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Flou artistique

21 mai 2008, 00:00

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Nous ne sommes pas plus avancés, après la réaction du directeur de la «State Trading Corporation» (STC), contestant les déclarations de l?express, qui faisaient état du peu d?intérêt des opérateurs privés à s?investir dans l?importation du riz «ration».

Ces derniers sont, en effet, peu motivés par les propositions du ministère du Commerce qui souhaite qu?ils se joignent à la STC pour importer cette catégorie de riz. La structure étatique a jusqu?ici montré ses insuffisances et, aujourd?hui, elle éprouve encore plus de difficultés à trouver les 20 000 tonnes annuelles de riz «ration» dont le pays a besoin. Mais pendant que leur concours est sollicité, les importateurs sont plutôt circonspects, craignant une concurrence déloyale de la STC. Cette attitude s?explique, si l?on prend en compte l?ambiguïté de la situation entretenue par le ministère du Commerce.

Ce qui déconcerte le plus, c?est qu?en cette période où de sérieuses difficultés d?approvisionnement se posent sur le plan international, les autorités gouvernementales ne semblent pas saisir toute l?ampleur du problème. Certes, les difficultés d?approvisionnement de la STC sont bien compréhensibles. La situation sur le marché mondial y est pour quelque chose. À la fin de mars, le prix du riz s?est accru de 31 % en Asie, suite aux restrictions que des pays, telle l?Inde, ont imposées sur son exportation, car c?est la nourriture de base de plus de la moitié des habitants du globe. En Somalie, le prix du riz a augmenté de 400 %. Partout dans le monde, son prix n?a jamais été aussi élevé en 20 ans?

À Maurice, le riz «ration» est la base alimentaire des ménages à faibles revenus. Le gouvernement est bien conscient de l?importance de ce produit, vital pour une bonne partie de la population. À juste titre, cette denrée figure sur la liste des produits privilégiés bénéficiant de subventions à l?instar de la farine et du gaz ménager.

Si le ministère du Commerce ou la STC ont vraiment besoin d?un coup de main pour l?approvisionnement en cette céréale, ils ont intérêt à jouer franc jeu. Faire des propositions concrètes aux importateurs potentiels ne serait pas une mauvaise idée. Instaurer des conditions concurrentielles idéales motiverait les opérateurs, maintenant qu?on leur demande d?importer cette céréale, malgré des difficultés d?approvisionnement évidentes. En gardant le mutisme sur une question si cruciale, le gouvernement aggrave les risques de pénurie qui planent sur un pays insulaire, dépendant fondamentalement de l?extérieur.

Est-ce bien le moment pour les autorités d?adopter une attitude aussi surprenante, maintenant que le problème d?approvisionnement se pose partout avec une telle acuité ?

À moins qu?il n?ait jugé opportun de supprimer les subsides sur le riz «ration». Dans ce cas, trêve d?hypocrisie. Qu?il supprime aussi les subventions à la STC afin que l?on comprenne que l?ère des subsides est révolue. Si telle est la situation, l?on se garde d?imaginer les terribles conséquences sociales qu?entraînerait une telle décision.

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