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«Il faut faire attention aux OGM», dit Boolell
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«Il faut faire attention aux OGM», dit Boolell
A midi hier, lors de la session Private Notice Question (PNQ) au parlement, Arvin Boolell, ministre de l?Agro-industrie, lisait toujours sa réponse, de huit pages, à l?interpellation du leader de l?opposition. Paul Bérenger a lui-même fait ressortir : «C?est la première fois qu?un ministre n?a toujours pas terminé sa réponse dans le délai de trente minutes alloué à la PNQ.»
A propos des organismes génétiquement modifiés (OGM), sur lesquels Paul Bérenger est beaucoup intervenu ces dernières semaines, il n?y a pas eu grand débat. C?est dangereux, a déclaré le ministre Boolell, en précisant qu?il valait mieux «err on the side of caution.» «L?ère de l?alimentation bon marché est révolue», a-t-il ajouté, rappelant que Maurice ne peut pas produire le gros de ses besoins en alimentation.
Importer notre nourriture coûte Rs 18 milliards, soit 18 % des importations. Le riz, le blé, l?huile, la viande et le lait représentent à eux seuls 66 % de nos importations alimentaires. «Nous sommes tous conscients que ces produits ne peuvent être produits à Maurice, pour des raisons économiques et financières.» Par contre, «nous avons atteint l?auto suffisance en ce qui concerne les légumes, le poulet et les ?ufs». Mais même pour produire du poulet et des ?ufs, il faut du maïs, que Maurice importe.
Dans la situation actuelle, il faut réduire notre dépendance aux importations et produire davantage de pommes de terre, de maïs, d?oignons, de tomates, de lait, de poisson et de viande. Ce type de production est encouragé par le gouvernement qui met des terres à la disposition de planteurs. Mais cette initiative nécessite le développement d?infrastructures, telles l?irrigation et la recherche sur les variétés de légumes à planter. «Depuis 2000», a précisé Arvin Boolell, une grande partie des terres non cultivées sous cannes a été utilisée pour le développement foncier.
Le State Investment Trust (SIT), la Mauritius Sugar Producers Association (MSPA) et la Rose Belle Sugar Estate ont libéré 1 300 arpents pour la diversification agricole, dont l?élevage. D?autres terres seront également libérées dans d?autres régions, mais pour la production de pommes de terre et d?oignons. Une partie des 2 000 arpents de terres que le gouvernement «négocie actuellement» avec la MSPA sera aussi destinée à des projets agricoles. Certaines terres sous culture de cannes ne le seront plus dans peu de temps, a-t-il annoncé.
Mais puisque Maurice continuera quand même sa production de cannes, il faudra trouver des terres ailleurs. Le Mozambique, Madagascar et éventuellement le Zimbabwe «quand il y aura la stabilité politique, pourraient devenir le grenier de la région», prévoit Arvin Boolell.
Le leader de l?opposition, lui, s?est dit persuadé que la coopération régionale sera très importante pour nous aider à sortir de cette crise. A quoi Arvin Boolell a répondu en être conscient et qu?en ce qui concerne Madagascar, «les discussions ont lieu à un niveau politique très élevé avec le Premier ministre qui en a discuté avec le président Malgache». Mais un des problèmes qui se posent à Madagascar est «la sécurité de la terre» car, a dit le ministre, il y a des gens qui squattent là-bas les terrains de l?Etat.
En 1998, «un Mozambique desk avait été mis sur pied, mais il n?y a pas eu de suivi», regrette-t-il. Mais à la suite de sa visite dans ce pays en mars dernier, un protocole d?accord a été signé pour 5 000 hectares de terres pour la production de pommes de terre, d?oignons, de maïs entre autres.
En ce qui concerne les OGM, le ministre a déclaré : «Pour qu?une plante OGM soit utilisée comme aliment, il est impératif qu?une évaluation de sécurité soit faite.» A propos du GMO Act de 2004, voté sous l?ancien régime, seuls quelques articles ont été adoptés. Pour qu?ils le soient tous, il a fallu mettre en place des règles : «Ce qui a été fait et nous attendons de voir ce que dira le State Law Office à ce sujet ».
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