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Madame et monsieur bricolent
Une scie. Un marteau. Un tournevis. La caisse à outils de Kris et Sheila Ramanah est réduite à son strict nécessaire. Ce couple de retraités veut toutefois y remédier. Non pas qu?ils envisagent de grands travaux dans leur maison de Beau-Bassin. Ils sont plutôt à la recherche d?un passe-temps utile. Qui puisse meubler leurs journées. A défaut de leur maison. Alors, sur les rayons du magasin Espace Maison & Jardin, à Trianon, Kris et Sheila scrutent les articles.
«Nous voulons pouvoir effectuer nous-mêmes quelques réparations mais nous ne sommes pas équipés pour cela. Nous avons certes quelques outils de base mais maintenant que je fouine un peu sur les rayons, je constate que nous manquons de tout», remarque Kris Ramanah.
Il y a encore quelques années, Kris aurait dû courir les grandes surfaces et les quincailleries de quartier pour s?équiper. Mais depuis 2002 avec l?entrée en opération d?Espace Maison et Jardin, «tout est là». Tout sous un même toit. Une «one-stop shop» comme celle de Mr Bricolage qui ouvrira ses portes vendredi. Et si l?enseigne française s?installe à Maurice aujourd?hui, c?est que «le marché est vraiment mûr pour accueillir un tel concept de magasin». Gamil Kakal, président du directoire du groupe Cananga (Mayotte), l?a assuré hier lors d?un point de presse au siège de Bricomax Ltd, au centre commercial Emerald Park, à Trianon. «Nous avons fait plusieurs études de marché et études de comportement qui le confirment». Des études qui démontrent, selon Jean-Luc le Run, directeur général de Bricomax Ltd, société créée en 2007 avec des capitaux français (70 %) et mauriciens (30 %), que si en 2003, 33 % des personnes interrogées «se déclaraient pas bricoleurs», trois ans plus tard, ils n?étaient plus que 3 %.
Attentes et besoins pas encore assouvis
Chez l?enseigne mauricienne Espace Maison & Jardin, qui compte à ce jour trois magasins, l?on a aussi constaté cet engouement pour le bricolage. «Par passion ou par nécessité, le bricolage entre de plus en plus dans les m?urs des Mauriciens», explique Caroline Curé, Marketing & Communication Manager chez Espace Maison et Jardin. Les Mauriciens hésitent moins à mettre la main à la pâte pour de petits travaux de plomberie ou autre. Mais pour Jean-Luc Le Run, «les Mauriciens ont des attentes et des besoins pas encore assouvis en termes de bricolage». Le gros de la demande étant centré, selon lui, sur la décoration. Des attentes auxquelles Mr Bricolage entend répondre. Sur un espace de vente de 2 650 m2, «probablement le plus grand magasin de bricolage de Maurice», huit rayons spécialisés, à vocation technique ou décorative : quincaillerie, outillage, électricité, sanitaires, décoration, bois, matériaux et jardin.
Le directeur général de Bricomax Ltd souligne que dans le budget des ménages, l?équipement pour la maison figure en deuxième position après l?alimentaire mais avant l?équipement pour la personne et les loisirs. «Les facilités d?accès à la terre ont été très positives pour nous. Lorsque l?on a accès à la terre, l?on construit. Et celui qui est propriétaire est un bricoleur en puissance. Lorsqu?on est locataire, on est moins bricoleur», explique Gamil Kakal. Il ajoute que Mr Bricolage vise essentiellement des particuliers. «Ceux qui veulent faire du bricolage eux-mêmes mais également ceux qui le font faire par des artisans.» Gamil Kakal cite, entre autres, les propriétaires d?IRS qui même s?ils ne sont peut-être pas bricoleurs eux-mêmes, auront «un budget significatif pour l?amélioration, la décoration et l?entretien» de leur intérieur.
C?est d?ailleurs pourquoi le concept de Mr Bricolage tout comme celui d?Espace Maison & Jardin, s?articule autour de «l?amélioration, la rénovation, la décoration et l?entretien» et non pas le bricolage pur et dur. Car le bricolage, ne se résume pas uniquement à l?utilisation de machines puissantes et techniques. C?est ainsi que les «bricoleurs» ne sont pas forcément ceux qu?on pourrait croire. «Au vu de la fréquentation dans les magasins Mr Bricolage du monde entier, nous avons pu établir que 70 % de nos clients sont des femmes», souligne Jean-Luc le Run. A Maurice, Bricomax Ltd cible quelque 600 passages caisse en moyenne chaque jour. Et envisage l?implantation de deux magasins supplémentaires d?ici cinq ans.
Même si les magasins de bricolage soutiennent cibler «un large public», ne va pas dans les grandes surfaces spécialisées qui veut. Gamil Kakal dit viser «une clientèle qui a le pouvoir d?achat pour entrer dans un magasin de bricolage et dépenser quelques centaines voire quelques milliers de roupies et revenir régulièrement». Les autres, eux, resteront fidèles à la quincaillerie du coin.
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