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Les micro-entrepreneurs veulent un fonds de garantie

24 mai 2008, 00:00

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«Il existe des forces dans l?ombre qui empêchent le développement des petites et moyennes entreprises (PME) à Maurice. Nous ne croyons plus dans la politique du gouvernement reflétée par la Development Bank of Mauritius (DBM) pour aider au développement des PME.» Ce sont là les propos de Michel Moothoosamy, président de la Small and Medium Enterprises Federation (SMEF).

Les micro-entrepreneurs affirment ne plus compter sur les mesures incitatives offertes par la DBM. Ces mesures ne leur sont pas accessibles, disent-ils. Dans bien des cas, ils ne peuvent fournir les garanties exigées pour accéder au financement. «Nous avons fait des propositions pour la création d?un fonds de garantie, à l?image de ce qui existe un peu partout, mais rien n?a pu être fait en ce sens», déclare Michel Moothoosamy.

Elles sont nombreuses ces micro-entreprises qui se retrouvent en difficulté financière après avoir contracté des prêts auprès des banques. Plusieurs entrepreneurs ont vu leurs biens saisis, ou ont été obligés de les vendre eux-mêmes, pour honorer leurs engagements bancaires. La concurrence des produits venant de pays asiatiques sur le petit marché mauricien, et les conditions de financement des banques commerciales, très peu adaptées à la situation de ces micro-entreprises, en seraient les principales causes.

Le cas d?Abdool Rajack Coonjah, un micro-entrepreneur opérant dans le secteur textile, en est une illustration. Il a créé son entreprise de confection il y a une vingtaine d?années. Il fabrique et commercialise des sous-vêtements pour le marché local. Soutenu par la DBM, il développe son entreprise. En 2002, il emploie 18 personnes et réalise un chiffre d?affaires annuel atteignant Rs 3 millions.

Regression du marche

Mais la même année, son marché connaît une brusque régression en raison d?une véritable invasion de produits importés résultant d?une réduction des droits de douane. Ses recettes diminuent drastiquement et il n?arrive plus à rembourser ses crédits bancaires. «Face à ces difficultés, je n?ai pu garder que trois de mes employés, j?ai ramené l?atelier dans mon garage, sans pouvoir combler mes dettes», nous confie Abdool Rajack Coonjah. Sa femme et ses enfants travaillent avec lui pour lui permettre d?honorer quelques petites commandes.

Abdool Rajack Coonjah en était à sa septième expérience d?emprunt avec la DBM. Les six premières ont été correctement remboursées. Mais le dernier emprunt, en raison des difficultés financières imprévues, génère des pénalités de retard et d?autres frais. Le montant de son engagement s?en trouve pratiquement doublé.

«Il m?a fallu du courage et de la ténacité pour marcher la tête haute. J?étais à même, en 2002, d?offrir des salaires de Rs 250 par jour. Je ne peux aujourd?hui payer plus de Rs 150 par jour à mes employés. J?ai vendu mes biens et même mon terrain pour rembourser la banque mais je n?ai pu payer qu?une partie de cette dette», dit-il, tout en gardant l?espoir de pouvoir trouver le bout du tunnel.

Pour Michel Moothoosamy, l?ouverture du marché mauricien aux produits étrangers, sans mesures d?accompagnement pour les entreprises locales, a beaucoup mis en péril la vie des micro-entreprises. A cette allure, dès l?entrée en vigueur de la détaxation complète, plusieurs entreprises seront contraintes de fermer boutique. Dans différents secteurs d?activité?

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