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Disparus sans laisser de traces?
Une personne peut-elle disparaître sur un petit territoire comme Mau-rice sans être retrouvée ? Malheu-reusement oui. À ce titre, la réponse de Navin Ramgoolam, le 29 avril à une question de la députée Fazila Jeewa-Daureeawoo à l?Assemblée nationale, est révélatrice : « I am informed by the Acting Commissioner of Police that since January 2006 to date, 85 persons are still reported missing. »
Et le traitement du dossier de recherche des personnes disparues n?a guère changé. C?est toujours la police qui s?en occupe. Là où le bât blesse, c?est qu?il n?existe pas de cellule spécifique et permanente. Si elle existait, elle aurait pu coordonner les opérations d?intervention, mobiliser l?opinion en un temps record à travers les médias, les SMS, les supports publicitaires électroniques. Elle aurait pu réunir les données et les interpréter à bon escient, de même qu?assurer un soutien permanent aux parents des personnes disparues.
« Quatre-vingt-cinq cas de disparitions non résolus depuis janvier 2006, ce n?est pas tolérable dans une société comme la nôtre. Le fait que l?approche, pour ce qui est du traitement de ces dossiers, n?ait pas subi de changement en profondeur depuis des années, pourrait con-forter ceux qui estiment que la disparition de personnes n?est pas considérée comme une priorité par la police », soutient la psychologue Juliette François.
Elle estime qu?il est grand temps de dépoussiérer l?approche même pour les recherches. Et Juliette François fait, en ce sens, un plaidoyer pour créer une cellule dédiée. « Des policiers, mais aussi des personnes avec des compétences variées devront faire partie de cette cellule. Elle pourrait assurer un service d?écoute, d?encadrement permanent aux personnes retrouvées et à leurs parents, de même qu?aux parents dont les proches manquent toujours à l?appel. »
Mais dans la police, on pense autrement, et on analyse les choses avec beaucoup de recul. « Les disparitions ont, jusqu?ici, suivi le même schéma. C?est sans doute cela qui explique le fait que l?approche dans le traitement des dossiers n?a pas beaucoup évolué », affirme un policier qui a voulu garder l?anonymat. Ce dernier soutient que la résolution des cas n?est pas toujours l?affaire de la police. « Il existe des cas dont la résolution dépend, surtout de la prédisposition du public à collaborer avec les autorités. »
Un cas de plus, c?est un cas de trop. La prévention n?est jamais un luxe. Ainsi, le recours à un réseau utilisant tous les moyens de retransmission d?information et de données rapides pourrait contribuer à réduire considérablement la durée des disparitions? et l?angoisse des proches.
UNE QUESTION DE PRIORITES
L?intervention de la police en cas de disparition avérée est guidée par un protocole qui classe les cas en cinq catégories. Voici l?ordre dans lequel, les disparitions sont classifiées :
■ La disparition des enfants de moins de 12 ans.
■ Celle d?un jeune âgé entre 12 et 18 ans.
■ La disparition d?une personne âgée souffrant d?une forme d?infirmité.
■ Les adultes souffrant de troubles mentaux.
■ Tout autre personne âgée de plus de 18 ans.
Dès qu?un cas de disparition est enregistré dans un poste de police, l?information est relayée à toute la force par le biais de la cellule d?opération située aux Casernes centrales. La police dispose alors de toute une panoplie de services tels que le Groupe d?intervention de la police mauricienne, spécialisé dans les opérations de sauvetage sur des sites à risques, pour faire aboutir les recherches.
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