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Quand l?orientation professionnelle fait défaut

19 mai 2008, 00:00

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En Form III, Kathy Woomet, collégienne à la SSS de Forest-Side, a abandonné les sujets scientifiques au profit de la filière littéraire. Elle a alors fait une croix sur les métiers médicaux et paramédicaux. En Form V, elle poursuit sur cette voie. De toutes les façons, pas moyen de faire autrement... Mais heureusement, les langues, elle aime ça. La semaine dernière, comme de nombreux collégiens, elle s?est rendue à l?International Careers? Guidance and Educational Fair organisé par le Rotary Club de Grand-Baie en collaboration avec le ministère de l?Education. Evènement qui s?est tenu pendant trois jours au centre de conférences international Swami Vivekananda de Pailles.

C?est déjà avec une petite idée en tête du secteur dans lequel elle voudrait évoluer qu?elle s?est adressée à Priya Gungah, Careers Officer au Careers Guidance Service du ministère de l?Education. «Je voudrais travailler dans les ressources humaines. Je suis venue chercher des informations à ce sujet. Entre autres, quelles sont les études à entreprendre ainsi que les perspectives d?emplois», explique Kathy Woomet. Comme cette jeune fille, bon nombre de collégiens espéraient trouver à Pailles des réponses à leurs questions. C?est bien d?avoir un large éventail d?universités parmi lesquelles choisir mais encore faut-il savoir dans quelle filière s?engager. L?idéal étant de bénéficier de l?aide d?un conseiller d?orientation. C?est là où l?affaire se corse. Car aujourd?hui, seuls quelques collèges mettent à la disposition des collégiens un service d?orientation. Les principales écoles privées, quelques collèges d?Etat et également quelques collèges du Bureau de l?éducation catholique (BEC). Mais pour la plupart, les collégiens sont livrés à eux-mêmes une fois venu le moment de faire un choix. Beaucoup ignorent même l?existence d?un Careers Guidance Service.

«Ils ne sont pas au courant du service gratuit que nous offrons. C?est ainsi que soit ils font un mauvais choix parce qu?ils n?avaient pas suffisamment d?informations soit ils viennent à la dernière minute, prennent une décision à la hâte et la regrettent par la suite», observe la Careers Officer Priya Gungah. C?est pourquoi, le Careers Guidance Service du ministère de l?Education a élaboré toute une documentation à l?intention des collégiens. Des calendriers pour ceux de la Form III, des affiches pour la Form V et des brochures pour les school leavers. Pour se faire connaître mais également pour disséminer leurs informations et atteindre le maximum de jeunes.

«Il est essentiel de guider les collégiens dans leur choix en fonction de leurs aptitudes, de leurs envies et de l?environnement dans lequel ils veulent évoluer. Aussi de la manière dont ils veulent développer leur carrière ainsi que leur vie familiale.»

Car malgré toute leur bonne volonté, leurs conférences collectives et leur rendez-vous individuel, ce n?est pas à deux, trois ou même cinq qu?ils arriveront à atteindre la masse. Alors, du côté du ministère de l?Education, l?on explique que l?orientation n?est pas la responsabilité exclusive du Careers Guidance Service. Que le Human Resource Development Council (HRDC) a également un rôle à jouer. Un rôle d?autant plus essentiel aujourd?hui avec l?émergence de nouveaux métiers et le besoin de nouvelles compétences. Alors, lorsque l?on évoque la possibilité que, dû au manque de conseils et d?informations, les étudiants ne se lancent pas dans ces nouveaux métiers entraînant ainsi un manque de main-d??uvre, au niveau du ministère de l?Education on soutient que le HRDC a pour mission de venir à bout de ce «mismatch».

Mais pour Marie-Ange Ah Yow, Acting Principal Careers Officer, ce n?est pas tout que de dire aux jeunes que dans quelques années, il y aura des perspectives d?emplois dans un secteur donné. «Il est essentiel de les guider dans leur choix en fonction de leurs aptitudes, de leurs envies et de l?environnement dans lequel ils veulent évoluer. De la manière dont ils veulent développer leur carrière ainsi que leur vie familiale. On ne peut pas dire à un collégien de devenir comptable parce qu?il trouvera de l?emploi dans ce secteur alors que lui a horreur des chiffres.» Et même si la première question que posent les jeunes demeure de savoir «où seront les emplois», Marie-Ange Ah Yow est d?avis que «ce n?est pas le plus important».

Mais guider les collégiens, cela ne s?improvise pas. Une formation est nécessaire. C?est pourquoi le BEC investit depuis cette année à travers son centre de formation, dans la formation de 18 enseignants qui au terme de leur cours de trois ans en Careers Guidance Education, pourront conseiller les jeunes dans leurs collèges respectifs à partir de la Form III. Même si Gilberte Chung, la directrice du BEC, considère qu?à 14 ans lorsqu?ils sont en Form III, «les élèves sont beaucoup trop jeunes pour faire un choix aussi déterminant». D?autant plus que si aujourd?hui, ils sont en Form III et que l?on demande des personnes qualifiées dans le secteur financier, l?informatique et l?hôtellerie, ce ne sera peut-être pas le cas quand le collégien aura achevé sa scolarité dans quelques années. La liste de «Priority Fields» disponible sur le site Web de la Tertiary Education Commission (TEC) et du ministère de l?Education peut être une indication. Rien qu?une indication.

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