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Des PME jugent difficile d?augmenter les salaires dans le contexte actuel
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Des PME jugent difficile d?augmenter les salaires dans le contexte actuel
Les travailleurs du secteur privé ne sont pas les seuls à émettre de vives protestations quant aux compensations légales (entre Rs 283 et Rs 400), qu?ils estiment inappropriées. Alors que le gouvernement exhorte les employeurs qui peuvent se le permettre, compte tenu de leur performance de l?année écoulée, à payer, si possible, au-delà du minimum légal, certains patrons estiment que ce montant est déjà un fardeau trop lourd à porter.
Michel Moothoosamy, président de la Small and Medium Enterprises Federation (SMEF), estime que cette décision vient grever le budget des entreprises qui sont déjà aux prises avec l?inflation des matières premières et des produits énergétiques. «Une augmentation du niveau des salaires ne signifie rien d?autre qu?un accroissement de nos charges de production. Demander aux entrepreneurs de consentir à un tel sacrifice n?arrange rien, particulièrement au moment où beaucoup de petites et moyennes entreprises ont de grosses difficultés, liées à l?augmentation des prix des matières premières et de l?énergie.»
En effet, même s?il est justifié que dans le but de neutraliser la perte de leur pouvoir d?achat, les travailleurs du secteur privé méritent une compensation salariale, les problèmes auxquels font face certains entrepreneurs ne peuvent être occultés. Certaines entreprises, particulièrement celles qui sont de la catégorie petite ou moyenne (PME), sont dans le pétrin. D?abord, l?ouverture progressive du marché mauricien est venue aggraver la situation de certaines PME. Le démantèlement progressif des barrières douanières incite, en effet, des entreprises étrangères à pénétrer le marché local. Elles arrivent à offrir, non seulement des produits bon marché mais souvent des biens de très bonne qualité. Ceux-ci concurrencent, de façon agressive, les produits locaux.
A cela il faut ajouter les difficultés d?accès aux crédits pour les PME et la hausse démesurée des prix des matières premières et de l?énergie.
Sunil Bundoo, Associate professor, Department of economics and statistics de l?université de Maurice, estime que certaines PME rencontreront des difficultés pour augmenter le salaire de leurs employés compte tenu des difficultés auxquelles elles sont confrontées. Mais il se réjouit que bon nombre d?entre elles pourront, heureusement, honorer le minimum légal. «C?est vrai que la rude compétition sur le plan international, l?appréciation de la roupie observée ces derniers mois et la poussée inflationniste sur le marché des matières premières, ont réduit la marge de profit de plusieurs entreprises. Notamment celles du secteur de l?export, mais également celles produisant pour le marché local. Mais nous pouvons nous réjouir que la plupart des entreprises seront en mesure de payer une compensation comprise entre Rs 283 et Rs 400 le mois. C?est très important pour les travailleurs, qui ont vu leur pouvoir d?achat s?effriter considérablement ces dernières semaines», explique Sunil Bundoo.
L?économiste Philippe Lam est du même avis. «Il n?est pas à écarter que certaines entreprises mauriciennes soient vraiment confrontées à des difficultés, suite à l?évolution de la situation au plan international et au plan local. Ces entreprises pourraient éprouver des difficultés réelles à augmenter le salaire de leurs employés. Mais il est également bon de noter que d?autres entreprises, par contre, non seulement accepteront d?augmenter les salaires, mais elles pourront payer plus que le minimum légal, comme ce fut le cas l?année dernière.»
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