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Rita Venkatasawmy, directrice du CEDEM
Pourquoi ce séminaire sur la prostitution infantile ?
Ce séminaire a été organisé dans le but de prévenir la prostitution infantile qui continue de s?accentuer dans notre pays. Au CEDEM, nous considérons que la prévention est importante, car elle permet de sensibiliser la population afin qu?elle ne ferme pas les yeux sur ce fléau. Ce séminaire permet aussi de discuter des actions de réhabilitation des enfants prostitués. Nous appellerons également les parents à dénoncer la prostitution infantile. Les jeunes aussi seront sensibilisés, car ils sont les premiers concernés. Il ne faut pas qu?ils cèdent aux avances des maîtres chanteurs qui leur promettent des millions en souillant leur corps.
Y a-t-il beaucoup de cas recensés à Maurice ?
Le dernier rapport date de 2002 et 2 600 enfants victimes ont été décomptés. Mais je peux vous dire que ce chiffre a augmenté depuis, puisque le nombre d?enfants que nous accueillons dans nos abris est en hausse.
Avez-vous des enfants ?
J?ai une fille de 19 ans. Je l?ai adoptée lorsqu?elle avait 7 ans.
Comment l?éduquez-vous ?
Je l?éduque en lui parlant franchement. Il n?y a pas de tabous entre nous. Nous abordons des sujets comme la prostitution, le sexe, c?est sans limite !
Quels sont vos projets d?avenir ?
Pour le CEDEM, nous souhaitons qu?il y ait encore plus de centres de réhabilitation spécialisés avec des équipes pluridisciplinaires permettant d?encadrer les enfants les plus vulnérables.
Quels sont vos autres combats ?
Mon combat est d?être auprès des gens qui souffrent et il concerne aussi les droits humains. Là où il y a violation, je suis concernée et je ne me tais pas.
Vous seriez prête à faire quoi pour votre enfant ?
Je suis prête à tout et même donner ma vie. Ma fille, c?est ma vie.
D?où vient votre motivation ?
Je pense que cela vient de mon éducation. Ma mère m?a toujours encouragée à partager, à aller vers les autres.
Vous fixez-vous des limites ?
Oui. Frapper un enfant, même s?il est difficile, est la limite que je me suis fixée toute ma vie. Frapper un enfant, c?est toucher à sa dignité.
Le mot de la fin ?
J?aimerais juste que le Mauricien s?engage plus. J?aimerais plus de solidarité humaine afin que chacun puisse vivre un peu plus pour les autres.
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