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Une mine d?or inexploitée

20 avril 2008, 00:00

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Un logiciel sur le langage des signes. Un projet pour connecter l?université de Maurice à tous les étudiants qui le désirent.

Ou encore un projet pour l?établissement éventuel d?un système de prévision en période de grosses pluies ou pour l?exploitation maximale des ressources d?eau souterraines.

Chaque année, pas moins de 2 000 documents sous forme de thèses, dissertations ou mémoires traitant de façon originales divers sujets entrent à la bibliothèque de l?université de Maurice pour ne jamais en sortir, sauf exception. Une mine d?or qui n?est pas exploitée comme elle le devrait.

Pourtant, ces étudiants sont en mesure de proposer des applications pratiques face à des situations spécifiques qui constituent des défis à notre vie de tous les jours. Quelques exemples. Après le passage des averses liées aux perturbations qui ont suivi le passage du cyclone Lola, Ousa Dewkurrun, Gulshan Mohabeer, Alizé Henriette et Vandhana Ramessur, qui sont en première année d?études à la faculté des sciences, se sont lancés dans un projet de recherche de solution numérique aux problèmes d?évacuation des eaux par les drains. Leur étude est à un stade préliminaire. Cependant, si elle est approfondie, elle pourrait déboucher sur l?établissement d?un système capable de prévoir les effets des eaux pluviales.

« Nos préoccupations n?ont pas été étrangères aux récentes inondations. Il est évident que si nous obtenons le soutien de l?État et du secteur privé pour la réalisation de notre projet, celui-ci pourrait être d?une grande aide pour le pays », explique Ousa Dewkurrun.

Des projets par milliers

« Nous pouvons utiliser des équations existantes pour une meilleure exploitation des eaux souterraines », soutient, de son côté, Sarah Naz Korimboccus, étudiante en première année à la faculté des sciences, et qui s?est lancée dans une étude avec Ravishan Seethiah. Sur la base d?une étude effectuée par Davidsun Lam Tung, en quatrième année d?études à la faculté d?ingénierie, il est possible de produire de l?hydroélectricité à la Nicolière. Et le coût du kilowatt pourrait osciller entre Re 1 et Rs 2.

Yovanah Veerahoo de la faculté d?agriculture propose, quant à elle, des normes d?aliments susceptibles d?accroître la chair des poulets. Le logiciel sur le langage des signes conçu par Cassim Saïb en troisième année à la faculté d?ingénierie a, lui, déjà trouvé preneur auprès de l?École des sourds, à Beau-Bassin.

Des projets comme ceux mentionnés ci-dessus, il en existe des milliers. Et ils viennent chaque année grossir les étagères déjà très fournies de la section Mauriciana de la bibliothèque de l?université, qui regorge de dissertations, de thèses et de mémoires de tous ceux qui sont passés par cette institution depuis sa création en 1968.

« Revalorisation des travaux »

Ces documents ne sont accessibles qu?aux étudiants et qu?au personnel de l?université. Les personnes extérieures qui souhaitent les consulter doivent obligatoirement avoir une autorisation spécifique de l?université. « La revalorisation des travaux des étudiants à travers, entre autres, leur publication sur Internet reste l?une de nos priorités », souligne Indur Fagonee, vice-chancelier de l?université de Maurice.

Le désir pour une revalorisation des travaux chez les étudiants et chez les chargés de cours est fort. Ce ne sont pas les moyens pour y parvenir qui manquent. Citons entre autres, l?établissement d?une plate-forme qui favorise une véritable interaction avec les parties susceptibles de s?intéresser à leurs travaux, le recours à l?outil informatique de la part des étudiants eux-mêmes pour vulgariser leurs travaux, la création d?une plate-forme sur le modèle de Junior-Entreprises en France ou Young Enterprise au Royaume-Uni pour l?application, dans une situation réelle, du travail et des enseignements théoriques reçus.

Il faut aussi souligner le fait que les seules idées qui ont la chance de passer du stade de recherche à celui de l?application, sont celles provenant des travaux d?étudiants parrainés par des firmes privées ou des organismes parapublics. Mais tous les étudiants de l?université n?ont pas la chance de Yovanah Veerahoo et de Davidsun Lam Tung dont les travaux intéressent une firme privée et un organisme parapublic. Une situation qui ne devrait pas perdurer?

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