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La météo : «Il était impossible de prévoir les pluies torrentielles»
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La météo : «Il était impossible de prévoir les pluies torrentielles»
De grosses pluies jusqu?à vendredi. Telle était la prévision de la météo mardi. Mais les conditions climatiques ont vite dégénéré. Mercredi, plusieurs maisons et des écoles ont été inondées par des pluies torrentielles qui se sont abattues sur l?île. La météo pouvait-elle le prévoir ?
«A 6 heures mardi, nous savions que le temps serait pluvieux avec de grosses averses. Par grosses averses, je veux dire des pluies nourries. C?est déjà intense», lâche Balraj Dunputh, l?Acting Director de la station de Vacoas. Celle-ci explique qu?elle ne pouvait prévoir un risque de pluies torrentielles.
«Il n?était pas possible de prévoir des précipitations de 150 mm en 4 heures», avoue Balraj Dunputh. Il ajoute que «nous ne pouvions pas employer le terme pluies torrentielles avant que celles-ci ne satisfassent le critère des 100 mm d?eau et plus». Vers 8 heures, la météo n?a parlé que de grosses pluies et ne pouvait prévoir que celles-ci deviendraient vite torrentielles.
«Nous nous sommes réunis en comité et avons pris la mesure des événements. Ce n?est qu?après 11 heures que nous avons constaté des pluies torrentielles. Nous attendions donc de grosses pluies, mais devions attendre que les relevés faits dans toute l?île indiquent plus de 100 mm de pluies pour émettre l?avis de pluies torrentielles», précise Balraj Dunputh.
Ces pluies étaient-elles imprévisibles par défaut d?équipement ? «Absolument pas. Dans les pays les plus développés, les pluies dévastatrices et les inondations surprennent malgré les gros moyens techniques.»
Prem Goolaub, prévisionniste, abonde dans le même sens : «En tant que scientifique, tout ce nous devons dire est objectif.»
Un éclairage intéressant est apporté par un ancien haut fonctionnaire: «Parmi les fonctionnaires, il y a ceux qui parlent et ceux qui hésitent. Certains préfèrent s?abriter derrière un langage technique. Les ministres intimident les fonctionnaires. On dit qu?un directeur de la météo ne reçoit d?ordre de personne, mais est-il à l?abri des pressions ?»
«Je ne blâme pas la météo»</B>
Le ministre de l?Education, Dharam Gokhool, avoue quant à lui «avoir été pris de court. Lundi, les informations qui nous étaient parvenues étaient qu?il y aurait de la pluie mais pas autant. Nous sommes restés en contact avec la météo».
A-t-il commis une erreur de jugement en ouvrant les écoles ? «A quatre heures du matin, vous ne pouvez pas établir une situation générale pour l?île entière. Les enfants étaient sous la responsabilité du corps enseignant qui avait reçu des consignes précises. Je ne blâme pas la météo. Il faut revoir le dispositif concernant les pluies torrentielles. En pareille situation, il faudra aussi être en relation avec les compagnies de transport et la police». Face à la mort d?une adolescente à Mon Goût, le ministre a tenu à préciser qu?«il n?était pas dans mon intention de minimiser la perte d?un enfant. Si telle est la perception, je m?en excuse».
<B> Olivier MASSON</B>
<B>L?opposition : «Gokhool doit démissionner»</B>
■ Le leader de l?opposition, Paul Bérenger, a réclamé hier la démission du ministre de l?Education, Dharam Gokhool. C?est à la suite d?une réunion du bureau politique du MMM que Paul Bérenger a annoncé sa décision de demander au ministre de tirer les leçons du drame survenu mercredi dernier : les pluies torrentielles ont provoqué la mort de deux personnes et la disparition de deux autres. Qualifiant d?abord l?attitude du ministre Gokhool «d?irresponsable» et de «dangereuse», il va plus loin en accusant ce dernier d?avoir une «responsabilité directe » dans les événements tragiques de mercredi. Il a aussi déploré une déclaration du ministre sur une radio pour minimiser la mort d?une collégienne en disant qu?il y a 350 000 élèves qui sont tout de même rentrés sains et saufs à la maison après la fermeture des écoles. C?est «adding insult to injury», a-t-il allégué en expliquant qu?une insulte est faite à la mémoire de la jeune fille décédée, à ses parents et aux parents mauriciens en général.
<B>Les critiques de Raj Muddhoo... </B>
■ «Le management, c?est aussi une question de bon sens. Hier, c?était un jour noir pour moi en tant qu?officier public. Il y a le protocole ? qu?il faut 100 millimètres de pluies pour qu?on émette un avertissement de pluies torrentielles. Mais il se peut aussi qu?à cause de la spécificité de Maurice, il y ait 100 millimètres de pluies dans un endroit et moins dans un autre. Mais si vous avez un protocole qui vous dit comment agir dans certaines circonstances et que vous ne le remettez jamais en cause, quelque fois ça peut être une mauvaise décision.»
Par ces propos, le ?Senior Chief Executive du PMO», Raj Muddhoo, critique les services météorologiques. Il s?adressait aux nouveaux «Assistant Secretaries» lors d?un «get together» des hauts fonctionnaires, hier. Le secrétaire aux Affaires intérieures critique en fait la météo pour n?avoir pas émis un avertissement de pluies torrentielles mercredi. Raj Muddhoo fait ressortir que s?il faut attendre que partout dans le pays il y ait 100 millimètres de pluies, «cela veut dire que la formule est mauvaise puisqu?elle n?a pas donné de bons résultats». Il a donc fait un appel aux hauts cadres de la fonction publique pour qu?ils n?hésitent pas à remettre en question «le statu quo».
<B>Deepa BHOOKHUN</B>
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