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Patrimoine religieux et lieux sacrés
À travers le monde et les âges, les sociétés humaines ont constitué un vaste patrimoine associé à leurs convictions et pratiques religieuses ou à leur reconnaissance des dimensions sacrées du monde naturel qui les entoure.
Le 18 avril 2008 est l?occasion d?explorer la richesse de ce patrimoine ? à Maurice nous sommes particulièrement bénis avec nos nombreux sites spirituels de différentes religions ? temples, églises, mosquées, cimetières, lacs sacrées et bien d?autres. Leur conservation dans le monde contemporain représente d?importants défis sur lesquels il faut se pencher.
● <B>Un champ fondamental du patrimoine culturel</B>
Le patrimoine mauricien représente une grande diversité de lieux de pratiques religieuses - des bâtiments et des sites individuels, rivières, kovils ou cimetières par exemple, mais aussi des ensembles plus vastes comme les paysages et les routes de pèlerinage ? par exemple les routes vers Ganga Talao ou vers Sainte-Croix. On ne peut toutefois pas oublier les objets, les archives ou les documents et, bien entendu, les rites, les traditions et autres formes de patrimoine culturel immatériel qui participent à la réalité de ces lieux sacrés et aux pratiques religieuses qui s?y rattachent.
● <B>Patrimoine religieux et patrimoine mondial</B>
Du fait de leur importance communautaire, artistique, historique, scientifique ou anthropologique, les édifices ou sites religieux occupent une place remarquable dans la plupart des inventaires nationaux ou locaux du patrimoine culturel. Quelque 15% des sites déclarés à Maurice sont des tombes dans les cimetières. La première loi qui a protégé les biens culturels à Maurice ? le National Heritage Trust Fund Act de 1997, excluait expressément les édifices religieux. Mais en 2003 la loi fut modifiée et le nouveau National Heritage Fund Act de 2003 inclut ces biens. Plus d?une centaine d?entre eux sont inscrits sur la liste du patrimoine mondial sous une mention religieuse explicite, principalement des temples, des églises, des monastères ou des monts sacrés. On peut citer en exemple des églises : celle en bois d?Urnes en Norvège ou celle creusée dans le roc à Lalibela en Éthiopie, des temples : celui d?Angkor au Cambodge ou des monuments bouddhiques d?Horyu-ji du Japon. D?autres exemples sont la forêt sacrée d?Osun-Oshogbo au Nigéria, les Tels bibliques en Israël, le minaret de Djam en Afghanistan, le temple et cimetière de Confucius en Chine, le Mont Saint-Michel en France ou les églises de Chiloé au Chili.
ICOMOS assiste le Comité du patrimoine mondial dans la protection, de la conservation et de la mise en valeur des biens et lieux patrimoniaux. Il y a une volonté de combler les lacunes de la liste du patrimoine mondial à l?égard des sites religieux. De nouvelles questions se posent à nous, par exemple : comment traiter du concept-clé de «valeur universelle exceptionnelle» en relation avec la diversité des pratiques religieuses à l?échelle locale ou internationale? Comment évaluer l?authenticité et l?intégrité d?un site sacré actif et en mutation? Comment réconcilier les fidèles et l?intérêt touristique croissant pour ces sites? Comment prévenir les risques associés aux tensions interconfessionnelles ou à la transformation des rituels? Comment appliquer les principes généraux de conservation du patrimoine culturel à ces sites? Quels liens établir entre les conventions du patrimoine mondial et du patrimoine culturel immatériel?
● <B>Patrimoine, religions et tourisme</B>
Ce thème intéresse aussi le monde du tourisme. Depuis des millénaires, lieux sacrés et fêtes religieuses attirent les fidèles. Mettant en garde contre les effets pervers d?une attention touristique trop concentrée sur certains sites patrimoniaux vedettes, le Secrétaire général de l?Organisation mondiale du tourisme Francesco Frangialli, a rappelé que «tourisme et religions se partagent l?utilisation d?un même héritage culturel bâti dans une relation complexe, à la fois constructive et conflictuelle». Nous ne sommes pas les premiers a suggérer qu?à Maurice nous mettons un fort accent sur nos différentes fêtes religieuses dans le calendrier touristique ? elles sont un grand atout pour mettre en avant les cultures et croyances diverses de notre pays. Un think-tank au sein du ministère comme il a très bien été fait pour la «semaine du patrimoine» pourrait aboutir à une stratégie et un plan d?action dans ce domaine.
● <B>Vers un programme national sur le patrimoine religieux </B>
Etant donné que notre patrimoine bâti subit toujours des coups, c?est le moment de parler d?un programme national. Regardons autour de nous les temples qui sont en train d?être érigés en toute splendeur ? une statue géante de Shiva, et l?église de St-François d?Assise à Pamplemousses récemment restaurée. Malgré les cimetières historiques saccagés, et la destruction il y a quelques années de cela d?un des plus anciens kovils du pays à Beau-Vallon, il y a de l?espoir pour que les sites et les bâtiments religieux fassent partie d?un programme national de restauration et de valorisation. Donc, le choix du thème Patrimoine religieux et lieux sacrés pour le 18 avril 2008 pourrait aider les pays à mettre en place une telle action.
<B>Dinu BUMBARU </B> Secrétaire Général de l?ICOMOS </I> <B>Philippe de la Hausse de la Louvière</B> <I>Membre de l?Exécutif de l?ICOMOS</I>
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