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Taylor s?en sort, Rivalland garde espoir
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Taylor s?en sort, Rivalland garde espoir
Après sir Harry Tirvengadum, c?est au tour de l?ancien patron de Rogers, Derek Taylor, d?échapper au procès sur l?affaire Air Mauritius. L?ancien Chief Executive Officer du groupe Rogers, qui était soupçonné d?avoir ourdi un complot en vue de commettre une fraude au préjudice de la compagnie aérienne nationale, a en effet obtenu un non-lieu mardi. Certains observateurs de l?affaire estiment qu?il s?agit là d?une « suite logique », après l?abandon des poursuites judiciaires entamées contre l?ancien P.-D.G. d?Air Mauritius, sir Harry Tirvengadum. La dernière personne encore mise en cause dans cette affaire, Robert Rivalland, garde lui aussi espoir de voir les poursuites initiées contre lui abandonnées. Il sera fixé sur son sort le 1er avril.
Sir Harry Tirvengadum, Derek Taylor, ainsi que Robert Rivalland, l?ancien directeur commercial de Rogers, avaient été mis en cause dans l?existence d?un complot visant à détourner Rs 85 millions au préjudice de la compagnie nationale d?aviation. Cette somme, prélevée sur les prix des billets d?avion à destination de Londres et d?Afrique du Sud, aurait été utilisée pour financer le journal Advance et pour « top-up » le salaire de certains hauts cadres d?Air Mauritius entre 1989 et 1999.
Mais après six ans de poursuites, sir Harry Tirvengadum a vu les poursuites judiciaires dont il faisait l?objet rayées à cause de son état de santé fragile. Suite à cela, les deux anciens cadres de Rogers, Derek Taylor et Robert Rivalland, avaient eux aussi demandé à la cour intermédiaire de mettre fin aux poursuites engagées contre eux, estimant que l?indisponibilité de sir Harry Tirvengadum leur porterait préjudice. Être poursuivi tout en n?étant pas en mesure de contre-interroger l?ancien numéro un de la compagnie nationale d?aviation, ont-ils laissé entendre lors du procès, constituait un abus de procédure.
« Boire le poison jusqu?à la lie »
Alors que Derek Taylor est finalement parvenu à s?extirper de ce procès médiatique, l?ancien directeur commercial de Rogers a eu, lui, moins de chance. Les magistrats Benjamin Marie-Joseph, Nicolas Ohsan-Bellepeau et Renuka Dabee, qui siègent à la cour intermédiaire, ont rejeté la demande de non-lieu de ce dernier.
Lors de sa comparution en cour jeudi, Robert Rivalland a, de son côté, affirmé n?avoir jamais évoqué l?existence du fonds spécial avec Gérard Tyack. Il a, en outre, expliqué que son implication dans cette affaire ne peut résulter que d?une vengeance dont il aurait été victime pour avoir refusé de payer un chèque de Rs 1,8 million en 2000. Toujours selon ses dires, Gérard Tyack aurait fortement insisté, mais en vain. L?homme de loi de Robert Rivalland, Me Guy Ollivry, a estimé qu?en l?absence de sir Harry Tirvengadum, son client serait privé de son droit constitutionnel. « L?on se dirige inexorablement vers l?arrêt pur et simple des poursuites. On ne pouvait que s?attendre à cette issue depuis l?arrêt des poursuites contre sir Harry Tirvengadum », lâche un observateur proche du dossier.
Et Jack Bizlall, à l?origine des dénonciations sur l?existence d?une caisse noire à Air Mauritius, d?ajouter : « J?ai été tellement choqué par ce jugement que j?ai cru, dans un premier temps, qu?il s?agissait du procès qu?avait intenté Air Mauritius à Rogers. Je compte, pour ma part, boire le poison jusqu?à la lie et j?attends de suivre la suite du procès contre Robert Rivalland. On se rend compte, dans cette affaire, que les gens d?en haut ont toujours une porte de sortie. »
LES GRANDES DATES DE L?AFFAIRE
■ 5 septembre 2001 : Le syndicaliste Jack Bizlall envoie une lettre dénonçant des malversations qui, selon lui, sont en cours depuis 1989 à Air Mauritius.
■ 3 octobre 2001 : La police procède à l?arrestation de Gérard Tyack, directeur financier de la compagnie d?aviation nationale.
■ 15 octobre 2001 : Le P.-D.G. d?Air Mauritius, sir Harry Tirvengadum, est interrogé par la police pendant plus de sept heures. Il doit alors faire face, selon les enquêteurs, à des « preuves accablantes ».
■ 16 octobre 2001 : Sir Harry Tirvengadum est inculpé d?entente délictueuse. Il s?acquitte alors d?une caution de Rs 1,5 million et signe une reconnaissance de dette de Rs 5 millions.
■ 15 juillet 2002 : La cour gèle les avoirs de sir Harry Tirvengadum.
Ce dernier ne peut dès lors plus disposer de ses biens.
■ 26 juillet 2002 : Air Mauritius loge une motion contre sir Harry Tirvengadum pour outrage à la cour. La compagnie nationale l?accuse d?avoir vendu l?un de ses terrains.
■ 30 octobre 2002 : La compagnie réclame Rs 97 millions à Yip Tong, Rogers, Rivalland et Tirvengadum. Réclamation que contestera ce dernier.
■ 30 mars 2003 : Sir Harry Tirvengadum bénéficie d?une levée partielle de la saisie conservatoire qui gèle ses biens immobiliers. Il peut alors retirer Rs 116 580 par mois.
■ 22 novembre 2006 : L?état de santé du P.-D.G. d?Air Mauritius se dégrade. Les médecins diagnostiquent un syndrome coronaire aigu.
■ 4 septembre 2007 : Sir Harry Tirvengadum comparaît en cour intermédiaire. Il arrive à bord d?une ambulance et est transporté dans la salle d?audience sur une civière. Cette comparution fait couler beaucoup d?encre.
■ 24 novembre 2007 : La cour demande que sir Harry Tirvengadum soit contre-examiné par un panel de médecins. Ils concluent que l?accusé ne souffre pas de problèmes neurologiques, mais notent toutefois qu?il est dans un état dépressif et montre des signes d?anxiété.
■ 3 décembre 2007 : La cour ordonne l?arrêt des poursuites contre sir Harry Tirvengadum estimant que sa santé ne lui permet pas de faire face à son procès.
■ 11 mars 2008 : Estimant qu?il n?y a pas assez de preuves, la cour intermédiaire décide de l?arrêt des poursuites entamées contre l?ancien patron du groupe Rogers, Derek Taylor.
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