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Méfiez-vous des contrefaçons !

29 mars 2008, 20:00

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L?occasion était trop bonne. Une crème écran total de la marque Avène vendue à moitié prix, ça ne se refuse pas. De plus, la de-moiselle sait utiliser les arguments qu?il faut pour convaincre. Vite ! On règle l?achat et on se réjouit d?avoir fait une bonne affaire. Le hic, c?est que Lydia (prénom fictif), employée d?une compagnie d?assurances, vient de se faire rouler dans la farine. Mais elle le découvrira trop tard, en ouvrant le tube de crème.

« La texture était étrange. Et j?ai remarqué, bien après, le texte bourré de fautes d?orthographe sur l?emballage », devait-elle confier à Stéphane Desvaux, le directeur de la Société Desvaux de Marigny et Cie Ltée (SDDM), distributeur exclusif des produits Pierre Fabre à Maurice.

Mais il était trop tard. Avant la parution d?un communiqué, en fin de semaine dernière, alertant le public sur les agissements de la fausse « représentante commerciale », cette dernière avait eu le loisir de berner une poignée de femmes employées dans la capitale? avant de mettre les voiles. Aux dernières nouvelles, ces produits con-trefaits ont trouvé leur chemin à la foire de Quatre-Bornesn, de même qu?à celle de Goodlands, souligne un cadre de la SDDM.

Vendus à même le trottoir

Ce n?est ni la première, ni la dernière fois, que des produits dermo-cosmétiques et cosmétiques haut de gamme sont les cibles des faussaires. « Il est impossible de connaître la provenance de ces articles. Hormis les fautes d?orthographe sur l?emballage, le reste est bien imité. Mais ce qui met la puce à l?oreille c?est l?indice de protection SPF90 + qui n?existe pas dans la gamme offerte. Mais pour ceux qui ne le savent pas, ce n?est pas évident de distinguer le vrai du faux », signale Stéphane Desvaux.

Car on est face à des articles de luxe plus vrais que nature, qui imitent jusqu?aux codes-barres et autres vignettes d?authentification que les fournisseurs posent sur l?emballage. Comment ne pas en perdre son latin ? À moins, alors, de bien ouvrir l??il. « Cela fait quatre ans que ce phénomène s?est amplifié », confie Daoud Ingar, le directeur général de Mado Parfums.

Noël, le nouvel an, ou encore la fête des Mères, sont un véritable cauchemar pour les six succursales de la société. Les parfums Lancôme, Chanel, Dior, et d?autres sont vendus à Rs 300 à même le trottoir. Et parfois, au nez et à la barbe des autorités. « C?est encore plus embêtant quand ces escrocs ont le toupet de se faire passer pour des représentants de la compagnie. Les gens sont leurrés par l?emballage qui est parfois d?excellente facture. Mais pour ce qui est de la fragrance, c?est une autre histoire », explique Daoud Ingar.

Il faut dire que durant sa carrière, ce dernier en a vu des vertes et des pas mûres. Ainsi, il se souvient de cette dame, scandalisée, qui s?est présentée avec un parfum contrefait au comptoir d?une des boutiques Mado. « Elle s?est étonnée de constater que le parfum qu?elle avait payé Rs 300 dans la rue ne sentait pas vraiment bon. Nous avons dû lui dire qu?elle s?était fait plumer en acceptant d?acheter un produit de luxe sur le trottoir. Par la suite, nous avons eu la visite de plusieurs personnes qui s?étaient retrouvées dans la même galère. Je pense qu?il est grand temps d?éduquer les gens sur les produits contrefaits. » Il souhaite également des actions plus fortes de la part des autorités pour damer le pion aux faussaires.

C?est là une nécessité, surtout quand on sait que la contrefaçon menace la santé et la sécurité des consommateurs. Car tout produit contrefait présente, en effet, de nombreuses incertitudes quant à son origine et à ses qualités. Pour les cosmétiques et les parfums, les contrefacteurs utilisent souvent des produits chimiques dangereux pour la peau. N?ayant fait l?objet d?aucun test dermatologique, ils causent parfois de sérieuses allergies.

Plusieurs milliards de roupies

Mais les fournisseurs agréés au-raient bien aimé mettre un chiffre sur l?impact de ce phénomène sur la vie économique. « Difficile d?évaluer les parts de marché qu?ils font perdre à notre entreprise, puisqu?aucune enquête n?a été effectuée. Nous sommes incapables de dire quel volume de faux produits est écoulé chaque année », constate Daoud Ingar.

C?est donc le flou total. Par ailleurs, la lutte anti-contrefaçon représente, pour les entreprises, des dépenses importantes, que ce soit pour enquêter ou pour agir en justice. « Tout dépendra de l?ampleur de la contrefaçon », explique Marcel Lapierre, Head of Intelligence & Operations de Fakebusters Co. Ltd, qui représente une trentaine de clients locaux et internationaux.

Pour les entreprises locales et étrangères, la contrefaçon représente ainsi un manque à gagner annuel estimé à plusieurs milliards de roupies. « Elle touche bon nombre de produits. Non seulement la contrefaçon ternit l?image des grandes mar-ques, mais elle peut aussi entraîner des con-séquences tragiques. Par exemple quand il s?agit de pièces de voitures, de produits pharmaceutiques ou encore de jouets fabriqués sans le respect des normes de sécurité », poursuit Marcel Lapierre.

En cas de défaillance ou d?accident dû à l?utilisation d?un tel article, le con-sommateur est, en outre, dans la quasi-impossibilité de faire valoir ses droits et d?obtenir réparation. Vous y réfléchirez donc à deux fois avant de vous laisser tenter par une offre alléchante.

ASTUCES POUR DEMELER LE VRAI DU FAUX

Le lieu de vente

Un parfum Chanel, vendu à même le trottoir. Voilà un lieu incongru pour écouler un produit de luxe.

Ce qui devrait alerter n?importe quelle personne sensée quant à sa provenance et à sa qualité. Pourtant, nombreux sont ceux qui se font berner. Première règle donc : pour des achats de ce type, privilégiez toujours des commerces officiels.

La qualité du produit

Ouvrez l??il et le bon. Les produits haut de gamme attachent une grande importance à la finition, à la symétrie des lignes, aux matériaux employés, et à la robustesse du tissu.

Au moindre doute, refusez d?acheter.

Le prix

Un article de sport vendu à moins de la moitié de son prix réel ? Cela devrait vous alerter.

L?étiquetage et l?emballage

Des fautes d?orthographe et une mauvaise qualité d?impression sont souvent des indices de contrefaçon.

De même, un emballage qui ne correspond pas à la qualité du produit est un signe qui ne ment pas. Il y a beaucoup à parier que ce produit dit « de luxe » ne soit qu?une pâle imitation.

Attention aux ventes en ligne

Les sites d?enchères en ligne ne sont pas sans risques. Si possible, il vaut mieux s?assurer de la localisation géographique du vendeur. Le montant de la livraison et les frais de port sont de bons indicateurs.

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