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Pas de «volonté de rétention de l?information»
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Pas de «volonté de rétention de l?information»
En référence à votre éditorial du mardi 20 mai dernier, j?aurais voulu faire quelques remarques au sujet de la «rétention de l?information» dont vous accusez le Premier ministre au sujet du temps pris par ce dernier pour faire circuler la liste des conseillers du gouvernement de juillet 2005 à ce jour.
Comme vous pouvez le deviner, une telle liste demande du temps à être préparée. Les informations doivent être recherchées tout d?abord auprès de chaque ministère. Ces ministères sont aujourd'hui au nombre de 20.
Ensuite il y a différentes catégories de conseillers qui sont en service dans les différents ministères. Vous devez savoir par exemple que les consultants en médecine et les spécialistes employés sur contrat par le ministère de la Santé sont classés dans la catégorie des conseillers.
II est clair que ce travail demande des recherches minutieuses et approfondies étant donné que la question porte sur plus de deux années et demi et que l?exactitude de l?information fournie au Parlement doit être garantie.
L?ancien Premier ministre avait déjà eu l'occasion de souligner que «this is a time consuming exercise and requires the mobilisation of a large number of staff».
Le député Sam Lauthan ayant été ministre s?est sans doute rendu compte de l?étendue de la tâche demandée dans la première question en juillet 2007 et c?est la raison pour laquelle il a modifié sa question la deuxième fois en décembre 2007 en restreignant la période concernée. Au lieu de demander le nombre de conseillers depuis juillet 2005 jusqu?à ce jour il a demandé le nombre d?avril 2006 à ce jour.
Sur la base du travail déjà accompli, il a été relativement plus aisé de satisfaire sa demande et la réponse fut déposée sur la table de l?Assemblée la semaine dernière. Le nombre de conseillers employés d?avril 2006 à mars 2008 s?élève à 81.
Au lieu d?y voir une volonté de «rétention de l?information» ou un quelconque désir de «secret» il faudrait plutôt voir là un exemple de recherche d?une information exacte à être transmise dans les meilleurs délais.
Cette attitude contraste singulièrement avec celle de l?ancien gouvernement qui fut confrontée à la même demande, renouvelée périodiquement, au sujet du nombre de conseillers employés depuis 2000. L?ancien gouvernement eut recours systématiquement à la réponse standard à l?effet que «the answer is being compiled». Face aux protestations, l?ancien Premier ministre devait même déclarer que «it will take the time that it will take». II fallut attendre l?arrivée du nouveau gouvernement et une question posée par le député Reza Issack pour découvrir que l'ancien gouvernement avait employé 278 conseillers entre 2000 et 2005 qui avaient coûté à I'Etat la bagatelle de Rs 324 millions. Serait-ce la raison pour laquelle l?ancien gouvernement pratiquait un «black out» sur cette information ? Le public jugera?
II est dommage cependant qu?il n?y a pas eu d'éditoriaux fustigeant une telle pratique du «secret» et une telle confiscation de l'information.
Venons-en à la seconde accusation, celle de «refuser carrément les demandes de renseignements sur les compagnies dans lesquelles l?Etat est le principal actionnaire».
Faisons ressortir que les compagnies publiques où l?Etat est actionnaire majoritaire (telles Airport of Mauritius Limited, Mauritius Telecom ou Air Mauritius, etc.) sont des compagnies régies par le Companies Act. Elles disposent de l?indépendance de gestion précisément pour les libérer aussi bien des contrôles tatillons de l?Etat que des pratiques bureaucratiques afin qu?elles puissent être gérées sur des bases commerciales, pour mieux faire face à la concurrence. Le management de chacune de ces compagnies est responsable auprès de leur conseil d?administration et de leur assemblée générale d?actionnaires. C?est dans cette logique que les ministres ne répondent pas aux questions portant sur la gestion de ces compagnies. Cette pratique fut instaurée par l?ancien gouvernement et systématiquement appliquée par tous les ministres par exemple pour des questions sur Airports of Mauritius Limited, sur la Banque de Maurice ou sur la Mauritius Housing Company Limited. Le gouvernement actuel continue cette politique de soutien à l?autonomie de ces compagnies publiques où l?Etat détient une participation majoritaire.
Votre éditorial condamnant cette attitude moderne à l?égard de la gestion de ces compagnies est incompréhensible. A moins que vous ne soyez partisan acharné du contrôle tatillon par les ministres de chaque action du management de ces compagnies, ce qui serait malheureusement le meilleur moyen de les condamner à l'impuissance et à la sclérose. Et il est étonnant de constater que les députés de l?opposition se laissent aller à poser ces questions auxquelles ils avaient, avec raison, refusé de répondre, alors qu?ils étaient au gouvernement.
Veuillez agréer, Monsieur le rédacteur en chef, l?expression de mes sentiments les meilleurs.
Dan CALLIKAN
Directeur de la communication, Bureau du Premier Ministre
NOTRE REPONSE
Dans un éditorial paru le mercredi 3 mars 2004, alors que Paul Bérenger était Premier ministre, j?avais critiqué la culture du secret imposée par le gouvernement d?alors. En voici des extraits : «Les services publics ne sont pas conscients de leur devoir de communiquer. Face aux silences des détenteurs de l?information, la population est parfois réduite à spéculer ou à croire aux rumeurs. A la question la plus banale qui soit, il y a des fonctionnaires qui vont en référer à leur chef hiérarchique. Les attachés de presse s?engagent souvent dans des procédures laborieuses et bureaucratiques avant d?avouer qu?ils ne peuvent divulguer l?information recherchée.
Le Mauricien a le droit de savoir ce qui se passe dans son pays. Beaucoup de nos politiques et leurs nominés dans les organismes parapublics n?ont pas encore compris que la libre circulation de l?information est un élément clé dans une démocratie.
L?exemple d?ouverture doit être donné par les dirigeants politiques. Le ministère de la Fonction publique a le devoir de lever la chape de silence qui est imposée aux fonctionnaires.»
Raj MEETARBHAN
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