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25 mai 2008, 00:00

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Le message est clair. Il est adressé par un panel de 21 sages dont des prix Nobel d?économie, ainsi que des décideurs politiques et économiques de premier ordre. « Une croissance rapide et durable ne tient pas du miracle ? elle est à la portée des pays en développement à condition que leurs dirigeants fassent preuve d?engagement et soient prêts à saisir les opportunités offertes par l?économie mondiale. »

Voila ce qu?on peut lire dans le « Rapport sur la croissance : stratégies pour une croissance durable et un développement inclusif » (disponible sur le site www.growthcommission.org).

D?aucuns diront que le rapport n?invente pas la roue. Ils n?auront pas tort. Les « recettes » que celui-ci propose sont usitées et ont fait leur preuve. Pour bien le démontrer, les auteurs du rapport relèvent les « success stories » de 13 pays qui ont enregistré des taux de croissance moyens de 7 % durant les 25 dernières années. Maurice n?y figure pas. Mais les sages opposent néanmoins la performance économique du pays à celle de la Côte d?Ivoire. En confirmant comment l?ouverture de Maurice à l?économie de marché lui a permis d?enregistrer des taux de croissance largement supérieurs à ceux de la Côte d?Ivoire.

Quelles conclusions tirer alors ? Les caractéristiques des pays qui réussissent sont énumérées. Ils s?intègrent à et exploitent l?économie mondiale. Ils maintiennent leur stabilité macroéconomique. Ils réussissent à concilier de forts taux d?épargne et d?investissements. Ils laissent le marché décider de l?utilisation des ressources. Et enfin ils possèdent des gouvernements engagés, crédibles et efficaces.

Cette dernière caractéristique mérite d?être soulignée. Car nos gouvernements successifs, finissent bien souvent par céder devant des considérations purement politiciennes. Valeur du jour, on peut dire que la réforme économique enclenchée depuis 2006 porte ses fruits. Mais les velléités de contrôler le marché demeurent. La tentation de dépenser les deniers publics de manière irréfléchie dans le but principal d?engranger des points politiques existe également. Pire, l?immobilisme et le report systématique de certaines « policy decisions » est une triste réalité locale.

On retarde telle privatisation et l?allocation de certains contrats par peur de froisser les intérêts de supporters politiques ou groupes de pression. On laisse pourrir la situation à la tête de tel organisme parapublic? parce qu?il est impensable d?en virer le CEO incompétent? car il a bien aidé durant les dernières élections et qu?il est un « nou bann ! »

Ainsi, les « policy decisions » liées au ciblage des aides sociales et l?aide directe envers les pauvres se retrouvent gelées. Qui sait, peut-être même enterrées ! Car impopulaires auprès d?une frange importante de l?électorat. Robert Solow, ancien prix Nobel d?économie l?affirme : « Le rapport sur la croissance détruit une fois pour toutes la notion erronée selon laquelle vous pouvez sortir les personnes de la pauvreté en l?absence de croissance. »

Le pays renoue avec une croissance économique appréciable. Reste désormais à savoir quoi en faire. Et au profit de qui en priorité. Nous pensons que les fruits de la croissance doivent aller en priorité à l?éradication de la pauvreté. À ce sujet, les auteurs s?avancent à indiquer clairement comment y arriver. Ils expliquent, par exemple, que les subventions, notamment sur l?énergie, doivent n?être réservées qu?aux « highly vulnerable sections of the population » pour être efficaces. Plus globalement, le rapport parle de la mise en place de mécanismes de redistribution en faveur de ces groupes.

Afin de leur fournir ainsi des « filets de sécurité plus efficaces » contre les flambées de prix et la crise alimentaire, par exemple.

Les leaderships des pays qui réussissent font preuve de « persévérance, d?endurance, de pragmatisme et de transparence » selon les sages. Ce qui leur vaut le soutien de leurs populations en retour. Nous ne savons pas encore si le gouvernement que dirige Navin Ramgoolam peut se targuer de posséder tous ces traits. Si c?est le cas, tous les moyens de lutte contre la pauvreté seront déployés dans le budget que présentera Rama Sithanen le 6 juin. Y compris le ciblage des aides envers les groupes les plus vulnérables. Il faut avouer que ce serait une sacrée preuve de pragmatisme?

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