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L?électricité de plus en plus chère

29 mai 2008, 00:00

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Un véritable casse-tête chinois pour le gouvernement malgache. La Jirama, la société d?État qui approvisionne en eau et électricité toute la Grande île, est frappée de plein fouet par la flambée du prix du pétrole sur le marché mondial.

Ces derniers jours, la Jirama souffre face à l?augmentation de 20 % du coût d?achat de carburant par rapport à octobre 2007 pour faire fonctionner ses centrales thermiques. Ces dernières fournissent près de 50 % de l?électricité du pays. Une révision à la hausse des prix s?avère nécessaire pour maintenir la compagnie à flot. La décision appartient au gouvernement.

«Nous subissons les impacts de l?augmentation du prix du pétrole. La révision à la hausse des tarifs se discute déjà entre la partie malgache et les bailleurs de fonds mais la décision finale appartient au gouvernement», déclare Bernhard Romahn, directeur général de la Jirama.

Le gouvernement a déjà prévu d?augmenter deux fois les tarifs de la Jirama, cette année. La lettre d?intention signée par le ministre des Finances et du budget et déposée auprès du Fonds monétaire international (FMI), en janvier, projette deux hausses de 15 % chacune. La première aurait déjà dû être appliquée depuis le 1er avril, et la deuxième intervenir en octobre.

Ces engagements font partie des mesures envisagées par le gouvernement pour rétablir l?équilibre financier de la société. Leur application pourrait conditionner le déblocage de la quatrième tranche de la Facilité pour la réduction de la pauvreté et de croissance (FRPC) du FMI, prévu au mois de juin.

Subventions à certains secteurs

Interrogé à ce sujet, Pierre Van den Boogaerde, représentant du FMI à Madagascar, affirme que la hausse de tarif est décidée par le gouvernement mais ne fait pas partie des conditionnalités principales du FMI dans le cadre de la FRPC. Toutefois, si la Jirama ne révise pas ses tarifs par rapport à ses pertes, il va falloir combler les déficits par des subventions. «Il faudra alors recourir à des transferts de budget. En ce moment, nous attendons la décision du gouvernement», précise Pierre Van den Boogaerde.

La balle est donc dans le camp du gouvernement. Du côté du ministère de l?Energie et des mines, aucune information n?a filtré. Certains responsables laissent entendre que l?annonce d?une telle décision doit se faire en haut lieu. Pour la dernière hausse appliquée il y a près de huit mois, c?était le chef de l?Etat qui s?était acquitté de cette tâche, lors de l?un de ses déplacements en province.

Depuis l?atelier de formation des maires à Iavoloha la semaine dernière, une nouvelle donne est apparue. Le chef de l?Etat avait annoncé l?octroi de subventions à certains secteurs comme le transport ou les produits de première nécessité. La question de l?électricité n?avait pas été abordée.

La décision d?une hausse mettrait à mal autant les foyers que les entreprises. «Déjà avec le délestage, on subit des pertes énormes. Une hausse de tarifs nous mettrait hors circuit avec le surcoût de production», souligne un directeur des ventes d?une entreprise franche, à Ivato.

Mahefa RAKOTOMALALA

L?express de Madagascar

DEBATS VIFS EN EUROPE

■ Les revenus générés par la TVA avec l?augmentation du prix du pétrole font débat en Europe. En France, ils sont de l?ordre de 150 à 170 millions d?euros par trimestre. Certains estiment que ces fonds doivent bénéficier notamment aux «pêcheurs» et à «d?autres catégories socioprofessionnelles qui sont frappées par la hausse du prix des carburants.

Les pays consommateurs de pétrole sont concernés par l?augmentation constante du prix du pétrole. «On ne peut pas être éternellement dans un fonctionnement de marché où le prix monte en permanence au profit de producteurs», estime plus d?un dirigeant européen.

En France, Nicolas Sarkozy a proposé «que toutes les recettes supplémentaires dues à la TVA sur les produits pétroliers à partir d?un certain niveau, dont nous allons débattre à l?intérieur du gouvernement, (...) soient mises dans un fonds qui va nous permettre d?aider les Français qui en ont le plus besoin».

Mais cette proposition ne fait pas l?unanimité à Bruxelles. «ça ne serait pas le bon signal (à adresser) aux pays producteurs», a réagi Ferran Taradellas Espuny, porte-parole de commissaire européen à l?Energie, Andris Piebalgs.

MANQUE DE DIALOGUE

■ Le système de prise de décision au sein de la Jirama ne fait pas l?unanimité. Certains estiment qu?une révision du prix de l?électricité devrait faire l?objet d?une vaste concertation auprès des usagers, notamment des entreprises. Mais aussi bien pour la dernière hausse que pour la prévision de cette année, les industriels, déplorent qu?il n?y ait pas eu davantage de discussion. Les entreprises ont appris l?augmentation de 15 % par la presse. «À croire que la gestion de la Jirama est seulement l?affaire de l?État et doit être tenue secrète», lance Hery Ranaivosoa, président du Syndicat des industriels de Madagascar. La fédération des consommateurs, de son côté, soutient que le tarif actuel est à la limite du supportable. Le gouvernement doit chercher d?autres solutions, comme la subvention, dit-elle.

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