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La farine de la discorde

6 avril 2008, 00:00

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La pénurie de farine n?allait pas durer. La solution devait venir avec l?intervention de la Chine. Mais trois mois après le début de l?année, l?importation de farine constitue un des plus gros défis auquel la State Trading Corporation (STC) est confrontée.

L?optimisme a, en effet, volé en éclats avec la décision de la Chine d?interdire, dès janvier, l?exportation de cette denrée à partir de son territoire. La Turquie a alors sauvé Maurice d?une rupture de stock certaine.

Cependant, la STC peine à faire accepter cette farine. « Je n?ai pas de problèmes avec la farine importée de Turquie, et qu?on appelle farine rouge, mais avec celle qui est jaune, il en va autrement », explique Mala-watee Lochee, directrice de la boulangerie et de la pâtisserie de Sainte-Croix.

Tout en reconnaissant la bonne qualité de la farine turque, un autre boulanger, qui a choisi de garder l?anony-mat, exprime tout de même des réserves. « Je suis convaincu que c?est une farine de très bonne qualité. Toutefois, je ne comprends pas pour quelle raison on n?obtient pas un bon produit fini. Je me demande si le problème ne résulte pas des conditions de stockage de cette farine. »

Stockée dans de bonnes conditions</B>

Ranjitsingh Soomarooah, directeur général de la STC, rejette les allégations concernant la qualité de la farine turque. « Nous n?avons reçu aucune plainte jusqu?ici. En revanche, nous sommes en présence de résultats des tests effectués sur la farine importée de Turquie auprès des boulangeries. Ces tests ont confirmé que ladite farine est de bonne qualité. »

Notre interlocuteur affirme que cette denrée est même stockée dans de très bonnes conditions. « La STC a une expérience de 25 ans dans l?importation, le stockage et la distribution de farine. Et depuis tout le temps, la farine achetée est conservée soit sur palettes, soit sur des tapis en plastique. »

Une gestion complexe</B>

La gestion du dossier d?approvisionnement en farine est donc complexe, pour ne pas dire paradoxale. Le pays dispose, en effet, d?une minoterie, celle des Moulins de la Concorde Ltée (LMCL), mais s?approvisionne aux termes d?un appel d?offres international. LMCL peut, certes, prétendre décrocher un contrat pour fournir la moitié de nos besoins, mais elle doit toutefois faire la démonstration qu?elle est aussi compétitive que les soumissionnaires étrangers. Autre-ment, ses offres sont rejetées, au risque de mettre en péril sa raison d?être.

En 2007, les limites de ce système ont toutefois été mises au grand jour. Esti-mant que les prix proposés par LMCL, l?unique soumissionnaire, étaient élevés, le gouvernement a cherché d?autres alternatives.

Au moment de signer le contrat pour l?achat de 100 000 tonnes de farine auprès de la Zhengzhou Jinyan Flour Co. Ltd, la STC a, tour à tour, fait face à des critiques à l?encontre du produit chinois, aux restrictions d?exportation imposées par la Chine, et enfin à une remise en cause de sa décision initiale de rejeter les offres de LMLC en lui octroyant un contrat pour fournir 47 000 tonnes de farine.

Rajesh Jeetah, le ministre du Commer-ce, se veut pourtant rassurant. « Notre stock durera jusqu?à juin », a-t-il indiqué lors de la séance de questions-réponses de l?Assemblée mardi dernier. « La STC prospecte pour assurer l?offre. De plus, elle a signé des accords avec l?Inde et le Pakistan. » Souhaitons que nous ne nous fassions pas? rouler dans la farine?

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