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Afrique du Sud : le bilan des violences s?élève à 24 morts

22 mai 2008, 00:00

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La police sud-africaine a tiré des balles en caoutchouc, avant-hier, sur près de 700 habitants d?un township pour mettre fin aux violences xénophobes qui ont fait au moins 24 morts depuis neuf jours.

Armés de couteaux, de bâtons ou de bidons d?essence, des groupes d?habitants des quartiers pauvres s?en prennent depuis le 11 mai dernier aux travailleurs immigrés, originaires pour la plupart du Zimbabwe ou du Mozambique, en les accusant d?alimenter la criminalité et de prendre les rares emplois disponibles.

Victimes brûlées vives

Des médias locaux ont signalé deux nouveaux décès dans la nuit de lundi à celle de mardi, à l?est de Johannesburg, dans le township de Ramaphosa. Selon un caméraman de Reuters TV sur place, la police a dispersé près de 700 personnes de ce quartier dans la journée en tirant des balles en caoutchouc en direction de la foule.

Depuis le début des troubles, dans le township d?Alexandra, plus de 200 personnes ont été arrêtées. En neuf jours de violences, plusieurs victimes ont été brûlées vives, des femmes ont été violées et quantité de boutiques ou de maisons ont été pillées. Des milliers d?immigrés ont dû trouver refuge dans des églises ou des commissariats, de peur de subir les foudres des manifestants déraisonnés.

Ces attaques ternissent l?image d?un pays autrefois réputé pour le bon accueil réservé aux immigrés et aux demandeurs d?asile, en particulier africains. La nation arc-en-ciel, qui accueillera la Coupe du monde de football dans deux ans, a toujours vanté son esprit de tolérance depuis la fin de l?apartheid.

Sur une population de 50 millions d?habitants, les immigrés comptent pour cinq millions, parmi lesquels quelque trois millions de Zimbabwéens ont fui la crise économique et politique dans leur pays.

Cette explosion de violence met aussi en relief le sentiment croissant, parmi la population pauvre, d?avoir été laissée au bord du chemin par la politique de promotion des affaires et de l?investissement mise en oeuvre par le président Thabo Mbeki.

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