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Nawal, la voix des Comores
Elle revient après sept ans d?absence avec un message simple : Aman (qui signifie paix intérieure). La Comorienne Nawal, qui tourne à La Reunion, veut combattre par sa musique et ses mots les démons de l?obscurantisme. «C?est l?être humain que je chante. Il a soif de paix»? Nawal, originaire de la Grande Comore, sait de quoi elle parle. Son pays a connu une instabilité chronique.
Aujourd?hui la musique de Nawal a franchi les eaux de l?océan Indien. Aux États-Unis, Aman a eu droit à des éloges prestigieux. Le New York Times, par exemple, a qualifié son album «d?un des albums world les plus marquants de l?année». Les Américains ont un rapport assez naturel avec la spiritualité, relativise Nawal : «Ils sont venus me voir à la fin des concerts et m?ont dit : ta musique nous a réconciliés avec l?Islam.»
La dimension africaine des Comores est très présente dans l?album que découvrent en ce moment les Réunionnais. Nawal tient à montrer, dans la rythmique, les voix, les instruments, cette dimension africaine (bantou, swahili). «Car longtemps, on s?est pris pour des Arabes. Aux Comores, l?Africain, on l?appelle mchendzi, le vilain. J?utilise le gambusi d?Anjouan, le udu, le mbira du Zimbabwe, la calebasse mais aussi le triangle et le bol tibétain (ma culture parisienne). Dans Swing ta vie, Solorazaf donne à sa guitare ce jeu pulsé du kabossy malgache. Dandzi est un blues bantou métaphorique qui est chanté par les femmes.» Mais il y a aussi un côté politique dans sa musique.
Nawal l?a reconnu sur les ondes de RFI : «Leo nileo (vent d?espoir) est dédié à Sambi (président de l?Union des Comores depuis mai 2006, NdlR). Son discours contre la corruption et pour l?union a amené l?espoir et, malgré son côté religieux, il a fait l?unanimité. Dans Méditation, j?ai adapté le discours d?intronisation de Mandela qui dit: «Valorisons ensemble ce qui est bien chez nous.». Depuis, je nourris le projet de monter un village artistique aux Comores.» La musique de Nawal permet en effet de parler des Comores en des termes moins belliqueux. Un vent d?espoir, musical du moins !
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