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Poison, monstre, inhumain : Bérenger vu par le PSM

1 avril 2008, 20:00

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Avant la désignation du deuxième gouvernement d?Anerood Jugnauth (voir l?express d?hier), l?assemblée des délégués du MMM ratifie, le 27 mars 1983, au collège New Devton, rue Meldrum, Beau Bassin, par 191 voix sur 196, la rupture de l?alliance MMM-PSM, préconisée par le comité central mauve, la veille. Pendant ce temps, le PSM tient un meeting public, à la place de la Gare, Quatre-Bornes. Le Militant qualifie ce rassemblement politique de «spectacle de bassesse». L?express présente ses excuses à ses lecteurs de ne pouvoir rapporter en détails les propos des différents orateurs du PSM, en raison de la nature insultante et diffamatoire de certains d?entre eux. Le Socialiste ne se gêne guère, de son côté, pour reprendre, en détails, ces propos traduisant si bien la hargne anti-Bérenger du PSM.

En gros, Harish Boodhoo trouve que Bérenger est un robot inhumain, ne sachant qu?aligner les grands et petits zéros, incapable de comprendre quoi que ce soit de la souffrance des ti-dimoune. Pire encore, il l?accuse de ne pas croire en Dieu. C?est dire le niveau du débat politique à Maurice. Kishore Deerpalsingh va plus loin en le qualifiant de «poison», bon pour la poubelle politique. Le Dr Rohit Beedassy dit qu?après neuf mois de gouvernement MMM-PSM, il estime assister à la naissance d?un «monstre» politique. La plupart des orateurs du PSM souhaitent ardemment la disparition de Paul Bérenger de la scène politique, souvent qualifié de «dictateur» et de «leader des démissionnaires».

Harish Boodhoo avoue que sans Anerood Jugnauth, il n?aurait jamais accepté de faire alliance avec le MMM de l?affaire Sheik Hossen, des champs de canne à sucre brûlés, des grèves sauvages de 1971 et de 1979, de l?explosion de transformateurs électriques, du hold-up de Magenta. Il dément que son PSM puisse être un parti communaliste. Il laisse volontiers, au MMM, les magouilles du communalisme scientifique. Il nie également pouvoir mettre un bâton dans les roues de la machinerie gouvernementale MMM car son parti ne compte plus que 16 députés sur 60 et seulement trois ministres sur 19. Il déclare son PSM innocent, dans toutes les crises, secouant le gouvernement MMM-PSM, depuis le 11 juin 1982. Jugnauth reconnaît d?ailleurs l?innocence du PSM et le proclame. Il rapproche volontiers l?élimination du tandem Jugnauth-Bhayat à celle de la paire Jeerooburkhan-Seereekisson. Il accuse le MMM d?avoir voulu l?éliminer, à la tête du PSM, pour mettre à sa place Kailash Ruhee. Il attribue aux milieux MMM, la phrase assassine qu?on colporte sur son compte, pendant sa tournée d?information aux Etats-Unis : Vermine là pé traîné ! A l?en croire, seuls les ministres mauves auraient le droit de voyager aux frais de l?Etat. Il accuse certains ministres MMM de voyager autant qu?Harold Walter.

Il révèle que Jugnauth a tout fait pour satisfaire les exigences de certains ministres MMM. Mais peut-on rassasier un rapace ? demande-t-il. Pendant la suppléance de Bérenger au poste de Premier ministre, la police matraque des syndicalistes et des femmes devant l?Hôtel du Gouvernement. Des tentatives de déstabilisation de la MBC ont lieu. Définitivement, au sein du MMM, certains ont des difficultés à accepter l?autonomie du judiciaire et les exigences de la démocratie. Boodhoo considère Bérenger trop dangereux même pour le MMM. Il allègue que certains au MMM étaient au courant de l?éventualité d?un coup d?Etat aux Seychelles avant la date du 5 juin 1977.

Boodhoo allègue que Bérenger fuit devant ses responsabilités ministérielles parce qu?il craint l?impopularité de la présentation d?un deuxième budget d?austérité. Il maintient ses allégations concernant l?existence d?une milice populaire et de l?entraînement de 150 karatékas (bonne nouvelle pour le sport mauricien).

Deerpalsingh est d?avis que si des activistes MMM s?en prennent à Jugnauth et à Ramsewak, c?est parce que ces derniers osent dire «non» à la tyrannie, au sein de leur parti. Il s?en prend à ceux qui veulent «affamer le peuple» en proposant la réduction de la ration quotidienne de riz de 225 à 175 grammes par personne. D?où le conflit d?octobre 1982 entre Bhayat et Bérenger. Il accuse ce dernier d?être devenu l?otage du FMI et de la BM. «Maurice s?écroule sous le poids de Bérenger. Les malheureux s?enfoncent dans la misère et les capitalistes jubilent».

Rohit Beedassy s?étend sur l?héritage de Bérenger : Sales Tax de 5% (devenue aujourd?hui TVA à 15%), Stamp Duty, hausse des prix du riz et de la farine, des tarifs d?eau (mais pas d?électricité), concession de Rs 57 millions au Sucre, sous forme de réduction (de 24% à 21%), de la taxe de sortie (aujourd?hui inexistante).

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