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Annie Cadinouche, amour toujours

14 avril 2008, 00:00

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Capturer l?instant. D?un baiser. D?une confidence. D?une déclaration. Dans tous les cas, baigner dans le bonheur des autres. Et y trouver le sien.

«Ses» amoureux, Annie Cadinouche ne les connaît pas. Mais le lien qui les unit à elle traverse les époques. De Port-Mathurin à New York, de Port-Louis à Montréal jusqu?à Paris et Venise, la photographe n?a eu d?yeux que pour eux. Les amoureux des bancs publics, des parcs, des rues et des quais.

En tout, une vingtaine de clichés exposés à la salle polyvalente de l?Alliance française à Bell Village jusqu?au vendredi 25 avril.

«Je ne me cache jamais», affirme-t-elle, quand on lui demande si ces photos sont volées, si les couples ainsi immortalisés ont donné leur accord. Sa méthode de travail est toujours la même. Arriver quelque part. Sortir son appareil et le poser sur ses genoux. «Si je vois que les visages s?assombrissent, je ne fais rien.»

Annie Cadinouche raconte qu?elle a assez de patience pour rester deux heures rien qu?à regarder. Pour mieux revenir le lendemain. Ses meilleures photos étant celles réalisées, «quand les gens oublient que je suis là».

Surtout ne pas gêner. Ni embarrassé. Ces âmes embrassées. Car s?immiscer verrait s?envoler l?instant d?éternité. C?est bien de cela qu?il s?agit. Les amoureux d?Annie sont hors du temps. Dans leur bulle. Dans leurs projets. Leurs querelles. Leur intimité qui déborde de leurs c?urs pour s?exprimer à la vue de tous.

A chaque photo une histoire

Le langage universel de l?amour. C?est de cela que parlent les photos d?Annie Cadinouche. Des mains jointes. Des yeux perdus dans le regard de l?autre. Des bouches qui goulûment se goûtent. Et qu?importe si, quasiment perchés sur les épaules d?un couple, photographiés neuf mois après le 11 septembre 2001, se tiennent deux policiers surveillant les alentours, comme sur cette photo prise à New York, à cinq minutes de «Ground zero». Qu?importe si ces embrassades attirent sur les amoureux les regards désapprobateurs des bien-pensants.

Chacune des photos de cette exposition a une histoire. Que l?enthousiasme d?Annie Cadinouche restitue avec vivacité. Faisant d?un coup s?animer les personnages figés à jamais. Avec elle, on s?attendrit sur ces tourtereaux pudiques juxtaposés à un couple déjà installé dans la vie. Le contraste est frappant. Elle, toute timide, qui a l?air de se demander ce qui va se passer l?instant d?après. Lui, avec la pose d?un conquérant. «A chaque fois qu?il allait l?embrasser, elle perdait ses chaussures sous le banc», se souvient Annie. Et à côté, deux vies tranquilles. Aux réponses en suspens.

En couleur ou en noir et blanc. Annie aime ses amoureux. Que ce soit ceux qui flirtent sur l?obus d?un porte-avions amarré à quai, ceux qui se roulent dans l?herbe ou les plus réservés, qui se tiennent simplement l?un à côté de l?autre. Un travail réalisé sur douze ans de voyage. Par Annie Cadinouche, journaliste à l?express de 1969 à 1974. Après avoir été responsable de Virginie, magazine féminin, elle fut responsable de communication pour le compte du service culturel de l?ambassade de France.

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