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Confessions d?une fugueuse

15 avril 2008, 00:00

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«Nou ti pran nat dan lakaz.» «Nou ti kasiet dan boi?» Voilà comment une folle idée de fugue, émise lors d?une virée à la plage se transformera en un plan bien échafaudé pour cinq jeunes habitantes des faubourgs de Port-Louis. Du haut de ses 15 ans, une des jeunes fugueuses nous raconte ces deux jours d?errance en compagnie de ses quatre cousines. Sans faire l?impasse sur les raisons qui les auraient poussées à fuir : elles auraient été victimes de maltraitance.

C?est dans une cité ouvrière des faubourgs de la capitale que nous rencontrons celle qui a accepté de nous parler. Elle est accompagnée de sa petite s?ur. Les deux filles se promènent le long d?une rivière. C?est un de leurs oncles qui nous indique où les trouver. Et de nous expliquer que la plus âgée des deux marche ainsi souvent, sans trop savoir où elle va, sans que personne ne s?en préoccupe vraiment?

Dès que nous demandons à la jeune fille les raisons de cette fuite, elle lâche : «Zot papa bat zot.» Notre interlocutrice nous expliquera ainsi qu?elle était en visite chez ses cousines depuis dimanche dernier ? cela s?est passé il y a une semaine ? et que le lendemain, elles ont décidé d?aller à la plage. Ensemble, les filles ? dont un enfant de quatre ans ? se rendent à Baie-du-Tombeau, sur la plage du Goulet.

C?est là que l?idée de la fugue aurait germé. Notre interlocutrice raconte que l?une d?entre elles aurait tout simplement émis l?idée de ne pas rentrer à la maison. Et que la proposition aurait séduit les autres. Le plan est échafaudé par les quatre jeunes filles, dont la plus âgée n?a que 15 ans.

«Nou ti pran nat pou dormi»</B>

«Nou ti retourne pou pran ban zafer», continue l?adolescente, précisant qu?en début d?après-midi, elles se rendent à leur domicile sans se faire remarquer. Une fois dans la maison en tôle, au bout d?un sentier bordé de hautes herbes, elles prennent des vivres pour le dîner et quelques affaires. «Nou ti pran nat pou dormi», dit encore la jeune fugueuse. Elles auraient ensuite quitté la maison, sans croiser d?adulte sur leur chemin.

«Nou pann retourn lamer», continue-t-elle, nous expliquant que le groupe est resté dans la cité ouvrière, se cachant dans un bois. Même une semaine après les faits, elle ne semble pas consciente de la gravité de la situation. Et ajoute, un rien crâneuse, qu?elles n?avaient pas peur.

Dans le bois où elles se cachent, les quatre filles s?organisent pour préparer leur dîner, puis s?endorment sur la natte posée à même le sol. Notre fugueuse nous assure qu?à aucun moment une autre personne ne les aurait rejointes dans le bois. Ce qui vient contredire une information qu?aurait mentionnée une de ses cousines. Du reste, deux jeunes hommes sont actuellement recherchés pour avoir passé la nuit avec elles.

Mardi dernier, dans la journée, la police interpelle notre interlocutrice. Elle est amenée au poste de police d?Abercrombie, où ses parents sont convoqués. Peu après, la jeune fille lâche le morceau et indique aux policiers le lieu où se cachent les autres filles. Leur fugue aura duré ainsi près de deux jours?

La même semaine, une autre jeune fille est rentrée chez elle après avoir fugué pendant treize jours. Agée de 14 ans, elle est restée sur les plages de l?Ouest en compagnie de son petit ami, âgé de 19 ans.

Dans les deux cas, les jeunes filles ont été examinées par un médecin légiste. La police et la Child Development Unit ont aussi ouvert des enquêtes afin de mieux comprendre ce qui a poussé les jeunes filles à quitter le toit familial.

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