Publicité

Réussir à l?école primaire

20 avril 2008, 00:00

Par

Partager cet article

Facebook X WhatsApp

lexpress.mu | Toute l'actualité de l'île Maurice en temps réel.

Chers parents, détendez-vous. N?im-porte quel manuel pédagogique vous le dira : les enfants qui réussissent à l?école ne sont pas nécessairement les plus doués. Mais seuls ceux qui ont appris, dès le plus jeune âge, les compétences utiles à leur développement harmonieux, seront plus à même de réaliser leur réussite scolaire future. Vous vous demandez pourquoi votre petit dernier est toujours à la traîne en classe ? C?est peut-être en partie parce que le suivi à la maison n?est pas encore mis en route.

Ainsi, si vous êtes débordés, que vous rentrez fatigués du travail, et que vous vous contentez de vérifier vaguement les devoirs de vos enfants, ces derniers s?en rendront compte et du coup, ils négligeront l?essentiel. Alors que vos enfants reprennent demain le chemin de l?école pour aborder un trimestre long et riche en apprentissage, les aider à réussir sur les bancs de l?école est tout autant votre affaire que celle des enseignants.

Le sens des responsabilités</B>

« Moi, je suis consciente que j?ai un rôle à jouer pour que mon enfant mette toutes les chances de son côté. Tout n?est pas du ressort du professeur. J?ai toujours considéré d?un ?il attentif l?apprentissage dès l?école primaire, car si l?enfant a de bonnes bases à ce niveau de son cursus, il ira loin plus tard. C?est pour cela que je m?attache à passer du temps avec mes enfants à mon retour du travail, même si je suis très fatiguée. Dernièrement, je les ai initiés à la lecture. S?ils me voient lire, ils feront de même. Je pars de ce principe », affirme Solange Jeewa, secrétaire dans une grande entreprise et mère de Sacha, 6 ans, et de Ludovic, 9 ans.

Du côté des enfants, le sens des responsabilités peut apparaître très tôt chez certains, qui affirment déjà leurs ambitions. « Je sais que c?est très important de travailler à l?école ; moi je veux devenir ingénieur et cela demande beaucoup de travail. Même si je suis encore petit, j?y pense, et j?obéis quand ma maman me demande de faire mes devoirs », affirme Alexandre, 9 ans et demi.

<B>Plus de chances de réussir</B>

En effet, les jeunes qui étudient et font leurs devoirs ont plus de chances de réussir que les autres. Il faut savoir que le temps consacré à l?apprentissage et la confiance dans ses capacités sont les deux facteurs les plus importants pour la réussite scolaire d?un enfant. « Un meilleur encadrement de l?élève à la maison réduit fortement le nombre d?échecs et d?abandons vis-à-vis d?une difficulté dans telle ou telle matière », affirme, sans hésiter, Jeff Cordo enseignant du primaire à Vacoas. Pour Émilie, 8 ans, l?autonomie est son credo : « J?aime bien travailler seule, et si je ne comprends pas quelque chose, j?appelle maman. » Il faut dire aussi qu?Émilie travaille mieux quand on n?est pas sur son dos, et pour sa mère, Pascale, c?est tout aussi bien. « J?ai beaucoup de chance, car Émilie est très responsable. Elle est à même d?organiser son travail alors qu?elle n?a que de 8 ans. Elle aime beaucoup l?école et veut être la meilleure. Elle s?en donne les moyens et moi je veille au grain en lui proposant des activités en parallèle. En ce moment par exemple, elle apprend à jouer de la guitare. » Quant à Loïc, 9 ans, qui sait déjà qu?il veut être pilote, il travaille déjà beaucoup ses maths. Laisser plus de liberté à son enfant, les clés de la réussite ? Tout ne repose pas là dessus évidemment. Mais si les parents avaient aussi leur rôle à jouer ? Voici quelques règles à retenir !

QUESTIONS À

<B>Pritee Auckloo, chargée de cours de pédagogie au MIE

« C?est aux parents de faire un travail de fond »

On ne cesse de le dire, le rôle des parents est primordial dans le succès de l?enfant à l?école. En êtes-vous aussi conscients au MIE ?</B>

Bien évidemment, nous ne cessons de dire aux enseignants que tout ne repose pas sur leurs épaules et que les parents jouent un rôle plus qu?important. Nous encourageons les enseignants à sensibiliser les parents en ce sens pour favoriser le suivi. Les enseignants peuvent proposer aux parents, par exemple, de vérifier l?écriture de leurs enfants, de les assister dans leurs devoirs de manière plus assidue.

Les parents évoquent souvent le fait qu?ils n?ont pas assez de temps en se-maine à cause de leur travail, etc. Même pendant le week-end, accorder un petit moment à son enfant n?est pas négligeable. Nous incitons fortement les enseignants à ne pas laisser les parents capituler sous prétexte qu?ils travaillent. Il y a du temps pour tout.

<B>L?enseignant devrait-il renforcer davantage ses positions vis-à-vis des parents ?</B>

L?enseignant reste avant tout un enseignant. C?est aux parents de faire le premier pas, de chercher à nouer le contact. L?enseignant, bien sûr, est là pour mettre en évidence les difficultés en fonction des individus et des cas. C?est ensuite aux parents de faire un travail de fond avec l?enfant, à savoir, poser les bonnes questions : Qu?est-ce tu as aimé à l?école aujourd?hui ? As-tu tout compris ? Qu?est-ce qui t?a semblé difficile ?

L?enseignant est, quant à lui, un vecteur de savoir. C?est sûr qu?à l?école primaire, les élèves sont petits donc le professeur a aussi ce rôle de protecteur. Donc, s?il décèle une anomalie ou des difficultés chez un enfant, il en avertira évidemment les parents.

Quels sont les outils que les parents pourraient utiliser pour favoriser la réussite de leur enfant ?</B>

Rien n?empêche les parents « d?a-vancer » dans le programme avec leurs enfants. Voir les chapitres non abordés par l?enseignant peut être une bonne chose, car l?enfant aura de l?avance.

De plus, il y a toute une approche culturelle à développer : par exemple, encourager l?enfant à visionner des documentaires afin de stimuler ses connaissances, lui parler beaucoup, l?inciter à lire. Au MIE, nous disons qu?un enfant est capable d?apprendre dans n?importe quel milieu. Encore faut-il le prendre en main.

<B>L?espoir à Camp-Levieux</B>

À l?école du gouvernement de Camp-Levieux on a compris que la fatalité ne faisait pas partie des programmes scolaires? C?est pourquoi l?équipe pédagogique de l?établissement, dirigée par Elsa Geneviève se bat chaque jour pour que les élèves de cette école, classée ZEP en 2003, ne basculent pas un jour dans la délinquance. « Nous sommes conscients que l?environnement social dans lequel ils vivent est délicat, mais nous ne prenons pas cela comme un fait irrémédiable. C?est pourquoi nous nous sommes battus en binôme avec les parents pour améliorer les choses. Nous sommes sur la bonne voie et les résultats sont là. » En effet, l?association des parents d?élèves, menée avec courage par son président, Fleuriot Flore, a porté ses fruits « Nous allons directement vers les parents pour créer un pont attractif entre eux et l?école. Ils sont au courant de ce qui se passe quotidiennement, et sont donc plus concernés par le travail fourni par leurs enfants. C?est cela la clé. » C?est ainsi que le 31 mars dernier, l?école a inauguré son premier laboratoire de sciences (photo) et une médiathèque, pour le plus grand bonheur des élèves. L?école dispose aussi d?outils d?informatiques de qualité pour permettre aux enfants d?avoir un pied dans les nouvelles technologies.

■ <B>Les conseils de Nasser Beeharry, instituteur à la « Louis Dorbec RCA School » : </B>

● <B> Encadrez l?enfant</B>

C?est connu, les parents qui coopèrent le moins sont souvent ceux des élèves dits en difficulté. Pourtant, il existe un lien direct et indéniable entre l?attention que la famille accorde à l?école et la réussite scolaire. « En général, il ne s?agit pas tant d?un manque de temps des parents que de l?absence de motivation et de confiance en soi qui se transmet à l?enfant », estime Nasser Beeharry.

En offrant un meilleur encadrement, vous diminuez le risque d?échec. Pour un enfant, s?intéresser à sa scolarité, c?est s?intéresser à lui.

Le cursus ne s?arrête pas qu?aux bonnes notes : l?école est aussi l?occasion d?évoquer avec l?enfant ses amis, son instituteur, ses activités, ses rêves de métiers.

En gros : tout ce dont il n?a pas la possibilité de discuter dans le cadre scolaire.

Apprenez-lui à gérer son emploi du temps</B>

Si vous êtes d?un tempérament stressé, vos enfants le seront bien assez tôt. Pour éviter d?être continuellement sur leur dos, mettez la pédale douce. Très tôt, vous pouvez, sans pression, donner à votre enfant un rythme de travail.

« Quand il retourne de l?école, il faut lui laisser le temps de se reposer. Proposez un goûter avec des choses qu?il aime. Ensuite, en prenant compte son rythme ou de son état de fatigue, fixez une heure précise où il devra se mettre au travail. Ainsi, l?enfant sera habitué, chaque jour, à procéder ainsi, et c?est mieux que de travailler sous pression, et sans l?envie », conseille Nasser Beeharry. Vous l?aurez compris, il est inutile d?infliger à votre en-fant plus de pression. Si vous lui apprenez à fixer des limites dans ses loisirs, il acquerra de lui-même des automatismes qui lui permettront de faire ses devoirs au bon moment.

Faites preuve de méthode pour ses devoirs</B>

Pour que l?heure des devoirs ne devienne pas une séance de torture, laissez d?abord votre enfant gérer ce qu?il a à faire. « Ce n?est pas une incitation à le laisser seul le soir avec ses leçons, mais apprenez-lui peu à peu l?autonomie. Toutefois, il est impératif de vérifier son travailpour voir s?il a bien assimilé les nouveautés de la journée. Et surtout, il faut que l?enfant soit dans le calme absolu. S?il entend du bruit, il aura plus de mal à se concentrer. Et sachez que les détails les plus anodins sont pourtant les plus importants à la réussite de votre enfant », soutient Nasser Beeharry.

Par ailleurs, ne l?espionnez pas et tenez-vous toujours disponibles pour répondre à ses questions, et intervenez que lorsque votre enfant vous le demande : cela le responsabilise. Enfin, n?hésitez pas à le féliciter quand il le faut !

Rencontrez ses profs</B>

Venir régulièrement rencontrer l?enseignant, c?est encourager votre enfant, lui monter que vous vous intéressez à son travail, et surtout, lui donner l?envie d?apprendre. L?enseignant a besoin de vous et vous avez besoin de lui pour comprendre votre enfant et l?aider à réussir. Si vous le pouvez, venez voir l?enseignant avec votre conjoint. « C?est toujours mieux de connaître les parents des élèves. Ainsi, l?enfant est mieux encadré et on est à même ensemble de réfléchir sur les difficultés. De plus, la réussite à l?école dépend aussi de la bonne information des parents. Ces derniers doivent montrer de l? intérêt, car l?enseignant ne peut pas tout assumer. Il doit y avoir ce triangle : parents-enfants-enseignants pour que l?enfant mette toutes les chances de son côté pour réussir », estime notre interlocuteur. Donc, dès que vous le pouvez, rencontrez l?instituteur ou l?institutrice, et n?attendez pas que les mauvaises notes arrivent pour vous déchaîner sur l?enseignement.

● <B>Donnez un sens à ses études</B>

Pourquoi va-t-on à l?école finalement, est-ce que votre enfant le sait vraiment ? C?est à vous de le lui expliquer.

Si, à l?école primaire, la question de l?orientation professionnelle ne se pose pas encore, cela ne vous empêche toutefois pas de stimuler votre enfant pour qu?il comprenne qu?il ne travaille pas à l?école pour vous, mais pour lui.

« Auparavant, je faisais l?erreur avec mon fils Loïc de l?assister en tout, comme si je voulais qu?il fasse tout comme moi je voulais. Mais j?ai vite fait d?arrêter cette fâcheuse habitude depuis que Loïc a exprimé le désir d?être pilote. Je le laisse travailler seul, tout en vérifiant car je veux qu?il bosse pour lui et non pour me faire plaisir », explique Dorothy, la mère de Loïc. Si l?enfant exprime très tôt le désir d?atteindre un but personnel, jouez là-dessus pour l?encourager et donner un sens à tous les efforts qu?il fournit à l?école.

Soyez un exemple</B>

Si vous ne lisez jamais, votre enfant a peu de chances de le faire. Si vous passez vos journées à regarder la télé, votre enfant agira de même. La solution : il faut s?impliquer ! Bien l?accompagner dans sa scolarité, c?est aussi être un modèle pour lui au quotidien. Cela commence déjà par la façon de parler. « Si votre enfant entend en permanence des jurons, il les répétera et les communiquera à d?autres », prévient Nasser Beeharry. Diminuez également les doses de télévision, sans pour autant demander à votre enfant d?arrêter complètement de regarder les programmes qu?il adore ! Privilégiez les balades en famille, les moments récréatifs, les visites de musées ou autre activités culturelles.a

<B>À ne pas faire</B>

Si vous souhaitez que votre enfant réussisse à l?école, évitez tout discours défaitiste le concernant. Pas de sermon non plus sur ce qu?il doit faire au retour de l?école. Évitez aussi de le comparer à ses camarades ou à ses frères et s?urs qui étaient meilleurs à son âge? Votre enfant est unique, ne lui proposez pas de récompenses matérielles en échange de son travail : n?oubliez pas, votre enfant va à l?école pour lui et non pour vous ! Ne lui criez pas dessus lorsqu?il ne comprend pas quelque chose, mais expliquez-lui ce qu?il ne comprend pas dans le calme. N?hésitez pas à faire des coupures qui lui permettront de souffler et de reprendre sa réflexion dans de meilleures conditions.

<B>Surtout, n?oubliez pas?</B>

On peut aider son enfant à réussir à l?école par les actions que l?on accomplit. Ces actions parlent d?elles-mêmes, et elles peuvent avoir un effet important sur la vision qu?un jeune aura de l?importance de l?école. Allez-vous souvent aux remises de bulletins, aux réunions de parents d?élèves ? Vous informez-vous auprès de votre enfant de ce qu?il fait ou apprend à l?école ?

L?encouragez-vous à faire ses devoirs ? Favorisez-vous une ambiance de travail à la maison ? Si vous ne répondez pas par l?affirmative à ces questions, vous savez ce qui vous reste à faire?

Publicité