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Ravin Unthiah, la fibre de l?hôtellerie
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Ravin Unthiah, la fibre de l?hôtellerie
Règle n° 1 : l?accueil. Voilà un mot récurrent dans le circuit hôtelier, et dont il est l?archétype. Le sourire aux lèvres, un homme élégant nous reçoit et nous guide à l?intérieur de La Plantation, à Balaclava. Ses mots se conjuguent à un ton aimable et à une grande humilité. On y déchiffre aussi un grand dosage de passion pour l?hôtellerie, secteur qu?il a embrassé à l?âge adulte et qui a d?ailleurs fait son succès aujourd?hui. Car Ravin Unthiah est désormais le nouveau directeur de l?établissement hôtelier du groupe Apavou. Et son esprit fourmille déjà d?idées. Déterminé, il a déjà pris plusieurs mesures pour redorer le blason de La Plantation. « Je veux que l?hôtel devienne le fleuron du groupe », confie-t-il.
Et il est bien parti pour !
Flash-back. Assis dans un fauteuil mariant les tons crème au marron, l?homme se remémore ses débuts. Enfant, il a grandi dans une famille modeste de huit enfants dans le village de Cottage. Apassee, son père, est laboureur, et sa mère, Poushpa, travaille dans le verger du château Labourdonnais. Ravin Unthiah est le benjamin de la famille. « À l?époque, les temps étaient durs. Le seul luxe que nous pouvions nous offrir était des côtes d?agneau le samedi et du poisson le dimanche. On ne pouvait pas faire mieux », raconte-t-il.
Étudiant au collège Trinity, Ravin Unthiah ne peut poursuivre des études supérieures, faute de moyens financiers.
Il doit également renoncer à son rêve d?enfant, celui d?être médecin. Il aide donc sa mère dans le verger et y travaille aussi pour gagner la modique somme de Rs 5 par jour. Un souvenir de ces dures journées de labeur vient toutefois éclairer son visage. Celui d?un manguier qu?il avait mis en terre et qui y est toujours.
En 1986, Ravin Unthiah se tourne vers l?hôtellerie. Il rédige des lettres de motivation et les envoie dans une dizaine d?établissements. Il est bientôt appelé par les responsables du Royal Palm où il sera serveur à la cantine de la direction.
Règle n° 2 : l?assiduité. Ambitieux et travailleur, Ravin Unthiah est sans conteste une personne assidue. Il suit conjointement une formation et passe les examens trois mois plus tard. Il intègre alors le service au restaurant principal de l?hôtel, en passant par le restaurant gastronomique et le bar. Il y travaillera pendant trois ans, pour un salaire mensuel de Rs 825 !
En 1989, Ravin met le cap sur le Nord pour le Grand-Gaube où il devient maître d?hôtel et superviseur de bar. Mais il lui arrivera une belle mésaventure dans cet hôtel. « Le 31 décembre, un ami m?a poussé dans la piscine pour plaisanter. Bien que je sache nager, j?étais tellement fatigué durant cette période que je suis finalement tombé dans les pommes. Et j?ai passé le nouvel an sur un lit d?hôpital aux soins intensifs ! Heureusement, j?ai pu rentrer le lendemain », confie-t-il en souriant.
Dans les années 90, Ravin Unthiah franchit les horizons. Il va travailler au Galawa Beach Hotel, aux Comores, où il débute comme Assistant Restaurant Manager, et forme aussi le personnel. Il fait des stages en Afrique du Sud et revient ensuite comme Restaurant Manager aux Comores. En 1993, il rentre à Maurice et se joint à la direction du restaurant du Touessrok.
Deux ans plus tard, Ravin reçoit un gros pourboire d?un client pour son équipe composée d?environ 70 personnes. « Pour ne pas avoir à diviser cette somme par 70 et donner environ Rs 17,50 à chacun, j?ai acheté des billets de loterie verte. Et coup de chance, je détenais le billet gagnant de Rs 5 millions. J?ai quand même redistribué les 5 millions aux 70 personnes de mon équipe », souligne-t-il.
À cette même période, Ravin Unthiah reçoit une distinction, celle de Best Service Employee de la MEPZA Quality Award.
Il embarque ensuite pour le Singapour et enchaîne les stages en restauration, ainsi qu?un diplôme en Hotel Management.
L?art d?innover
Chemin faisant, sa détermination le mène à croiser la règle n° 3 : l?innovation. Ravin Unthiah maîtrise l?art d?innover. L?homme ne se cantonne pas seulement à la restauration, mais cible aussi d?autres créneaux. De retour au Touessrok, il développe un concept de pique-nique sur l?îlot Mangenie. Un vrai succès. Il découvre également le sabrage de champagne avec la Confrérie du sabre d?Or. En l?an 2000, il rejoint le groupe Naïade Resorts comme Assistant Hotel Manager au Beau-Rivage et responsable du Food and Beverages. Mais Ravin Unthiah, qui veut se jeter dans les méandres de l?hébergement, enfile l?uniforme de cleaner et de valet pour bien comprendre les rouages du métier. Des étapes importantes pour devenir un jour directeur.
Deux ans plus tard, Ravin Unthiah reçoit l?Outsanding Manager Award. Il gravit les échelons dans la direction et devient le numéro 2 au Legends, hôtel du groupe qui est doté d?un concept feng-shui. Ce concept aiguise sa curiosité et il décide donc de suivre une formation et même un diplôme en Malaisie. Par ailleurs, Ravin a été récompensé pour sa contribution dans le tourisme par le président de la République. Il a aussi introduit le sabrage à l?hôtel.
Ensuite, Ravin Unthiah crapahute aux Maldives pour diriger le White Sands Resort et chapeauter un autre établissement cinq étoiles. Et lorsqu?il revient au pays, il rejoint cette fois-ci le groupe Apavou pour diriger La Plantation. « C?est un nouveau défi, je veux partager mon savoir-faire pour qu?on apporte des touches innovatrices qui sont un atout. Par exemple, nous avons fait aménager des aquariums télécommandés dans les suites, des hamacs près de la rivière et nous sommes les seuls à en posséder une. Nous offrons également des lunettes de lecture aux personnes âgées. Nous avons aussi disposé plusieurs coins offrant divers services pour rendre le séjour des clients étrangers et mauriciens plus agréable », indique-t-il. Et d?ajouter qu?il compte développer plusieurs marchés périphériques, notamment l?Inde et la Hongrie.
Satisfait aujourd?hui d?être directeur d?hôtel ? Oui, son v?u est exaucé, mais il continue à s?atteler à la tâche. D?où lui vient donc sa force ? « C?est simple, je suis passionné, j?aime ce que je fais, innover, créer. C?est un milieu compétitif où il faut toujours se distinguer. On ne peut se contenter de ce qu?on a fait hier, il faut se concentrer pour faire mieux demain. » Aussi, Ravin Unthiah est à l?affût de chaque amélioration possible, au confort du client et du personnel. « D?ailleurs, nous sommes une bonne équipe à 100 % mauricienne au niveau de la direction. Nous travaillons dans la synergie », ajoute-t-il.
Le directeur porte son personnel dans son c?ur et travaille d?arrache-pied au lancement de l?Apavou Development and Learning Centre qui se destinera à la formation. « La formation est importante. Il faut la démarrer le plus tôt possible, au collège, mais aussi à travers les centres de formation. »
Sa force, Ravin la puise aussi auprès de son épouse, affectueusement appelée Fille, et ses deux enfants, Elvin, 18 ans et sa fille, Eny, 14 ans, qui incarnent son rempart de soutien. Car l?hôtellerie, ce n?est pas de tout repos et cela nécessite en moyenne quatorze heures de travail au quotidien. Mais grand passionné qu?il est, Ravin Unthiah continuera son petit bonhomme de chemin. Il n?est d?ailleurs plus novice en la matière et marchera certainement pendant encore longtemps sur les pas du succès.
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