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Sculpture l?art de tailler sur mesure

26 mai 2008, 00:00

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D?abord les faits. D?une sculpturale méconnue. Tirer des formes de la matière. Art physique. Maîtrise de la proportion. Ouvrage méthodique de transcription de l?idée dans le matériau brut. Des techniques qui séduisent nettement moins que la peinture.

«Même après deux ans de spécialisation, les étudiants qui pratiquent la sculpture vont proposer une peinture pour le Salon de Mai». Le constat est de Mala Chummun -Ramyead, directrice de l?Ecole des beaux arts du Mahatma Gandhi Institute, sculpteur elle-même. Ce rendez-vous annuel des arts plastiques à Maurice ? réunissant une soixantaine d?exposants - ouvrira ses portes au public à partir de jeudi.

Membre du jury de «Fine Nine», à travers ses yeux, son expérience, les formes inertes prennent du sens. Comment juge?t-on une sculpture ? «J?ai surtout vu l?effort qu?il y a dans chaque réalisation», dit-elle d?emblée, en notant la différence de niveau visible existe entre les participants.

Rythme de l??uvre

Sur le plan technique, il s?agit d?apprécier avant tout la composition, «s?il y a la balance, sinon cela a tendance à tomber». Lire le «rythme» de l??uvre, ses contours, l?enchaînement des convexes et des concaves. Ainsi que la présentation sur socle.

Quelles sont les contraintes auxquelles font face les sculpteurs ? Pour le travail de coulage des métaux, ce n?est pas simple d?avoir une fonderie. C?est un art où il « faut de l?espace, un atelier convenable, et puis cela à tendance à salir ». Ce qui n?est pas fait pour améliorer l?ambiance à domicile.

Vient ensuite le coût des matériaux. Le tube de peinture acrylique est à Rs 75 l?unité. La pochette de plâtre ? qui sera utilisée pour le moule, puis cassé et jeté ? est à Rs 750. Alors que le bronze coûte Rs 200 le kilo. «Il faut au moins 10 kg pour une petite sculpture.» Là aussi, si tout va bien. S?il ne faut pas tout recommencer.

l?Etat commande des bustes

«Bien sûr, les élèves se disent : pourquoi investir si je n?arrive pas à vendre mes ?uvres après ?», estime Mala Chummun-Ramyead. «Accrocher un tableau, c?est plus simple. On ne peut pas blâmer ces jeunes qui ont cessé de faire de la sculpture parce qu?ils ne trouvent pas de clientèle. Je crois que le réveil de la sculpture passe par l?éducation du public.»

Avant d?expliquer que de son côté, l?Etat commande surtout des bustes des grands hommes, ce qui n?encourage pas véritablement la création. Les commandes viennent notamment des hôtels qui demandent des mosaïques. «Là les élèvent peuvent gagner des sous. Mais c?est un phénomène très récent.»

L?ECOLE DES BEAUX ARTS

Depuis 1997, le MGI recrute 25 élèves pour la filière Beaux-Arts, tous les deux ans. Après deux années de cours, quatre spécialisations sont offertes : peinture, sculpture, gravure et «crafts». «Il n?y a pratiquement pas de recalés ou de gens qui abandonnent, sauf dans de rares cas où quelqu?un part pour l?étranger par exemple», affirme la directrice. Etape incontournable de la première année : le moulage du ciment. La forme souhaitée est d?abord réalisée avec de la terre puis, l?étudiant recommence, avec du béton cette fois.

Le tout étant de voir comment il arrive à faire une réplique de ce qu?il a imaginé en terre dans le ciment. L?enfance de l?art étant de commencer avec de l?argile. D?y tirer des formes géométriques avant d?y faire des formes humaines ou de la nature. «Pour faire un personnage, il faut une étude académique, il faut calculer les proportions et pour cela il y a les classes de dessin».

C?est vers la troisième et quatrième année que l?étudiant est encouragé vers la création en tant que telle. L?Ecole des beaux arts compte aussi un atelier de céramique ? où on y fait des sculptures murales autant que des poteries, ainsi qu?une fonderie.

NIRMAL HURRY, CRITIQUE DE LA SOCIETE

Un sens aigu de la récupération d?objets pour en faire des oeuvres d?art. Un goût prononcé pour la critique de la société, nos «mentalités de colonisés», nos chaînes invisibles portées au quotidien, la tournure du jeu politique. Le tout exprimé à travers des associations métaphoriques de la matière. C?est sans doute les caractéristiques dominantes du travail de Nirmal Hurry. Lauréat du concours de sculpture de l?agence Immedia, qui avait pour thème : «Humanity?s struggle : moving towards harmony». Ce qui lui a valu un chèque de Rs 100 000. Tout sauf un inconnu du milieu des arts plastiques, Nirmal Hurry est chargé de cours à l?Ecole des beaux-arts, membre actif de l?association pARTage. Participant régulier du Salon de Mai et des ateliers et autres résidences qui se tiennent à la fois localement et à l?étranger. Il n?avait pas hésité à crier à la censure quand la «National Art Gallery» avait refusé d?exposer son oeuvre et l?intégralité du texte l?accompagnant. Lauréat 2001 d?une bourse pour artistes de l?Unesco Aschberg, à l?«European ceramics work centre» au Pays-Bas, il fut aussi chef- décorateur sur le plateau de tournage de Bénarès, film de Barlen Pyamootoo.

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