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OGM : le débat est lancé

14 avril 2008, 00:00

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Organismes génétiquement modifiés ? OGM. C?est une appellation autour de laquelle les débats sont vifs à travers le monde, surtout dans le domaine de l?alimentation. Si les OGM inquiètent, ils sont aussi perçus comme un moyen d?assurer la sécurité alimentaire. Avec la dépendance de Maurice aux importations, l?achat de produits alimentaires OGM, ainsi que leur production, suscite de l?intérêt aussi bien que des interrogations. Lors de la conférence de presse du MMM, samedi, Paul Bérenger, leader de l?opposition, a placé dans l?actualité le sujet des OGM.

«Les OGM sont en train de prendre de plus en plus d?importance et nous sommes dramatiquement en retard», soutient Paul Bérenger. Il souligne qu?à «ce jour, 23 pays utilisent, surtout dans l?agriculture, les techniques OGM, dont les Etats-Unis, le Canada, l?Inde, la Chine, le Brésil et l?Afrique du Sud». Il relève aussi que la surface mondiale cultivée sous OGM a connu une augmentation de 12 % et atteint aujourd?hui les 114 millions d?hectares. Il évoque le potentiel que représente la culture du «riz doré» pour les marchés de la zone Afrique.

«National Biosafety Committee»

S?il estime que les OGM peuvent être un outil à utiliser face à une crise alimentaire, Paul Bérenger insiste cependant sur une approche précautionneuse. «Il faut prêcher par précaution plus qu?autre chose concernant les OGM.»

Le leader du MMM met l?accent sur le manque de lois par rapport aux produits OGM. «En mars 2004, le gouvernement MMM ? MSM avait avancé une loi, le Genetically Modified Organisms Act (GMOA). La loi a été votée et proclamée le 30 décembre 2004, mais seulement jusqu?au paragraphe 6 (c). (?) La situation actuelle c?est que les gens peuvent faire ce qui leur plaît, c?est libre à tous et c?est ce qui est extrêmement dangereux. Il est possible d?importer, de mettre en vente sans libeller et même de produire des OGM.» Or, les articles qui n?ont pas encore été proclamés sont ceux qui ont trait aux mesures de contrôle par rapport à l?importation, la vente et la production d?OGM. Dans cette partie non proclamée figure aussi la mise sur pied d?un National Biosafety Committee, qui chapeauterait la présence d?OGM sur le marché mauricien.

Lorsque le projet de loi sur les OGM était discuté, l?étiquetage était une préoccupation majeure. Le fait de libeller des produits OGM en tant que tel n?est pas obligatoire à Maurice. Si un produit acheté est OGM, il n?y a aucune façon pour le consommateur de le savoir.

Paul Bérenger soutient que lorsque la loi était présentée au Parlement les «membres de l?opposition d?alors avaient souligné que des produits OGM étaient déjà en vente sans étiquetage». Il justifie le fait que la partie restante du GMOA n?ait pas été proclamée par la proximité, à l?époque, des élections générales. Il annonce cependant que sa prochaine Private Notice Question sera probablement sur le thème des OGM.

La question des OGM ne doit pas être abordée de manière politique. Lui-même dit ne pas souhaiter le faire. «Sur ce sujet, il ne s?agit pas de marquer des points politiques. Il faut pouvoir trouver un consensus.» Il préconise une approche unie, par divers acteurs. «Le gouvernement, l?opposition, le secteur privé et les petits planteurs doivent travailler ensemble sur ce dossier, aussi bien par rapport à Maurice que par rapport à la région.» Une telle cohésion, pourrait créer une autre perception d?initiatives éventuelles à Madagascar.

Risques sur la santé

Sur la scène internationale, en particulier en Europe, le débat concernant les OGM fait rage depuis des années. Les risques que comportent les OGM sur la santé et l?environnement sont source de discorde. Ceux qui sont en faveur des OGM font ressortir qu?ils permettent d?assurer la sécurité alimentaire et d?adapter les cultures afin qu?elles soient résistantes aux épreuves, dont celles du climat, et soient productives. Les détracteurs des OGM préviennent, quant à eux, contre le manque de recherche, sur le long terme, par rapport aux potentiels dangers que pourraient représenter la consommation et l?utilisation d?OGM.

A Maurice, le Mauritius Sugar Industry Research Institute a déjà fait de la recherche sur les OGM pour la canne à sucre.

DEFINITION

Qu?est-ce que c?est ?

Les organismes génétiquement modifiés (OGM) sont ceux dont le patrimoine génétique a été modifié de manière non naturelle. Dans beaucoup de cas, les organismes sont modifiés en ajoutant une partie d?ADN (acide désoxyribonucléique) qui n?est pas propre à eux. Les applications des OGM se trouvent surtout dans les domaines de la santé et de l?agriculture. Les gènes animaux sont eux aussi sujets à la modification génétique. Par exemple, la brebis Dolly, clone, avait été génétiquement modifiée.

Dans le monde végétal, plusieurs denrées OGM sont déjà commercialisées dans différents pays, notamment le maïs, le soja, le riz, la tomate, les pommes de terre et le tabac.

HISTORIQUE

De la bactérie à la tomate

1972 : L?Américain Paul Berg obtient avec son équipe une bactérie OGM.

1978 : Un gène humain est introduit dans une bactérie pour produire de l?insuline humaine. L?insuline utilisée aujourd?hui dans le traitement du diabète est produite à partir d?OGM.

1982 : Le premier animal génétiquement modifié est obtenu : une souris géante ayant reçu le gène de la croissance hormonale.

1983 : Le premier végétal génétiquement modifié est obtenu : un plant de tabac capable de résister à un antibiotique.

1990 : Un produit alimentaire OGM, la chymosine, est commercialisé aux Etats-Unis et au Canada.

1994 : La première tomate OGM est commercialisée. Conçue pour rester ferme plus longtemps, elle était trop chère et était jugée fade.

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