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«Pizza Hut» de Quatre-Bornes : Au bonheur des employés
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«Pizza Hut» de Quatre-Bornes : Au bonheur des employés
Josefa Vincent se faufile entre les tables. Il est près de 13 heures. Le restaurant ne désemplit pas mais loin de se plaindre d?avoir beaucoup à faire, Josefa affiche un sourire. 14 jours que le rideau de fer était baissé. 14 jours que pas un client n?avait franchi la porte de la pizzeria de Quatre-Bornes.
Puis arrive le coup de fil de mercredi soir. «La direction du restaurant m?a appelée pour m?informer que le restaurant allait rouvrir le soir même et que je devais venir travaille ce matin (NldR : jeudi)», raconte Josefa heureuse.
Car depuis qu?une injonction intérimaire lui interdisait de poursuivre ses activités, le restaurant avait fermé ses portes le 2 mai dernier. Les 25 employés avaient alors été recasés au sein de la dizaine de restaurants que compte Pizza Hut à travers le pays. Une injonction rayée par la juge Rehana Mungly-Gulbul, mercredi.
C?est avec le sourire que Josefa prend les commandes et sert les clients. Voilà deux semaines qu?elle attendait de reprendre le cours normal de sa vie. «Ici je me sens utile, je travaille.» A Ph?nix, elle se sentait un peu de trop, gênant ses collègues plus qu?autre chose «Ils ont déjà leur staff. Nous étions plutôt en stand-by en attendant la réouverture de notre restaurant.»
Serveuse depuis six ans chez Pizza Hut, Josefa a intégré l?équipe de Quatre-Bornes au début du mois d?avril peu avant l?ouverture du restaurant le 7 avril. Serveuse d?expérience, elle est venue prêter main-forte à une équipe encore relativement jeune pour leur appendre le métier.
Dans l?attente du téléphone
Quand le restaurant a fermé, cela a été un choc mais pas une seule seconde, Josefa Vincent n?a eu peur de perdre son emploi. «J?étais certaine de recevoir un coup de fil, que mon patron me dirait que tout s?est arrangé et que je pouvais reprendre mon poste à Quatre-Bornes», confie la jeune Curepipienne de 24 ans.
Les jours se suivent. Josefa ne lit pas les journaux, n?écoute pas la radio. Elle attend tout simplement un coup de fil. A la fin de la journée, elle espère qu?il viendra le lendemain.
Un coup de fil que Vincent Lai Kong Ling, caissier, a reçu mercredi après-midi. Ayant «confiance en la justice ainsi qu?en ses patrons», Vincent, tout comme Josefa, n?a jamais douté une seule seconde de la réouverture du restaurant. Pendant deux semaines, c?est surtout l?impatience qui a primé sur l?angoisse. Benito Fourmaco abonde dans le même sens. «La direction n?était pas alarmiste et moi non plus. J?étais plutôt impatient de reprendre le travail.» Benito, lui non plus, ne suit pas l?évolution de l?affaire en cour. «Ce n?est pas que ça ne m?intéressait pas. Bien au contraire. C?est juste que j?étais persuadé que ça allait s?arranger. C?était juste une question de jours.»
Mais malgré son optimiste affiché, Benito avoue, du bout des lèvres, que 14 jours durant, il a été «quand même un peu stressé». Pas beaucoup. Juste un peu plus que d?habitude. Mais comme ses camarades d?infortune, le jeune homme se refuse à penser au pire. Comme Vincent Lai Kong Ling et quelques autres qui se trouvent postés à Ebène, ou ailleurs, il doit expliquer à ses collègues le pourquoi de sa présence dans «leur» restaurant.
Il leur dit que ce ne sera que temporaire et il sert des centaines de pizzas en «take away». Alors, hier, à Quatre-Bornes, durant le service du déjeuner, Benito avait un peu de mal. «Ici, c?est un restaurant. A Ebène, c?était uniquement des take away. C?est davantage de travail mais ça ira», glisse Benito avec un sourire.
Les clients qui se pressent à l?entrée du restaurant n?y trouvent rien à redire. Comme si rien ne s?était passé. «C?est comme si le restaurant n?avait jamais fermé. Ils ne posent pas de questions. Ils commandent tout simplement.» Ils ont bien mangé. Ils ont bien bu. Ils ont été satisfaits du résultat. Ils n?en demandent pas davantage.
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