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Faut-il taxer davantage l?essence ?

29 mai 2008, 00:00

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lexpress.mu | Toute l'actualité de l'île Maurice en temps réel.

La balance des carburants pèse lourd pour Maurice. Surtout avec la flambée des prix des produits pétroliers à l?international. Pour pallir cette crise énergétique, une nouvelle taxe sur l?essence pourrait être envisagée. Un moyen, parmi d?autres, d?inciter les gens à se servir davantage du transport en commun au lieu de leur voiture. Certains des acteurs concernés nous livrent leur opinion.

A Maurice, le prix du litre d?essence est de Rs 41,50. En Europe, il avoisine les Rs 60, soit 50 % plus cher. «Le prix de l?essence à la pompe est moins cher qu?en Europe. D?une part, la taxe sur la valeur ajoutée (TVA) et les droits de douane sont moins élevés à Maurice», dit Khalil Elahee, chargé de cours à l?université de Maurice.

«D?autre part, ajoute-t-il, le transport en commun est subventionné à deux niveaux : tout d?abord le transport gratuit pour des personnes âgées, handicapées et les étudiants et deuxièmement, il y a des subsides que les compagnies d?autobus obtiennent pour le diesel. Cette situation pousse les gens à utiliser leur voiture.»

Faudrait-il augmenter la taxe pour encourager le transport en commun ? Selon Khalid Elahee, cela ne suffit pas. Le comportement des usagers ne changera pas pour autant. D?autant plus que les hausses du prix de l?essence dans le passé n?ont nullement influencé leurs habitudes.

Opinion partagée par Raj Daliah et Mosadeq Sahebdin, respectivement directeur général de la Corporation nationale de transport (CNT) et porte-parole de l?Institut pour la protection des consommateurs (ICP).

«A l?avenir, dit Raj Daliah, des augmentations de prix de l?essence sont inévitables. Si le prix atteint un certain niveau, les gens pourraient bouger vers le transport en commun si le confort est là? et si cela leur convient.»

Le directeur général de la CNT propose deux solutions dans l?immédiat pour sortir de cette situation de crise. Tout d?abord, un car pooling bien structuré et un système de Park and Ride calqué sur le modèle Blue Line de la CNT.

A Mosadeq Sahebdin d?ajouter que les recettes du gouvernement «sont déjà énormes sur l?essence en raison des taxes qui y sont imposées».

Donner le bon exemple

«Il faudrait que les décideurs et hommes politiques donnent le bon exemple pour montrer qu?ils sont vraiment concernés par la crise énergétique», poursuit-il. Pour encourager les gens à utiliser le transport en commun, il faut que le service et le confort s?améliorent, déclare Mosadeq Sahebdin. «A part des bus climatisés, qui coûtent plus cher, qu?est-ce que nous avons ?»

Il est rejoint dans ses propos par le président du Front commun syndicat transport, Yousouf Chuttoye. Ce dernier estime qu?il faudra un meilleur contrôle sur les «vans contract» pour encourager les compagnies à investir dans de nouveaux types d?autobus.

«Il y a un trop grand nombre de permis qui sont accordés à ce sujet. Même si le prix de l?essence augmente, les gens ne vont pas laisser au garage leur voiture, qu?ils ont achetée à Rs 300 000, Rs 400 000 ou plus. Ils doivent déposer leur épouse au travail, leurs enfants à l?école?».

Khalil Elahee estime aussi qu?il faudrait que les revenus additionnels de la TVA relatifs au prix de l?essence soient dirigés vers des investissements dans un mode de transport de masse moderne, efficace, qui réponderait aux attentes des usagers. Et qui serait non-polluant, ou presque.

«Les revenus additionnels liés à la TVA devraient être investis dans ce type de mode de transport. L?aménagement du Bus Way est un premier pas. Il serait intéressant que les autobus qui emprunteront cette voie puissent rouler avec un système de carburant, surtout dans les années à venir où une production de l?électricité à partir de la bagasse est envisagée», souligne le chargé de cours. Il est en faveur d?un système hybride de carburant pour le transport en commun, notamment les autobus qui roulent avec le diesel et l?électricité en même temps.

Jean Pierre Hardy, animateur d?un mouvement écologique, croit que «plus le prix de l?essence augmente, plus les gens vont se demander s?ils ne devraient pas utiliser davantage le transport en commun».

«Quand on arrivera à une économie de pénurie, on n?aura pas le choix. Le prix à la pompe sera déterminant pour un changement d?attitude chez des consommateurs et éviter des abus dans l?utilisation de leur voiture. Les gens commencent à prendre conscience que nous nous dirigeons vers une nouvelle ère, celle du développement durable»,dit-il.

Sentiment partagé par un économiste, qui estime qu?une éventuelle augmentation de la taxe sur l?essence ainsi qu?une augmentation du prix, devrait encourager les gens à utiliser le transport en commun. Ce, à condition qu?il y ait un service de qualité et les infrastructures convenables. Notamment les routes.

«Il y a une légère amélioration, mais ce n?est pas suffisant. Il faut que la durée de ce service soit étendue, car les gens qui voyageraient par des autobus offrant plus de confort travaillent jusqu?à fort tard l?après-midi», estime l?économiste.

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