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Cherie Blair, une autobiographie qui fait jaser

18 mai 2008, 00:00

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L?autobiographie de l?épouse de l?ex-Premier ministre britannique, parue le 15 mai, Speaking for myself a fait couler beaucoup d?encre en Grande-Bretagne, après la publication de bonnes feuilles dans le Times et le Sun.

La presse s?est indignée finalement peu d?une des révélations les plus fracassantes : Tony Blair et son directeur de la communication Alastair Campbell ont décidé en 2002 de révéler au public sa fausse couche pour éviter que ne se répandent des rumeurs d?invasion de l?Irak, souligne Cherie Blair. « J?étais là, je perdais du sang, et ils parlaient de ce qui allait faire les titres de la presse », raconte l?ancienne première dame.

L?épanchement soudain d?une femme restée jusque-là très discrète sur sa vie privée a indigné certains journalistes britanniques. Cherie Blair décrit en détail sa rencontre avec Tony Blair sur les bancs de la fac, de même que son renoncement à ses ambitions politiques au profit de celles de son époux.

« Peu profond et dérangeant »

Si le Guardian saluait une « autobiographie remarquablement sincère », le Daily Mail tranchait : « C?est difficile de croire que c?est la même femme qui protégeait avec tant de passion la vie privée de sa famille [?]. Elle n?a plus ce genre de scrupule aujourd?hui. Aucun sujet ne semble trop personnel pour être diffusé, aucune conversation trop privée pour être répétée, aucune insinuation trop méprisante pour être formulée dans son livre vengeur, égoïste et qui s?apitoie sur son sort. »

Le journal croit savoir ce qui a pu entraîner un tel revirement de la part de Cherie Blair. « N?est-ce pas merveilleux ce qu?un chèque d?un million de livres peut changer ? » La femme de l?ancien Premier ministre a en effet touché un cachet de plus de 1,3 million d?euros pour ce livre.

Dans un éditorial du Times, intitulé Cherie Blair : assez pour vous faire pleurer, Libby Purves n?est pas plus tendre.

Pour la journaliste, ce livre est comme toutes les autobiographies, « égoïste, suffisant, opportuniste, vain, peu profond et dérangeant ».

Une succession mal vécue

La presse estime que Cherie Blair en profite pour régler ses comptes avec le successeur de son époux à Downing Street. La revanche de Cherie : des révélations explosives enfoncent Brown déjà assailli de toutes parts, titrait The Independent.

Cherie Blair révèle en effet les détails de son différend avec Gordon Brown, qui a succédé à Tony Blair en juin 2007. Une succession qu?elle a mal vécue. Elle affirme que son mari aurait pu céder sa place à son ministre des Finances dès 2005 s?il n?avait pas craint que M. Brown ne renonce à plusieurs réformes. Selon elle, Tony Blair conseille encore aujourd?hui son successeur, fragilisé après une cuisante défaite à des élections locales.

Enfin, la presse estime gratuites les accusations de vol au château de Balmo-ral en Écosse, qu?elle réitère dans son livre. Invitée par la reine Elizabeth en 1998, Cherie Blair raconte son désarroi lorsqu?elle a remarqué que sa valise avait été vidée et ses affaires volées. Le Tele-graph consacre un article à cette disparition : « En plus de toutes les personnes qu?elle a mécontentées avec son autobiographie minable, Cherie Blair a agacé les domestiques de Buckingham Palace avec ses accusations de vol. »

@ 2 008 Le Monde ? Julie ROBELET ? (Distribué par The New York Times Syndicate)

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