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Fidèle allié

13 mai 2008, 00:00

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lexpress.mu | Toute l'actualité de l'île Maurice en temps réel.

<B>Par Raj MEETARBHAN</B>

Le monde entier ressent de la compassion pour le peuple de la Birmanie. Le bilan continue de s?alourdir onze jours après que ce pays a été dévasté par le cyclone Nargis. Le chiffre de 100 000 morts est évoqué. Près de deux millions de rescapés survivent dans le dénuement total. Ils sont menacés de famine, mais également d?épidémies diverses. Pendant ce temps, des restrictions à l'aide internationale sont imposées par leur gouvernement.

Les secours arrivent toujours au compte-gouttes parce que la junte militaire au pouvoir en Birmanie a une hantise des étrangers. La paranoïa aiguë qui habite les dictateurs birmans les a poussés à fermer leurs frontières aux organisations humanitaires et même à bloquer des fonctionnaires de l'ONU à l'aéroport de Rangoon. Ils ne veulent pas permettre à des «colonialistes» et des «impérialistes» de franchir leurs frontières. Ils choisissent plutôt de laisser leur population souffrir en silence à l?abri des regards extérieurs.

Devant cette attitude suicidaire d?un régime sans c?ur, ils sont nombreux les pays étrangers qui veulent apporter de l?aide aux Birmans. La France a proposé une résolution aux Nations unies en vue d'imposer une aide au gouvernement birman. Elle s'est heurtée à un rejet en raison de l'opposition de la Chine notamment. La France exhortait l?ONU, au nom de la «responsabilité de protection», à aider la population en détresse sans la permission de Rangoon. La Chine a argué que les questions humanitaires ne sont pas du ressort du Conseil de sécurité.

La Chine est la principale alliée de la Birmanie. Sa loyauté envers le régime birman tiendrait à des considérations économiques. Elle est le principal partenaire commercial et pourvoyeur en armes de la Birmanie. Amnesty International déplorait d?ailleurs, dans un rapport intitulé «Birmanie / Chine ? un marché militaire bien saignant», que la Chine livre à la Birmanie du matériel militaire en «l?absence évidente de tout critère relatif au respect des droits humains». A noter que la Birmanie est richement dotée en ressources naturelles, dont le gaz.

La Chine n?a pas hésité à soutenir récemment un autre régime duquel il s?est beaucoup rapproché malgré les répressions brutales que pratique celui-ci. Quelques jours seulement après que la commission électorale du Zimbabwe a confirmé la défaite historique du parti du président Robert Mugabe aux législatives, un cargo chinois transportant des armes destinées au Zimbabwe voulait débarquer sa marchandise dans un port africain. A bord, des cartouches pour des AK-47, des lance-roquettes et des mortiers. Le bateau a dû rebrousser chemin vers la Chine car aucun port de la région ne voulait l?accueillir.

La Chine a aujourd?hui devant elle une occasion de sortir grandie en usant de son influence auprès du régime birman pour l?amener à s?ouvrir au monde et à aider sa population. Mais, fidèle alliée, elle ne semble pas prête à froisser les dictateurs de Rangoon.

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