déroule en pleine nuit, qu?on sait que ces braves gens sont tous condamnés et que le film s?attarde sur une pauvre maman solitaire qui, tenant son enfant en bas âge dans ses bras, tente de lui assurer un dernier instant de sérénité avant que tous deux ne soient engloutis par l?horreur qu?on sait inéluctable? Là, on a vraiment cette impression de fin des haricots mondiaux.

C?est un incontournable de tout film d?horreur apocalyptique et le genre de tableau auquel tout réalisateur ne manque jamais de s?essayer pour peu qu?on lui en donne les moyens. Ou bien qu?on a la faiblesse de les lui donner, car, à force d?être incontournable, ce genre de tableau a fini par devenir un cliché annonçant d?emblée la catégorie du film : série B, cinéma bis ou nanar. Il est donc surprenant de voir Neil Marshall tomber dans ce genre de panneau en guise d?entrée en matière pour Doomsday, son dernier film. Alors que ses précédents films - Dog-Soldiers ou The Descent, étaient des modèles d?efficacité et d?économie de moyens, voilà que ce réalisateur donne cette fois dans la surenchère. Il est vrai que le sujet le demande un peu : toute l?Écosse ravagée par un virus foudroyant en l?an 2008 et 90 % de sa population exterminée. Certaines méchantes langues affirmeront que bon nombre d?Anglais souhaiteraient - même inconsciemment - voir les Écossais contenus dans le territoire délimité par le mur d?Hadrien (construit au Ve siècle, ici rehaussé, renforcé et fortifié). Est-ce à dire que Doomsday serait un film politique au discours proche de celui des indépendantistes écossais ?

En fait, Neil Marshall semble surtout se faire plaisir à lui-même. Son héroïne, le major Eden Sinclair (Rhoda Mistra), semble sortie tout droit de Resident Evil, mais le film lui-même n?a rien d?un ?film-concept? directement adapté d?un quelconque jeu vidéo. Doomsday emprunte surtout au cinéma de genre ?post-apocalyptique? des années 1980 et un peu à d?autres genres aussi. L?Angleterre de l?an 2037 a été mise en quarantaine par le reste du monde. L?Écosse, elle, est habitée par des hordes de barbares hyper violents et dégénérés, survivants de la catastrophe. Si ces derniers ressemblent à des punks sortis tout droit de Mad Max, ils se trémoussent non pas sur des chansons de Sid Vicious, mais sur du bon vieux rythmNblues et on songerait moins à leur reprocher leur hyper violence que la mauvaise réputation qu?ils font à la gastronomie écossaise. C?est en tentant de leur échapper que l?héroïne (envoyée pour rechercher des souches d?un éventuel antivirus) tombe en plein dans un film de chevalerie, avec des chevaliers en armure et Malcom McDowell en savant devenu un seigneur moyenâgeux.

Comme il est à prévoir, l?héroïne affronte les uns et puis les autres, le film passant d?un genre à l?autre et se terminant par une poursuite en voiture qui est un moment de pure ?madmaxerie? avec un vieux tube du groupe Frankie goes to Hollywood en guise d?accompagnement sonore. Les affrontements sont bien mis en scène, Neil Marshall ayant l?intelligence de privilégier les cascades plutôt que les effets spéciaux. Et, raccordés bout à bout, ces combats finissent par former quelque chose ressemblant à un récit qui retient notre attention. Cela n?empêche pas Doomsday d?être une heure trois quarts de n?importe quoi, mais on pourra bien trouver ce film divertissant, avec un deuxième degré probablement involontaire qui donnera une sérieuse envie de pouffer de rire.

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