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A vous tordre le cou
Les voleurs à la tire vous le confirmeraient s?ils étaient moins occupés : le cou est avec les jambes une des régions les plus mobiles du corps humain. Mais il est aussi et ô combien ! ? l?une des vulnérables ? les pauvres dames qui perdent leurs chaînes en savent quelque chose.
On appelle cervicalgies les douleurs du cou. La médecine parle de douleurs de type spontané et d?allure mécanique. Le torticolis en est une manifestation. Mis lui-même existe sous diverses formes.
« Le torticolis est un terme descriptif qui désigne un défaut de la colonne vertébrale au niveau du cou », explique le docteur Ekanatha Rajan, orthopédiste. « Le cou se retrouve penché d?un côté. Généralement, le torticolis est le symptôme d?un mal qui se trouve à l?intérieur. Le torticolis est comme la partie visible de ce mal, causé par les spasmes d?un muscle qui se contracte d?un côté. » La contraction ne se relâche pas, rendant le muscle court d?un côté, et, du coup, le cou penché de ce côté.
La douleur est vive, la sensation désagréable. « La douleur peut irradier vers la tête ou entre les omoplates, dans les épaules. Il arrive même qu?elle s?étende aux bras, souvent pour des raisons d?ordre neurologique. »
Muscles en spasmes</B>
Par ordre de fréquence, le torticolis aigu est celui qui apparaît le plus souvent. « Communément, il survient quand un individu a dormi dans une mauvaise position ou après un mouvement brusque ». Quand le médecin demande au patient de décrire ce qu?il a, ce dernier parle de douleur immédiate. Le médecin se trouve dans l?impossibilité de remettre le cou dans la position normale.
En cas de torticolis aigu, on constate une limitation des mouvements. « Ce type de torticolis se traite avec des antalgiques ou des anti-inflammatoires. Mais il peut également se résorber et guérir de lui-même, étant donné qu?à la base, le problème est d?ordre ponctuel. » Le repos et la chaleur générée par une minerve ou une écharpe sont ainsi recommandés. On conseille aussi de dormir sur le dos, en maintenant la tête et le cou avec un oreiller. Le torticolis aigu ne laisse généralement pas de séquelles.
Avec les cas de blessures liées à des accidents, on est dans le cadre du torticolis de type traumatique. « On qualifie parfois ce type traumatique de cou du lapin. » Si on se trouve dans une voiture non équipée d?un head dresser, et qu?une collision a lieu à l?arrière de la voiture, la brusque accélération en avant puis en arrière, si elle ne débouche pas sur une fracture ou une luxation des cervicales, entraîne un torticolis. « Tous les muscles touchés du cou entrent en spasme pour empêcher le cou de se mouvoir. » Le traitement est directement lié à la blessure, qu?il faut soigner. Le torticolis disparaît avec cette blessure.
Le torticolis congénital est déjà moins commun. « La déformation apparaît après la naissance avec la classique contracture du muscle sterno-cléido-mastoïdien et le bébé n?arrive pas à redresser la tête. Dans ce cas précis, une intervention chirurgicale s?impose pour libérer le muscle ».
Lorsque la profession aborde le torticolis spasmodique, elle doit avouer qu?elle n?en comprend pas bien la cause. « C?est une affection rare. Le malade aura des crises récidivantes. Qui se traduiront notamment par des difficultés à tourner la tête. » Il y aura certes déformation mais pas de douleur. « Le torticolis spasmodique est-il dû au stress, à l?hystérie ?. Rien ne permet de l?affirmer. Et il n?existe pas vraiment de traitement ».
On rencontre aussi des malades qui développent des dystonies ? les muscles ne fonctionnent pas normalement. « Ce sont notamment les malades psychiatriques sous l?effet de leurs médicaments ». Il s?agit encore de cas indolores. « Mais le torticolis est ici presque permanent ou alors le sujet met beaucoup de temps à récupérer. » Ce torticolis ne s?arrête pas avec le traitement. « Parfois les malades se présentent au cabinet de l?orthopédiste, et ignorent la cause de leur cervicalgie. C?est en dialoguant qu?on comprend que la méditation y est pour quelque chose. »
<B>Facteur âge</B>
Plus rares, les torticolis hystériques ne sont pas liés à une maladie physique. « Ils sont plutôt la traduction physique d?un problème d?ordre mental qui peut toucher hommes et femmes. » En plus du torticolis en lui-même, le sujet aura tendance à hausser l?épaule du côté où la tête penche.
Mis à part le torticolis congénital, l?utilisation d?une minerve est un soin répandu et reconnu.
Certes le torticolis peut être favorisé par des facteurs comme l?âge : « Il faut dire que le cou est composé de petites vertèbres posées les unes sur les autres, qui s?articulent par des disques intercalés entre elles. Ce système rend le mouvement, ou une somme de petits mouvements, possible ». Lorsque la tête reste penchée sur le côté, le mouvement se fait entre la tête et la première vertèbre, par exemple. Comme le cou est très mobile, il est aussi très vulnérable. L?homme penché est prévenu.
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