Publicité
Le Zimbabwe, un accroc aux débats de la SADC
Par
Partager cet article
Le Zimbabwe, un accroc aux débats de la SADC
Le Zimbabwe a joué les trouble-fête hier. A tel point que le président de la Southern Africa Developement Community (SADC) et aussi président de la Zambie, Levy Patrick Mwanawasa, s?est éclipsé du centre de conférences alors que les journalistes l?attendaient pour animer une conférence de presse hier soir. Le problème au Zimbabwe ayant pris de l?ampleur durant la conférence, il n?aurait pas voulu en parler.
C?est finalement le Premier ministre Navin Ramgoolam et le secrétaire général de la SADC, le Mozambicain Tomaz Salomao, qui ont dû faire le point sur la conférence et sur les critiques contre le Zimbabwe. Mais contrairement aux souhaits de la Norvège et de l?Union européenne, la SADC ne prend pas de position forte contre le Zimbabwe, qu?elle qualifie de «membre de la famille».
Droit de réponse réfusé
Dès la cérémonie d?ouverture dans la matinée d?hier, le Premier ministre de la Norvège fait appel à la SADC pour qu?une solution soit trouvée au problème du Zimbabwe. Quelques minutes plus tard, le commissaire européen Louis Michel fait aussi une sortie en règle contre? la SADC parce qu?il estime que c?est à celle-ci de faire en sorte que le Zimbabwe respecte le principe des élections justes et libres. Louis Michel réitérera ses critiques quelques heures plus tard lors d?une conférence de presse. Il a mis l?accent sur l?importance que revêt l?intégration régionale dans la résolution des problèmes des pays de la SADC. «L?intégration régionale est un facteur important de développement durable», a-t-il souligné.
Louis Michel estime que les pays de la SADC, plus que quiconque, ont un rôle très important à jouer pour trouver une solution à la crise dont le Zimbabwe est actuellement le théâtre. «C?est un problème africain qui doit être réglé par les Africains», fait-il valoir.
Interrogé sur l?existence d?une menace dans ses propos en ce qui concerne les aides financières de l?UE si le problème du Zimbabwe n?est pas réglé par la SADC, Louis Michel nie en affirmant que «ce ne serait pas juste pour les pays de la SADC». Il fait quand même ressortir qu?il devra informer le Parlement européen des «explications» de la SADC concernant la situation au Zimbabwe.
Le représentant du Zimbabwe en la personne de son ministre des Affaires étrangères n?est pas du tout content de la tournure que prennent les choses. Il demande un droit de réponse qui lui sera refusé. A la place, un consensus est trouvé: la SADC fera une déclaration à ce sujet lors de sa conférence de presse à la clôture.
Mais à 22 heures, le président de la SADC se faisait attendre déjà depuis une bonne trentaine de minutes. Il se chuchote que la conférence de presse prend du retard parce que le président de la SADC est tellement embarrassé par l?affaire Zimbabwe qu?il songe même à ne pas tenir de conférence de presse.
Nous apercevons alors le même président qui doit tenir la conférence de presse? se diriger vers la sortie accompagné du Premier ministre? Patrick Mwanawasa s?est donc éclipsé, laissant le soin au secrétaire général de la SADC de tenir la conférence de presse à sa place. Ce dernier, embarrassé, prend la parole sans un mot d?explication. Et souligne au sujet du Zimbabwe que la SADC va travailler pour qu?une solution soit trouvée face à la «Zimbabwe situation».
«Aider un membre de sa famille»
Face à l?insistance de la presse, il dira que «personne n?est plus sensible aux problèmes au Zimbabwe que les pays africains». A ce stade, ajoute-t-il, la SADC est en train d?essayer «d?aider un membre de sa famille. Peut-être que ceux qui sont en dehors ont d?autres attentes», dit-il.
«Ceux qui sont en dehors», en l?occurrence la Norvège et l?Union européenne, ont clairement d?autres attentes. Mais qu?à cela ne tienne, il y a un pas que la SADC n?est pas disposée à franchir : le Zimbabwe. Et pour lui, la SADC semble disposée à prendre bien des risques.
INDISCRETIONS
● Rs 15 millions ou Rs 25 millions ?
Les moyens ? surtout financiers ? déployés pour l?organisation de la conférence, à laquelle la SADC a aussi contribué, ont bien fait spéculer ce week-end. Selon une source- généralement bien informée, l?organisation de cette conférence aurait coûté au gouvernement un peu plus de Rs 22 millions mais le ministre des Finances affirme que le chiffre tournerait plutôt autour de Rs 15 millions.
● Opération prête-moi ta voiture
Où trouver autant de voitures pour mettre à la disposition des chefs d?Etats et chefs de délégations? Une réponse ingénieuse a été trouvée : les voitures des ministres ont été réquisitionnées pour les trois jours. Si certains se sont prêtés au jeu de bonne grâce, d?autres se seraient plaints de ce traitement. Donc pour faire bonne mesure, on leur a aussi emprunté leurs officiers de sécurité !
● Cri de guerre royal
Durant la cérémonie d?ouverture, les délégués ont entendu une sorte de cri de guerre et se sont instinctivement mis debout. Mais fausse alerte ! Il ne s?agissait que d?une tradition royale de Swaziland ? un homme précède le Roi en faisant une sorte de cri d?incantation pour annoncer son arrivée. Les délégués, peu habitués à cette scène, ont applaudi !
● La Norvège et la plage
Quand on vient de la Norvège et qu?on aime la plage et le soleil, le centre de conférences n?est pas nécessairement l?endroit où l?on préfère être. La délégation Norvégienne ? inclus son Premier ministre ? s?est éclipsée de Pailles vers 16 heures. D?autres chefs d?Etats, comme Marc Ravalo-manana de Madagascar ont aussi préféré quitter la conférence plus tôt.
Publicité
Publicité
Les plus récents