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L?énergie africaine
Trois ans après Ano Neko, voici Na Afriki, consacré au regard que Dobet Gnahoré porte sur son Afrique. La chanteuse y parle librement de l?amour, de la mort et de la place et de l?exploitation de la femme et des enfants dans la société africaine d?aujourd?hui, avec en fil rouge lancinant, son credo : les ressources que l?Afrique doit trouver par elle-même, en elle-même.
Avec Na Afriki, Dobet présente un album aux sonorités et aux rythmes panafricains variés, interprétés en différentes langues... Avec fougue et charme, puissance et douceur, vitalité et introspection, cette chanteuse à la voix surprenante nous raconte l'Afrique d'aujourd'hui.
Chez Dobet, il existe cette énergie vitale, bouillante, impatiente, mais avec pleine de charme? Et on arrive vite à se demander comment résister à la force et à la diversité de ses intonations, tantôt graves et profondes, tantôt aiguës et perçantes? Couleurs d?Afrique, couleurs du monde. Mélange de rythmes, de cadences et de langues, chacun y trouve son compte?
Du zouk, de la salsa, de la rumba, de la soul music et autres, Dobet Gnahoré a su donner à son travail un air de mélange acoustique pour un brassage interculturel. Avec trois instrumentalistes, ses chansons dont la plupart interpellent les leaders politiques africains sur le devenir de la patrie mère, émerveillent.
Maîtresse des instruments
A 24 ans, elle a su donner le meilleur d?elle-même en étonnant le public par sa maîtrise de bon nombre d?instruments musicaux. A cet effet, elle qui à l?en croire a pour icône Angélique Kidjo et dont les nombreuses démonstrations scéniques sont convaincantes, se rapproche aujourd?hui de l?homme orchestre béninois Sagbohan Danialou.
Dobet Gnahoré, chanteuse, danseuse et percussionniste, a hérité de la force des traditions de son père Boni Gnahoré, maître percussionniste de la compagnie Ki Yi Mbock d?Abidjan, dirigée par Werewere Liking. Elle rencontre au sein de cette compagnie basée en Côte d?Ivoire, Colin Laroche de Féline, guitariste français, venu s?imprégner des mélodies et des rythmes africains.
Après un passage dans la célèbre compagnie de danse Tché Tché, elle décide en 1999 avec Colin de former le duo Ano Neko, ce qui signifie «Créons ensemble.» Cette formule à deux tournera beaucoup en France pendant deux ans, où ils sont venus s?installer provisoirement, à la suite de l?instabilité qui s?est malheureusement installée en Côte d?Ivoire. Ils collaboreront aussi à différents projets (création avec Ba Cissoko, Le Cabaret Nomade et L'entre Deux Monde).
En 2003, le projet artistique se recentre sur le nom de Dobet Gnahoré et s'agrandit avec l'apport d'une choriste et d'un percussionniste. Contre Jour produit dans la foulée son premier album Ano Neko pour faire le lien avec l?histoire de Dobet et Colin. Ce CD est composé de titres enregistrés à Abidjan et d?autres durant l?été 2003 en Belgique. Des mélodies mandingues à la rumba congolaise, du ziglibiti ivoirien au bikoutsi camerounais, du high-life ghanéen aux choeurs zoulous, leurs compositions portées par des sonorités jazz sont variées et colorées.
La sanza, le balafon, la calebasse, les bongos viennent donc soutenir la guitare, les choeurs et la voix chaude et puissante de Dobet? Une voix à découvrir.
Le prix des places pour le concert est à Rs 250 et Rs 50. Les billets sont déjà en vente chez Centre Charles Baudelaire (Rose-Hill), CCEF (Curepipe), Campus France (Port-Louis) et à travers le Rézo Ôtayô (466 99 99).
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