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L?art de rester assis
Expliquez-nous pourquoi un salon d?été se fait à la mi-avril. Pas en décembre, ni en janvier (au plus fort de la saison). Mais moins d?un mois avant le Salon de Mai, ce rendez-vous artistique qui, qu?on le veuille ou pas, est un événement phare du calendrier des arts plastiques locaux.
Expliquez-nous pourquoi, le salon d?été réunit à peu de choses près, pratiquement les mêmes qui ? nous sommes prêts à le parier ? seront accrochés au salon de Mai.
Expliquez-nous pourquoi les tableaux justement ne sont pas accrochés au mur du nouveau complexe multi-usages de Plaine-des-Papayes, inauguré par le ministre Mahendra Gowressoo et son collègue de l?Environnement, en novembre 2007. Pas mis au mur, mais fixés à des panneaux. Dans cette salle qui, avec ses colonnades roses, pourra accueillir les réceptions de mariage et autres fêtes «culturelles».
Sans organisation visible. Sans tentative d?aménager des boudoirs pour les paysagistes. Un divan pour ceux qui font du contemporain. Un bout de tapis pour la photographie. Faire un tour du salon d?été, c?est ressortir avec une impression de pêle-mêle. De déjà-vu, de tout confus.
Galerie sans galerie
Au milieu, Thivy Naiken, directeur de la National Art Gallery (NAG) s?accroche à sa bonne volonté. Celle de décentraliser. De porter l?art ailleurs que dans les villes. De donner un cadre d?expression aux artistes. Ailleurs que dans les galeries conventionnelles, avec leur public tout aussi convenu.
Alors, il fait avec les moyens du bord. Car il faut savoir que comme son nom ne l?indique pas, la NAG, n?a pas de galerie proprement dite. Elle est une locataire dépendante d?accords avec les galeries municipales ? Malcolm de Chazal à Curepipe, SSR à Quatre-Bornes, parfois le musée d?histoire naturelle à Port-Louis. Et bien sûr les locaux de l?Ecole des Beaux-Arts du Mahatma Gandhi Institute. Fut un temps, à la NAG, on a rêvé d?un espace au jardin de Pamplemousses. Avant qu?à l?occasion d?un récent collectif à l?ancienne prison de Port-Louis, le ministre des Arts et de la Culture n?émette l?idée de transformer la prison en galerie d?art?après des travaux de rénovation. La NAG patiente.
En attendant, il y a les pattes que l?on reconnaît pratiquement avant même de poser le pied dans la galerie. Comme l?univers fluorescent de Said Hosannee. Ou le recup?art de Gérard Foy. Les paillettes de Nathalie Perrichon ne nous font plus briller les yeux, parce que déjà vues. C?est dommage d?en arriver là. Dommage de voir que dans l?absolu, ces ?uvres en viennent à devenir presque fade par manque de rigueur de l?organisateur. C?est très bien de vouloir donner la chance à de jeunes mains fraîchement sorties de l?Ecole des Beaux- Arts d?exposer aux côtés de leurs anciens profs. Mais qui est-ce que cela aide quand la différence de niveau est aussi criarde ?
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