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Chambre 1408

18 avril 2008, 00:00

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De toutes les adaptations de romans ou nouvelles de Stephen King au grand ou au petit écran, les plus réussies sont-elles nécessairement les plus représentatives de l?univers du maître de l?épouvante ? Pour la représentativité de la nouvelle originale, comme pour le degré de réussite de son adaptation signée Mikael Håfström, Chambre 1408 se situe dans une zone de flou. Ce qui rendra plus intéressantes, voire plus animées, les discussions tripartites entre admirateurs de Stephen King, amateurs de littérature d?épouvante et cinéphiles.

Nous sommes loin de l?Amérique rurale (Maine, Massachusetts) avec toutes ses aigreurs. Cette histoire nous emmène dans un hôtel au c?ur de New York, pour une seule nuit dans la chambre numéro 1408, réputée hantée, en proie à un maléfice et même mortelle. Unité de lieu et de temps, donc ; unité d?action aussi, puisque c?est précisément dans cette chambre que Mike Enslin/John Cusack, auteur désabusé et sceptique d?un guide des meilleures maisons hantées, choisit de passer la nuit. Longtemps auparavant, Enslin avait débuté sa carrière d?écrivain en publiant un roman qui avait un réel mérite littéraire, mais qui s?est très peu vendu. Il a par la suite acquis la renommée en publiant une série d?ouvrages racoleurs. C?est ce que nous apprend le film, dans une scène aussi brève que convaincante. Ce personnage de l?écrivain cynique est assez récurrent dans l??uvre de Stephen King. On notera dans sa confrontation avec le directeur de l?hôtel (Samuel L. Jackson excellent), les propos de ce dernier qui pourraient provenir de l?écrivain lui-même, dans ce qui ressemble à un exercice d?autodérision.

Avec son jeu tout en nuances, John Cusack incarne bien ce type de personnage au début du film et une fois l?action entamée dans la chambre 1408, il parvient effectivement à changer de registre en devenant un homme aux abois. Bien qu?étant seul sur l?écran à partir de ce moment, il partage néanmoins la vedette avec la chambre et, c?est là que les avis différeront quant aux mérites du film.

Selon les propos mêmes de Mikael Håfström, Chambre 1408 a été imaginé comme le prolongement d?une séquence de Shining : celle dans laquelle Jack Nicholson dans une chambre, est en proie à ces hallucinations qui vont le mener à la folie meurtrière. L?idée est intéressante et la démarche que suit le réalisateur pour sa mise en ?uvre peut être décrite comme honnête dans le sens où celle-ci tient d?une réelle recherche d?effets dans le scénario, la mise en scène et le montage. On pourra, par exemple, apprécier la façon dont le temps est utilisé : d?abord pour titiller le héros et le spectateur à travers lui, en retardant le commencement du cauchemar d?abord par rien du tout, puis par quelques fausses alertes judicieusement et démarrant finalement la danse avec un compte à rebours. L?espace est tout aussi judicieusement utilisé, même si le fait que le 1408 soit une petite suite plutôt qu?une simple chambre facilite quelque peu les choses. Il n?empêche que le défi de l?unité de lieu est remporté et que la salle de cinéma finit par faire partie de l?espace dans lequel évolue John Cusack seul, perdu entre ses fantômes intérieurs et les vraies apparitions.

Cela dit, la peur dépendra principalement de la disposition du spectateur. Et, on pourra regretter qu?une ou deux séquences sorties tout droit de films catastrophes (comme celle de l?inondation) viennent gâcher ces bonnes intentions, avec leurs gros effets spéciaux. Mais Chambre 1408 est certainement un film honnête, avec une fin qui ne laisse pas prévoir de suite. Ce qui de nos jours, est une preuve de l?intégrité de ses auteurs.

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