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Morgan Tsvangirai se prépare à affronter Robert Mugabe

29 mai 2008, 00:00

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Morgan Tsvangirai, le leader de l?opposition zimbabwéenne, se prépare à affronter Robert Mugabe, au pouvoir depuis vingt-huit ans et toujours aussi déterminé. Il a pris, durant son absence, des contacts diplomatiques essentiellement en Afrique australe, essayant de convaincre les chefs d?Etat de la région de faire pression sur Robert Mugabe.

Le Mouvement pour le changement démocratique (MDC) a affirmé que le pouvoir avait préparé une tentative d?assassinat de leur leader. Le contexte général de violence au Zimbabwe pose en effet la question de la sécurité de Morgan Tsvangirai et celle de centaines de militants qui, depuis deux mois, sont victimes de représailles sanglantes.

A son arrivée, le chef de l?opposition s?est d?ailleurs rendu aux obsèques d?un des militants de son parti, Tonderai Ndira, 33 ans, un colleur d?affiches, mort étouffé par des partisans du pouvoir, selon le MDC. Une cinquantaine de militants, assesseurs dans des bureaux de vote, colleurs d?affiches ou simples supporteurs auraient été tués depuis les élections du 29 mars. Selon les premiers résultats officiels, contestés en justice, l?opposition a remporté les législatives et Morgan Tsvangirai est arrivé en tête à la présidentielle, devant Robert Mugabe, mais sans obtenir la majorité absolue.

Le pouvoir s?est lancé depuis quelques semaines dans une vaste campagne d?intimidation pour dissuader les électeurs de soutenir à nouveau l?opposition. Après les dernières législatives en 2005, Robert Mugabe avait fait raser des quartiers entiers, estimant que les habitants avaient «mal voté» et mis à la rue 700 000 personnes.

Face aux harcèlements, aux tabassages, incendies de leurs maisons, des militants de l?opposition ont lancé des représailles contre les meneurs de l?Union nationale pour le Zimbabwe-front patriotique (ZANU-PF), le parti au pouvoir. Dans ce climat de violence, plusieurs diplomates et des observateurs comme l?ONG Human Rights Watch ont plaidé pour une solution négociée, un partage du pouvoir à la kenyane, qui associerait les deux camps opposés. De retour au pays, Morgan Tsvangirai a rejeté cette option, que Robert Mugabe aurait aussi refusée et il a promis de se battre jusqu?au bout pour faire tomber ce régime.

De son côté, Robert Mugabe traite avec mépris son opposant, qu?il qualifie de lâche et de marionnette de l?Occident. Pour lui? Morgan Tsvangirai n?est rentré que parce qu?il en avait «reçu l?ordre de ses amis américains». Il a également menacé d?expulser l?ambassadeur des Etats-Unis qui, selon lui, se mêle de trop près des affaires intérieures du Zimbabwe.

Les pays de la région ont décidé d?envoyer un contingent plus important d?observateurs au second tour de la présidentielle. Les journalistes et les observateurs occidentaux sont toujours indésirables.

Fabienne POMPEY

© Le Monde 2008 ? Distribué par le NewYork Times Syndicate

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