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Le cheval ?
On connaît le mot fameux de Buffon : « Le cheval est la plus belle conquête que l?homme ait jamais faite. »
La plus belle et sans doute la première. On ne saurait dater la domestication du cheval, mais le cheval sauvage, de taille plus réduite, existait depuis les premiers temps. Ainsi, des paléontologues mirent au jour en 1843 un squelette fossile d?hipparion, équidé de petite taille connu des Grecs. D?ailleurs, en grec moderne, « ipparion » signifie « jeune cheval, poulain ». Le mot « ippos » correspond au latin « equus ». De ces deux mots, sont sortis : hippologie, hippique, et équitation. « Cheval » est issu du gallo-romain « caballus ».
On sait qu?en Égypte, tout comme à Athènes, à Rome et dans les pays celtiques du Nord, le cheval était largement utilisé, à côté du b?uf et de l?âne. Et surtout comme monture du cavalier. Sans parler de la voie d?eau, jusqu?à l?invention du Chemin de fer, puis de l?automobile, le cheval fut le moyen de locomotion généralisé. À la campagne, la maisonnée possédait une écurie ; à la ville, son « équipage ». Ane et mulet étaient les chevaux du pauvre. Mais au-delà de l?animal utilitaire, le cheval est un symbole prestigieux. La beauté, l?équilibre, l?élégance de cet animal si différent des autres a dû très tôt captiver l?homme qui peu à peu cherche à s?en faire un compagnon, un allié. Qu?il découvre intelligent, fougueux mais affectueux.
Le cheval blanc est solaire, le cheval noir mystérieux. Joignant la finesse à la force, son anatomie surprend. Comment des membres si fins, des attaches de sabots si délicates peuvent-ils porter et faire galoper un tel poids (additionné de celui du cavalier !) Rien de commun avec le mastodonte qu?est l?éléphant, le cheval est vif, nerveux, souple, sauteur d?obstacles : ce n?est pas un animal comme les autres. D?ailleurs, très tôt, l?homme a su tirer parti de ces qualités, parvenant à s?en faire un ami, un complice, au point de ne faire qu?un avec lui. Ce qui explique le mythe du centaure. Lequel naquit en Thessalie, région de la Grèce où les cavaliers étaient si remarquables qu?ils donnaient l?impression de ne faire qu?un corps avec leur monture? C?est encore l?impression que l?on ressent devant les maîtres dresseurs d?équitation, comme le célèbre « Cadre noir » de l?École militaire de cavalerie de Saumur, fondée au XVIIIe siècle.
Les guerres ont montré à quel point le destin du cheval était lié à celui du soldat. Confrontée au feu du combat, la bête bondit, l?odeur de la poudre le grise? Sur les champs de batailles, on comptait par milliers les chevaux tués ou blessés : près de 40 000 pour la bataille d?Eylau, de Napoléon contre les Russes. Aujourd?hui où la guerre est entièrement mécanisée, nous avons le plaisir d?admirer le cheval dans sa magnificence pacifique : dans sa campagne natale, au sein des clubs d?équitation, dans les jeux du cirque où il donne à voir toute sa gracieuse habileté?
Les diverses traditions racontent partout les multiples aventures partagées par l?homme et le cheval. Immortel cheval volant des Quatre fils Aymont, cheval fantôme des châteaux en ruine, chevaux partageant les prouesses d?un Roland, d?un Bayard, d?une Jeanne d?Arc. Pour le chevalier récemment élevé à la dignité de l?Ordre, sa fierté première est son cheval, qui sera son fidèle compagnon, l?un guidant l?autre (on attribue des dons de clairvoyance au cheval),comme le faisait déjà en l?an 300 av. JC.
« Bucéphale », le cheval d?Alexandre le Grand, (qui avait pourtant peur de son ombre?). Il fut tué au cours d?une bataille. À l?endroit même Alexandre fit construire une ville en guise de monument.
Le cheval signifie la puissance du Désir, d?où l?expression : « maîtriser le coursier blanc », contrôler ses impulsions sexuelles. Quant à « Pégase », le cheval ailé des légendes grecques, issu de Poseidon, dieu de la mer et d?une Gorgone (Méduse, monstre malfaisant) il a su combattre ses instincts mauvais grâce à ses ailes qui l?élèvent au niveau du sublime. Ainsi est-il devenu le symbole de l?inspiration poétique.
Mais, dans certaines traditions nordiques, le cheval est aussi présage de mort. Ce sont les fameux « Cavaliers de l?Apocalypse » d?Albrecht Dürer. Ce cheval du malheur est soit noir, soit d?une pâleur lunaire, - que certains linguistes ont relié au mot « cauchemar », (de l?allemand « mahrt », jument fatiguée, et « cauquer » mot picard signifiant piétiner? Mais les traditions diffèrent, se superposent, parfois se contredisent. Ainsi, en Bretagne, des légendes sont pleines de chevaux noirs qui entraînent leurs cavaliers vers des marais sans fond.
Le « Roi Arthur » serait au contraire condamné à chevaucher sans fin à travers landes et marais?
Associé aux aventures des hommes, le cheval, partout, incarne l?animal fabuleux?
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