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Dynamisons la réforme !

18 mai 2008, 00:00

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Le 6 juin, Rama Sithanen présentera le budget 2008-2009, avec pour toile de fond, une conjoncture internationale difficile avec ses crises ? alimentaire, énergétique et fi-nancière. Le budget 2008-2009 arrive aussi en plein jeu de tractations préliminaires pour les futures alliances, en vue des élections législatives de 2010. Nous voilà de nouveau pris dans le déphasage entre cycle de développement socio-économique et cycle électoral. Vivement qu?on résiste aux pressions visant à « dynamiter » le processus de la réforme, si vital pour l?avenir du pays.

Dans un système économique international dominé plus que jamais par l?interdépendance, l?état de l?économie d?un pays et son évolution sont tributaires de la conjoncture internationale. Ce serait irresponsable, démagogique, voire dangereux, que nos leaders politiques et d?opinion fassent croire à la population que l?économie mauricienne opère dans un vacuum, et que le gouvernement dispose d?une réelle marge de man?uvre. La cruelle réalité à laquelle il faut faire face avec courage aujourd?hui, c?est une économie mondiale en butte à de graves problèmes conjoncturels et de sérieux soucis structurels. Et même les grands pays, comme les États-Unis et la France, sont en train d?en subir les conséquences. Il n?y a pas une exception mauricienne !

La croissance de l?économie mondiale a été revue à la baisse et sans être alarmiste, les tendances pour les deux prochaines années sont très préoccupantes. Le prix du pétrole, qui a connu une très forte augmentation en deux ans, a atteint un prix record de 126,40 dollars le baril il y a une semaine. La forte hausse du prix des denrées alimentaires ? riz et farine ? n?est pas prête de s?arrêter. Il y a aussi la grave crise financière. Si en raison de la petite taille de notre économie et de notre population, nous pouvons, moyennant que nous parvenions à dégager les stratégies appropriées, atténuer l?impact de ces crises, nous en subirons les conséquences dans les mois et les années à venir. Et la réponse pour y faire face se trouve dans la poursuite résolue de la réforme initiée, depuis 2005, par l?Alliance sociale.

Cette ambitieuse réforme est vitale pour relever les défis actuels et à venir de l?économie mauricienne, afin qu?elle puisse répondre aux besoins, aux atten-tes et aux aspirations de la population. C?est un chantier d?envergure et complexe, et il faudra compter une décennie pour qu?elle donne les résultats escomptés, à condition bien entendu qu?elle soit bien pilotée. Au-delà d?un changement de modèle, avec des nouveaux piliers à développer, il s?agit d?une véritable révolution culturelle à opérer en termes de changement d?attitudes et de mentalités dans nos rapports au travail, à l?entreprise, à l?étranger. Le maître mot étant l?ouverture.

Globalement, la dynamique de la première phase de la réforme est en marche, avec déjà des résultats plus ou moins tangibles. On n?insistera jamais assez qu?il faut constamment veiller à ce que croissance rime avec développement, et que les aménagements que cela implique doivent être apportés quand ils s?avèrent nécessaires. Comme c?est le cas aujourd?hui avec la crise alimentaire. Le bons sens dicte un « rethinking » stratégique du nouveau modèle de développement dans le sens d?un rééquilibrage dans l?exploitation du capital foncier entre besoins agricoles et besoins immobiliers pour les IRS, RES et autres. Une politique volontariste contre la grande pauvreté, qui est une insulte à la dignité humaine, s?impose.

Le ministre des Finances aura à gérer toutes sortes de pressions avant de finaliser son prochain budget. Il y a d?abord les pressions internes à l?AS où on retrouve un « mix » de sensibilités représentant des catégories différentes : une bourgeoisie qui veut tout avoir sans prendre le moindre risque, des groupes nourris de la culture de subventions et de dérogations, et des groupes qui sont réellement en train de faire les frais de la restructuration-transition en cours. Rama Sithanen aura aussi à tenir compte de la pression de l?opposition parlementaire et extra-parlementaire. Le MSM l?a pris comme cible, dans l?espoir d?avoir son portefeuille dans le cas d?un éventuel ralliement du MSM au PTr.

Pendant plus de quinze ans, le développement du pays a été bloqué par la confusion entretenue entre cycle de développement et cycle électoral. L?Alliance sociale a eu le courage d?enclencher le projet de réforme.

Et ce, après avoir été élue sur un projet de démocratisation de l?économie, compris par l?électorat comme un partage des richesses existantes.

Le gouvernement a dû affronter pendant les deux dernières années un front anti-réforme regroupant des groupes aux intérêts contradictoires. Rama Sithanen a procédé à des aménagements, sans toutefois céder à la pression de lobbies puissants qui ont pour point commun de vouloir continuer à ne pas payer leur dû. Au-delà de la compétence qu?on lui connaît, Rama Sithanen a fait preuve d?un courage qui force l?admiration pour tenir bon? quand on sait qu?il s?est souvent senti seul.

La pire des choses qui puisse arriver au pays aujourd?hui, c?est que nos gouvernants se laissent, sous des pressions diverses, tenter par la facilité de dilapider les premiers fruits de la réforme pour gagner les élections.

Ce n?est, et ne sera pas, nécessaire. Les meetings du 1er Mai sont venus démontrer que le Premier ministre reste le maître du jeu sur l?échiquier politique. Dans une telle position, il a la marge de man?uvre voulue pour conduire une politique qui ne sacrifie pas la recherche de solutions aux problèmes relevant du cycle de développement aux considérations de cycle électoral. Le budget 2008-2009 est une belle opportunité pour dynamiser la réforme !

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